Topic : « [Histoire] L’alliance anglo-japonaise 🇬🇧 🇯🇵 »

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Topic introductif et synthétique sur l'éphémère alliance anglo-japonaise (1902-1923), rédigé aujourd'hui.

J'ai divisé mon récit en plusieurs petites parties et petits paragraphes pour rendre le tout lisible, avec une sous-partie par message. Voici le sommaire du topic (très scolaire et chronologique, afin de pouvoir s'y retrouver facilement) :

I - Les origines de l'alliance anglo-japonaise
a - Les premiers traités anglo-japonais (1854-1894)
b - Faire contrepoids à la Russie (1888-1891)
c - Vers un rapprochement anglo-japonais (1891-1902)

II - Les trois traités d'alliance
a - Le premier traité d'alliance(1902)
b - Le deuxième traité d'alliance (1905)
c - Le troisième traité d'alliance (1911)

III - La fin de l'alliance anglo-japonaise
a - Les réserves des Dominions (1911-1919)
b - Les réserves américaines (1919-1921)
c - La conférence navale de Washington (1921-1923)

Sources (avec lien de téléchargement ou de consultation) :

:d) Traités anglo-japonais de 1902 et de 1905 : https://mjp.univ-perp.fr/traites/1905londres.htm
Apercite https://mjp.univ-perp.fr/traites/1905londres.htm


:d) Traité de 1911 (en anglais) : https://worldjpn.net/docu[...]exts/pw/19110713.T1E.html
Apercite https://worldjpn.net/documents/texts/pw/19110713.T1E.html


:d) Ian Hill Nish (2012), The Anglo-Japanese Alliance The Diplomacy of Two Island Empires 1984-1907, Bloomsbury Academic Collections Japan.: https://fr.annas-archive.[...]d721e2ae65b1cd727e3f22992
Apercite https://fr.annas-archive.org/md5/1b4aaf4d721e2ae65b1cd727e3f22992


:d) Ian Hill Nish (1982), Anglo-Japanese Conference on the History of the Second World War, New York: Cambridge University Press. : https://fr.annas-archive.[...]1ef21a30fddc41b8f24d04fe2
Apercite https://fr.annas-archive.org/md5/d68dbfd1ef21a30fddc41b8f24d04fe2


:d) Ian Hill Nish (2012), Alliance in Decline: A Study of Anglo-Japanese Relations, 1908-23, Bloomsbury Academic, Bloomsbury Academic. : https://fr.annas-archive.[...]17138fcfec4df04fbbe90fb47
Apercite https://fr.annas-archive.org/md5/806fc7b17138fcfec4df04fbbe90fb47


:d) Martin Collcutt, Marius Jansen et Isao Kumakura (1989), Atlas du Japon, édition du Fanal. : bibliothèque personnelle

:d) Keiko Omoto et Francis Macouin (1993), Quand le Japon s'ouvrit au monde, Gallimard Découverte. : bibliothèque personnelle

:d) Daniel Parège, "La France sans Marine", <i>La Revue universelle</i>, 1 mars 1923 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4028076z
Apercite https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4028076z


Bonne lecture 🙈
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I - Les origines de l'alliance anglo-japonaise

a - Les premiers traités anglo-japonais (1854-1894)

Depuis le milieu du XVIIe siècle, jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Japon est resté fermé aux étrangers.

À partir de 1853, les États-Unis, puis le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Russie, la France, le contraignent, par la force, à s'ouvrir au commerce international et obtiennent des privilèges.

Ils lui imposent des traités séparés mais copiés les uns sur les autres, qui posent les principes de droit international européano-japonais.

C'est ainsi qu'en 1854, l'Angleterre signe un traité d'amitié avec le Japon qui est tenu d'accorder dans ses ports de Hakodate et Nagasaki des concessions aux navires britanniques.

