Il est midi.
Vous rentrez dans un bus, bondé.
Des chances.
Des PNJs.
BEAUCOUP de PNJs.
La chaleur est étouffante, l'aération inexistante.
Malin comme vous êtes, votre emplacement sur l'arrêt de bus était calculé de manière à être parmi les premiers à rentrer dans ce fameux bus.
Vous rentrez, votre masque bien équipé, sentant déjà votre température corporelle monter.
Vous saluez vaguement le conducteur, mimant le lambda par défaut, et vous en allez chercher votre place assise, durement volée aux noormies qui attendaient à l'arrêt depuis plus longtemps que vous de par votre intelligence manifestement supérieure.
Puis assis, vous contemplez de votre place de roi les chances et les noormies s'entasser sur la ménagère de 40 ans à côté de vous.
Quelle densité humaine.
Que ces personnes doivent être mal dans leurs masques.
C'est bien pour cela que vous venez de le retirer
Tout de même, disons le, quelle intense satisfaction que de voir la façade d’indifférence du noormie s'afficher comme à son habitude sur son visage.
On sait pertinemment qu'il crève d'envie de retirer le sien aussi, qu'il nage de sueur dedans, que ça pue.
Mais non, son formalisme social l'en empêche.
Il reste simplement là.
Regardez le...
-
Sa répartie est si prévisible que vous pouvez l'entendre dans votre tête...
Il y parle de responsabilité commune...
Vous traite d'inconscient, vous imagine brutalisé par les forces de l'ordre, l'équilibre rétabli.
Car après tout, il le sait, c'est à cause de gens comme vous que le monde est ce qu'il est.
Le virus est encore là car des personnes sont inconscientes, irresponsables, irrespectueuses.
Son savoir est indéniable, il connait trop de monde du même avis que lui, ils ont tous vu et lu les mêmes informations, par pure loi statistique ils ont forcément raison.
Oui, indiscutablement, vous êtes la tare de cette société.
..
.
..
Vous esquissez un demi sourire à la vue de ce concerto commun de pensées identiques, formulées par des individus copiés chacun convaincus d'être uniques et pertinents.
Vous manquez de rire lorsque qu'à l'observation que vous faites de votre entourage au travers de vos lunettes teintées vous remarquez soudainement qu'on peut jouer au jeu de "trouver les paires" avec les expressions de tout ces masques figés dans leur haine silencieuse, et que le jeu serait assez compliqué à finir tant la ressemblance est grande.
-















Puis votre œil s'attarde sur le groupe de chances un peu plus loin.
Il apparaît qu'ils semblent avoir remarqué quelque chose, mais vous êtes incapables de savoir quoi au travers de leurs réactions.
Pourquoi évitent-ils votre zone du regard?
Votre exemple les effraient-ils?
Pourquoi diable depuis qu'ils ont aperçu votre acte, un silence étrange s'est installé dans leur groupe?
Ne sont-ils pas habituellement les premiers contestataires de l'ordre établi, et de ces vilains policiers?
-

Mouais.
Sont-ils ne serait-ce que conscients de la réelle portée de leurs pensées, ou appliquent-ils simplement les choses sans réfléchir, pire que le PNJ?
Manifestement, le schéma de pensée de ces individus vous est inaccessible, il semblerait que vous eussiez trouvé plus intelligent que vous.
Vous vous rabattez sur la ménagère à votre gauche.
Elle est outrée.
Et il y a de quoi : comment peut-on faire preuve d'autant d'irresponsabilité, de manque de respect envers autrui, comment peut on ignorer à ce point les....
Attendez.
Vous avez déjà entendu ça quelque part...
Vous vous rappelez soudainement que le PNJisme n'est pas réservé uniquement qu'à la jeune génération, et que lorsque que l'on a l'âge de cette personne, prendre encore le bus est un signe manifeste de l'échec de la construction de sa vie, et donc d'une vulnérabilité mentale accrue.
Vous vous faites la réflexion que le monde est décidément bien fait, tout a un sens pour celui qui le cherche hardiment.
Et puis vous respirez.
Profondément.
Ce doux air, sans filtre.
Libéré de toute haleine fétide, libéré des postillons de conversations vides.
Cet air, vous le savourez autant car il est salé, il est saturé de sodium chloré.
Partout.
Mais du sodium silencieux, et il s'agit bel et bien du meilleur, assurément.
Vous sortez léger de ce bus.
Quelle merveilleuse idée, cette instauration du port du masque.
Oui décidément, cette journée est belle.
Vous rentrez dans un bus, bondé.
Des chances.