À partir de 1867, des troupes françaises et anglaises occupent les environs de Yokohama. Le Japon ne peut établir à son gré ses tarifs douaniers ; il doit laisser fonctionner les postes étrangères sur certains points de son territoire.

Mais le Japon désire atteindre sa pleine indépendance.

Pendant les toutes dernières années du XIXe siècle, la diplomatie japonaise cherche à obtenir la révision des traités qui placent le pays dans une situation inférieure mais les puissances refusent de céder aux désirs du gouvernement de Tokyo.

C'est l'Angleterre, la première, qui rend au Japon le service d'accepter, en août 1894, une révision des traités conforme aux souhaits de l'opinion publique japonaise.
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I - Les origines de l'alliance anglo-japonaise

b - Faire contrepoids à la Russie (1888-1891)

La révision des traités est un premier triomphe diplomatique pour le Japon. La signature de l'alliance avec le Royaume-Uni va en être un second.

C'est la crainte de la Russie qui rapproche alors les deux puissances.

Dès le XVIIIe siècle, la politique envahissante de la Russie inquiète les Japonais. La Russie s'installe aux Kouriles, puis à Sakhaline, que les Japonais regardent comme une île de leur archipel.

En 1861, la Russie tente l'invasion de l'île japonaise de Tsushima : ses marins l'occupent pendant plusieurs mois, et ne se retirent que devant la protestation de l'Angleterre.

Établi sur les deux rives de l'Amour, la Russie veut également poursuivre ses conquêtes en Corée et en Mandchourie que tiennent à se réserver les Japonais.

Les hommes d'affaires russes, les gouvernants et le tsar lui-même, désirent mettre la main sur les richesses naturelles de la Corée et de la Mandchourie, sur les forêts et les mines que convoitent aussi les Japonais.

Plus l'avance des Russes en Corée et en Mandchourie se dessine, plus vive est l'inquiétude des Japonais sur le danger russe. La construction du Transsibérien, démarrée en 1888, exaspère ces craintes. La guerre contre la Russie apparaîtra comme une guerre défensive ou, du moins, préventive.
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I - Les origines de l'alliance anglo-japonaise

c - Vers un rapprochement anglo-japonais (1891-1902)

Dans un soucis d'apaisement entre la Russie et le Japon, une visite du tsarévitch Nicolas (le futur Nicolas II) est organisée au Japon.

Mais le 28 avril 1891, à Otsu, un jeune policier, Tsuda Sanzô, tente d'assassiner le tsarévitch qui finit par écourter son séjour au Japon.

Le lendemain, une couturière du nom de Yuko Hatakeyama, se tranche la gorge devant la préfecture de Kyoto pour attirer l'attention de ses compatriotes sur le danger de l'expansion russe en Extrême-Orient.

Pour atténuer l'influence russe, le Japon a besoin d'un allié européen.

Quel allié pourrait être meilleur que l'Angleterre, considérée alors comme l'ennemie traditionnelle de l'Empire Russe ? Par ailleurs, l'Angleterre qui a, la première, accepté la révision des traités, est populaire auprès de l'opinion publique japonaise.

L'Angleterre a besoin d'un allié asiatique pour défendre ses intérêts en Chine contre l'intervention d'un tiers, surtout au moment où toutes ses forces doivent être appliquées à la guerre contre le Transvaal (Seconde guerre des Boers, 1899-1902).

Quel allié pourrait être meilleur que le Japon, puissant sur terre et sur mer, et mêlé de près aux affaires chinoises ?

Par ailleurs, la prompte intervention du Japon, opérée à la demande de l'Angleterre, dans la répression de la révolte des Boxers (1899-1901), l'a rendu très sympathique auprès de la diplomatie anglaise.
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II - Les trois traités d'alliance

a - Le premier traité d'alliance (1902)

L'alliance est signée le 30 janvier 1902.

Par l'article premier,

Les Hautes Parties contractantes, ayant mutuellement reconnu l'indépendance de la Chine et de la Corée, déclarent qu'elles ne sont aucunement influencées par des tendances agressives dans aucun de ces deux pays. ;

mais elles se promettent assistance au cas où il conviendrait de

sauvegarder ces intérêts s'ils sont menacés, ou par l'action agressive d'une autre puissance, ou par des troubles nés en Chine ou en Corée [...].

Si l'une des deux puissances, pour défendre ses intérêts, est obligée de faire la guerre, l'autre maintiendra une stricte neutralité. Si une ou plusieurs autres puissances interviennent dans le conflit contre l'une des deux puissances, l'autre prendra part à la guerre.

L'alliance avec l'Angleterre et le triomphe du Japon sur la Russie (Guerre russo-japonaise de 1904-1905) contraignent les grands États d'Europe et d'Amérique à traiter désormais en égale avec le Japon.
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II - Les trois traités d'alliance

b - Le deuxième traité d'alliance (1905)

Si le premier traité d'alliance anglo-japonais apparaît une légitime précaution contre l'ambition de la Russie, le traité Hayashi-Lansdowne du 12 août 1905 qui le remplace au moment où le Japon a vaincu la Russie, a un tout autre caractère.

Dès les premières lignes du traité, on voit apparaître la préoccupation anglaise d'étendre à l'Inde l'application du traité.

À cette préoccupation anglaise répond le désir des Japonais de voir assurer leur mainmise sur la Corée, dont il n'est plus question de maintenir l'indépendance.

Les articles se rapportant à l'un et à l'autre de ces pays se correspondent :

Article 3. Le Japon ayant en Corée des intérêts prépondérants aux points de vue politique, militaire et économique, la Grande-Bretagne lui reconnaît le droit de prendre toutes dispositions de contrôle, de protection ou de direction qu'il jugera convenable de prendre pour sauvegarder ses intérêts dans la mesure où lesdites dispositions ne seront pas contraires au principe des facilités égales pour le commerce et l'industrie de toutes les nations.

Article 4. La Grande-Bretagne ayant des intérêts tout particuliers sur toute la frontière des Indes, le Japon lui reconnaît le droit de prendre dans les environs de cette frontière telles mesures qu'elle jugera nécessaire pour la protection de ses possessions dans l'Inde.

L'alliance de 1905 est conclue pour dix ans au liu de cinq, tout en restant défensive.

Désormais, si l'une des deux parties contractantes est l'objet d'une agression, ne fût-ce que de la part d'un seul État, l'autre partie portera immédiatement secours à son alliée, fera la guerre en commun et conclura la paix d'un accord mutuel.
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II - Les trois traités d'alliance

c - Le troisième traité d'alliance (1911)

Le troisième traité, le traité Kato-Edward Grey du 30 juillet 1911, qui remplace le second traité, a pour originalité son article 4 :

Should either High Contracting Party conclude a treaty of general arbitration with a third Power, it is agreed that nothing in this Agreement shall entail upon such Contracting Party an obligation to go to war with the Power with whom such treaty of arbitration is in force.

Traduction :

Dans le cas où l'une des Hautes Parties Contractantes viendrait à conclure un traité d'arbitrage général avec une puissance tierce, il est convenu qu'aucune stipulation du présent accord n'obligera la partie contractante d'entrer en guerre contre la puissance avec laquelle un tel traité d'arbitrage serait en vigueur

L'Angleterre tient à éviter de participer à une guerre contre les États-Unis, avec lesquels elle va contracter un traité d'arbitrage.