Des PNJs.

BEAUCOUP de PNJs.

La chaleur est étouffante, l'aération inexistante.
Malin comme vous êtes, votre emplacement sur l'arrêt de bus était calculé de manière à être parmi les premiers à rentrer dans ce fameux bus.
Vous rentrez, votre masque bien équipé, sentant déjà votre température corporelle monter.
Vous saluez vaguement le conducteur, mimant le lambda par défaut, et vous en allez chercher votre place assise, durement volée aux noormies qui attendaient à l'arrêt depuis plus longtemps que vous de par votre intelligence manifestement supérieure.
Puis assis, vous contemplez de votre place de roi les chances et les noormies s'entasser sur la ménagère de 40 ans à côté de vous.
Quelle densité humaine.
Que ces personnes doivent être mal dans leurs masques.
C'est bien pour cela que vous venez de le retirer

Tout de même, disons le, quelle intense satisfaction que de voir la façade d’indifférence du noormie s'afficher comme à son habitude sur son visage.
On sait pertinemment qu'il crève d'envie de retirer le sien aussi, qu'il nage de sueur dedans, que ça pue.
Mais non, son formalisme social l'en empêche.
Il reste simplement là.
Regardez le...
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Sa répartie est si prévisible que vous pouvez l'entendre dans votre tête...
Il y parle de responsabilité commune...
Vous traite d'inconscient, vous imagine brutalisé par les forces de l'ordre, l'équilibre rétabli.
Car après tout, il le sait, c'est à cause de gens comme vous que le monde est ce qu'il est.
Le virus est encore là car des personnes sont inconscientes, irresponsables, irrespectueuses.
Son savoir est indéniable, il connait trop de monde du même avis que lui, ils ont tous vu et lu les mêmes informations, par pure loi statistique ils ont forcément raison.
Oui, indiscutablement, vous êtes la tare de cette société.
..
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Vous esquissez un demi sourire à la vue de ce concerto commun de pensées identiques, formulées par des individus copiés chacun convaincus d'être uniques et pertinents.
Vous manquez de rire lorsque qu'à l'observation que vous faites de votre entourage au travers de vos lunettes teintées vous remarquez soudainement qu'on peut jouer au jeu de "trouver les paires" avec les expressions de tout ces masques figés dans leur haine silencieuse, et que le jeu serait assez compliqué à finir tant la ressemblance est grande.
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Puis votre œil s'attarde sur le groupe de chances un peu plus loin.
Il apparaît qu'ils semblent avoir remarqué quelque chose, mais vous êtes incapables de savoir quoi au travers de leurs réactions.
Pourquoi évitent-ils votre zone du regard?
Votre exemple les effraient-ils?
Pourquoi diable depuis qu'ils ont aperçu votre acte, un silence étrange s'est installé dans leur groupe?
Ne sont-ils pas habituellement les premiers contestataires de l'ordre établi, et de ces vilains policiers?
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Mouais.
Sont-ils ne serait-ce que conscients de la réelle portée de leurs pensées, ou appliquent-ils simplement les choses sans réfléchir, pire que le PNJ?
Manifestement, le schéma de pensée de ces individus vous est inaccessible, il semblerait que vous eussiez trouvé plus intelligent que vous.
Vous vous rabattez sur la ménagère à votre gauche.
Elle est outrée.
Et il y a de quoi : comment peut-on faire preuve d'autant d'irresponsabilité, de manque de respect envers autrui, comment peut on ignorer à ce point les....
Attendez.
Vous avez déjà entendu ça quelque part...
Vous vous rappelez soudainement que le PNJisme n'est pas réservé uniquement qu'à la jeune génération, et que lorsque que l'on a l'âge de cette personne, prendre encore le bus est un signe manifeste de l'échec de la construction de sa vie, et donc d'une vulnérabilité mentale accrue.
Vous vous faites la réflexion que le monde est décidément bien fait, tout a un sens pour celui qui le cherche hardiment.
Et puis vous respirez.
Profondément.
Ce doux air, sans filtre.

Libéré de toute haleine fétide, libéré des postillons de conversations vides.

Cet air, vous le savourez autant car il est salé, il est saturé de sodium chloré.
Partout.
Mais du sodium silencieux, et il s'agit bel et bien du meilleur, assurément.
Vous sortez léger de ce bus.
Quelle merveilleuse idée, cette instauration du port du masque.
Oui décidément, cette journée est belle.