Mais, hors ce trait particulier, l'alliance garde ses caractères essentiels. Il s'agit toujours d'assurer la défense des intérêts anglo-japonais en Inde et en Extrême-Orient, avec la paix dans ces régions, avec l'indépendance de la Chine et le principe des opportunités égales pour le commerce et l'industrie en Chine :

Preambule (c.) The maintenance of the territorial rights of the High Contracting Parties in the regions of Eastern Asia and of India, and the defence of their special interests in the said regions:--

Ainsi maintenir la domination anglaise sur l'Inde et la domination japonaise sur la Corée ; préparer, au besoin, les expansions possibles sous le commode prétexte des "intérêts spéciaux", tel est le but de ces second et troisième traités d'alliance.
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III - La fin de l'alliance anglo-japonaise

a - Les réserves des Dominions (1911-1919)

Les réserves de l'Angleterre de participer à un éventuel conflit contre les États-Unis inquiète la diplomatie japonaise. Puisque la Grande-Bretagne n'aiderait pas le Japon dans un conflit avec les États-Unis, tous les avantages du traité sont pour l'Angleterre, toutes les charges du côté du Japon.

La presse japonaise, comme le Kokumin shimbun, estime que l'Angleterre a imposé au Japon un contrat unilatéral ; que l'Angleterre a fait du Japon son chien de garde.

Conscientes que l'Amérique est en train d'enlever à la Grande-Bretagne la domination du monde, certaines élites anglaises soutiennent l'opinion publique japonaise, et voudraient revoir le traité.

Cette réserve de la Grande-Bretagne à l'égard d'un conflit avec les États-Unis s'explique par le fait qu'elle tient compte des désirs et volonté exprimés par les Dominions, dont la politique n'est pas assurée aux souhaits des Anglais métropolitains.

Or, Canadiens et Australiens, en face du conflit américano-japonais, prennent nettement position pour les États-Unis.

Eux aussi redoutent avant tout l'impérialisme japonais, eux aussi ferment et veulent fermer leurs frontières aux émigrants japonais. Pour se défendre, ils comptent moins sur Londres que sur Washington.

Par ailleurs, depuis la Première Guerre mondiale, la politique étrangère de l'Empire britannique a cessé de prendre toutes ses directions à Londres. Les Dominions ont conquis sur les champs de batailles des droits à l'autonomie.

Ainsi, l'Angleterre accorde une représentation distincte du Canada et de l'Australie à la Conférence de Versailles et à la S.D.N.
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III - La fin de l'alliance anglo-japonaise

b - Les réserves américaines (1919-1921)

Entre 1910 et 1921, pour se préparer à résoudre par la force le problème du Pacifique, les États-Unis et le Japon ont, graduellement, augmenté leurs forces navales et élaboré chacun un programme destiné à les étendre encore.

Toutefois, les États-Unis, redoutaient d'entrer en lutte d'armements avec l'Angleterre et du même coup, avec le Japon qui ne leur abandonnerait pas de bonne grâce la maîtrise du Pacifique.

Une telle rivalité entraînerait des dépenses considérables pour les États-Unis et le tonnage allant en augmentant rendrait vite impossible le passage par le canal de Panama. Il faudra alors concentrer toute la flotte soit dans le Pacifique, soit dans l'Atlantique, ou alors creuser un nouveaux canal afin d'avoir deux grande flotte équivalente et séparée (une Atlantique et une Pacifique).

Or, le parti républicain, qui avait triomphé aux élections en préconisant une politique d'économie ne pouvait prendre la responsabilité d'un programme aussi couteux.

La conférence navale de Washington (12 novembre 1921 au 6 février 1922) est née de cette opposition.
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III - La fin de l'alliance anglo-japonaise

c - La conférence navale de Washington (1921-1923)

Par cette conférence sur le désarmement, les États-Unis exigent du Japon et de la Grande-Bretagne

:d) la rupture de l'alliance anglo-japonaise ;

:d) la parité des forces navales britanniques et américaine ;

:d) la fin du two-power standard de 1899 (royal navy qui devait maintenir un nombre de navires de guerre au moins équivalent aux forces combinée des deux plus grandes marine du monde) ;

:d) l'abandon des constructions navales en cours.

Le Japon rejoint la conférence dans l'espoir d'éviter une guerre. Le pays est représenté par le vicomte Katō Tomosaburō, qui finit par accepter toutes les obligations du traité de Washington pour les raisons suivantes :

:d) éviter de faire peser de nouveaux impôts sur le contribuable, avec la course aux armements navals et un budget de guerre déjà conséquent ;

:d) éviter un conflit avec la puissante force américaine ;

:d) maintenir les bonnes relations commerciales avec les États-Unis; meilleurs clients des exportateurs nippons (deux tiers de la production de la soie) ;

:d) s'assurer d'appuis nouveaux, ou du moins atténuer les tensions avec le voisin chinois (en retirant les troupes japonaises du Shandong) en plus de l'Angleterre et des États-Unis ;

:d) obtenir le revirement de l'opinion américaine, en faveur du Japon.

Toutefois, le Japon refuse le déclassement du Mutsu, cuirassé de 34 000 tonnes, pour protester contre les autorisations exceptionnellement avantageuses dont bénéficient dans le traité l'Angleterre et les États-Unis (construction de deux nouveaux navires pour la Grande-Bretagne et deux pour les États-Unis).

Finalement, le président américain Harding, par cette conférence, a réussi à dissoudre l'alliance anglo-japonaise et à faire signer un pacte de limitations des armements navals par les grandes puissances maritimes (traité des Quatre puissances de 1922).

Ce traité des Quatre puissances (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Japon) dissout tout engagement entre les puissances alliées du Pacifique et entraine la dissolution de l'alliance anglo-japonaise en décembre 1921.

À son retour de la conférence, le vicomte Katō est nommé premier ministre du Japon afin d'appliquer les termes de l'accord naval de Washington.

Il meurt le 24 août 1923, une semaine après la ratification du traité (le 17 août 1923) et une semaine avant le grand séisme de Kantō (1er septembre 1923). 🙈
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Sources (avec lien de téléchargement ou de consultation) :

:d) Traités anglo-japonais de 1902 et de 1905 : https://mjp.univ-perp.fr/traites/1905londres.htm
Apercite https://mjp.univ-perp.fr/traites/1905londres.htm


:d) Traité de 1911 (en anglais) : https://worldjpn.net/docu[...]exts/pw/19110713.T1E.html
Apercite https://worldjpn.net/documents/texts/pw/19110713.T1E.html


:d) Ian Hill Nish (2012), The Anglo-Japanese Alliance The Diplomacy of Two Island Empires 1984-1907, Bloomsbury Academic Collections Japan.: https://fr.annas-archive.[...]d721e2ae65b1cd727e3f22992
Apercite https://fr.annas-archive.org/md5/1b4aaf4d721e2ae65b1cd727e3f22992


:d) Ian Hill Nish (1982), Anglo-Japanese Conference on the History of the Second World War, New York: Cambridge University Press. : https://fr.annas-archive.[...]1ef21a30fddc41b8f24d04fe2
Apercite https://fr.annas-archive.org/md5/d68dbfd1ef21a30fddc41b8f24d04fe2


:d) Ian Hill Nish (2012), Alliance in Decline: A Study of Anglo-Japanese Relations, 1908-23, Bloomsbury Academic, Bloomsbury Academic. : https://fr.annas-archive.[...]17138fcfec4df04fbbe90fb47
Apercite https://fr.annas-archive.org/md5/806fc7b17138fcfec4df04fbbe90fb47


:d) Martin Collcutt, Marius Jansen et Isao Kumakura (1989), Atlas du Japon, édition du Fanal. : bibliothèque personnelle

:d) Keiko Omoto et Francis Macouin (1993), Quand le Japon s'ouvrit au monde, Gallimard Découverte. : bibliothèque personnelle

:d) Daniel Parège, "La France sans Marine", <i>La Revue universelle</i>, 1 mars 1923 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4028076z
Apercite https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4028076z

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Deux phases à mon sens.

:d) 1ère phase

Elle date des années 1870 et est motivée par la crainte de voir le pays sombrer face aux intérêts étrangers. Pour résister aux étrangers et ne pas finir en coupe réglée comme la Chine (ou même le Maroc à la fin du XIXe siècle, dont l'économie fut tenue par la France et l'Espagne), le Japon a emprunté à l'Europe son organisation économique et politique. En substituant à l’organisation archaïque de l'industrie et du commerce, une organisation calquée sur l'organisation européenne.

C’est la fameuse occidentalisation : https://en.wikipedia.org/wiki/Bunmei-kaika
Apercite https://en.wikipedia.org/wiki/Bunmei-kaika


Sur le plan administratif, elle s’est traduite par l’abolition du régime féodal, la création de titres de noblesse nouveaux accordés aux fonctionnaires, l’égalité devant la loi, les daimyos sont remplacés par des préfets révocables, les rédactions de codes pour les entreprises, l’adoption du calendrier européen…

Au niveau économique : adoption du yen (nouvelle monnaie), création des sociétés commerciales, des bourses de commerces, des ports modernes (Yokohama), des chemins de fer, une marine, des usines, télégraphes, exploitations minières, appel à des missions étrangères (+ de 3000 experts étrangers : https://en.wikipedia.org/[...]t_advisors_in_Meiji_Japan
Apercite https://en.wikipedia.org/wiki/Foreign_government_advisors_in_Meiji_Japan
), les étudiants envoyés en Europe, création d'écoles, d'universités, armée organisée à l'Allemande et à la Française (Chanoine, futur ministre de la guerre en France), marine également (Bertin), service militaire obligatoire…

Faute d'argent, la majeure partie a d'abord été cédé à des particuliers pour permettre l'afflux des capitaux. De nombreux anciens daimyos vont également investir dans les industries émergentes et fonder des sociétés. Tous ces capitaux seront renforcées plus tard par l'énorme indemnité chinoise (guerre des Boxers) et les bénéfices réalisés pendant la Première Guerre mondiale.

Par ailleurs, grâce à son prestige, l’armée va dicter une partie de la politique d'industrialisation, d'où le développement rapide de l'armée et de la flotte japonaise (aidé par les missions françaises et allemandes), récompensée par sa victoire contre la Russie. C'est le début du complexe militaro-industriel japonais.

La flotte est également modernisée, au sortir de la Première Guerre mondiale, la flotte japonaise est presque équivalente à la France en terme de tonnage (source : La Revue universelle de mars 1923, page 621, que j'ai déjà cité dans mes sources) :

https://i.imgur.com/llp6geus.png

+ Le Japon n’est pas un pays naturellement riche, c’est un pays pauvre en terre arable et en matières premières mais au XIXe siècle, sa population très dense et toujours croissante (excédent de naissance, contrairement à ses voisins) a fourni une main-d’œuvre agricole puis un prolétariat industriel surabondant, très bon marché, discipliné et industrieux qui lui ont permis de produire en abondance coton, ciment, soie artificielle (aidé par la crise de la soie en Europe), fabriques de conserves en premier lieu.

Tous ces éléments ont fait que le pays est passé de pays insulaire à pays conquérant.

Cette surpopulation des campagnes, dans un pays dont les terres cultivables sont limitées (même si l’agriculture nourrie la population, grâce à l’utilisation massive des engrais), a produit une classe de ruraux misérables mais abondante et bon marché, dont une partie a fui les campagnes pour les villes (comme en Europe au début du XIXe siècle), ce qui a permis à l'industrie japonaise de concurrencer les industries européennes, sans que cette main d'œuvre soit en état de débattre les salaires et encore moins former un prolétariat intellectuel dans un premier temps.

Dans un second temps, les élites et industriels japonais, ont très vite compris les risques de maintenir une population trop miséreuse et ont légiféré sur le droit de grève, l'interdiction du travail des jeunes filles, les réglementations relatives aux accident du travail, aux maladies, la journée de 9h, le tout pour une population habituée aux standard de vie rudes (très peu de grèves donc, comparée à l'Europe).

:d) Seconde phase

La seconde phase commence à partir de la fin des années 1920 avec le développement de l'industrie lourde moderne, le renforcement du complexe militaro-industriel japonais, qui s’est opérée grâce à une combinaison de technique industrielle moderne et un cadre social traditionnel, renforcée par le dirigisme de l’État dans les industries à haute valeur ajoutée (dominées par les zaibatsus).

Pour éviter la concurrence, considérée comme une menace pour l’intérêt général, l’État (par des décrets impériaux) a demandé aux zaibatsus de respecter scrupuleusement les objectifs et règles de productions, en échange d’avantages (loi de 1925).

Grâce à cette combinaison, une grosse industrie de + en + concentrée et une petite industrie de type familiale ont pu coexister, mais sous la surveillance rigoureuse de l'État, avec des industries modernes localisées dans les grands ports (Osaka, Tokyo, Nagoya et Yokohama) pour les exportations, sur les régions minières pour la production, et les industries traditionnelles ont été dispersées dans tout le pays pour maintenir une industrie dans tout le territoire, capable d’écouler ses productions en Chine, aux USA, en Europe et dans son marché intérieur.

Le pays n'a pas de charbon ni de pétrole (qui se trouve en Mandchourie et en Corée, d’où l’importance de ces régions pour le Japon) mais a réussi à pallier cette insuffisance par un réseau hydro-électrique efficace et facile à électrifier du fait que la population est serrée, à cause du relief montagneux.

La production, la distribution et la banque sont dominées par les groupes géants comme Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo et Yasuda, encouragés par l'État et qui ont fini par étouffer les pme.

Le point culminant de cet étouffement des pme date des années 1940, quand les petites industries familiales se feront pazifiées pendant la Seconde Guerre mondiale, l'État se concentrera sur le tissu des zaibatsus, moins réticents à une politique dirigiste.

Le développement de l'industrie auto est également un des points essentiel de cette seconde phase d'industrialisation, je pense à Toyoda, futur Toyota, dont le fondateur a mis en place le principe du juste-à-temps : https://fr.wikipedia.org/[...]e-%C3%A0-temps_(gestion),
Apercite https://fr.wikipedia.org/wiki/Juste-%C3%A0-temps_(gestion),
je pense au succès de la Toyota AA.

Pour maintenir une armée de qualité l’industrie de la soie et l’industrie alimentaire vont se faire supplanter par l’industrie métallurgique et chimique.

Le Japon à partir des années 1930 a également bonifié ses exportations par sa flotte, ses banques, et ses assurances de qualité et bon marché, avec des coûts moindres pour un grand nombre de clients et fournisseurs, pour des produits et des offres fiables. Ce qui a élevé le pays en grande puissance commerciale juste avant la guerre grâce à la multiplication de ses clients (chinois et américains avant tout).

Je ne vais même pas parler de la crise de 1929, le Japon ne l'a quasiment pas sentie grâce à sa politique habile. Pour les sources, je te conseille l'Atlas du Japon que j'ai mentionné : https://www.abebooks.com/[...]SEN-Marius/31153463852/bd
Apercite https://www.abebooks.com/first-edition/Atlas-Japon-COLLCUTT-Martin-JANSEN-Marius/31153463852/bd


C'est toute une collection (j'ai l'Atlas du Judaïsme, du monde grec, du monde romain, de la Mésopotamie...), tu as tout dans cet Atlas.

Ça date certes d'il y a 30 ans, pas actualisé donc, mais c'est bien présenté, et surtout bien documenté avec une centaine de cartes, de graphiques et d'illustrations, de statistiques économiques, et ça se lit facilement.

À côté, les minables atlas actuels des éditions Autrement c'est du pipi de chat, je suis étonné qu'on ne face plus des Atlas de cette trempe (sauf dans le monde anglo-saxon), on pourrait au moins faire l'effort d'en traduire.
#18861358
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