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Marie-Christine me regarde, je regarde Marie-Christine, nous nous regardons dans le miroir de la salle de bain, il reste (une seconde), elle dit, (que nous sommes belles, quand même), je souris, on se serre dans les bras, elle me dit, (bonne année, Léa), en bas, la sono est poussée à fond.
Le dimanche matin, à l'heure où l'écume du jour balaye la marée nocturne, je ne sais plus à quel sein me vouer. Paris se fige dans le brouillard de ma tête et vomit sur les trottoirs les oiseaux de la nuit. Ils ne volent plus, ils ont perdu l'intrépidité de leurs pattes qui se désarticulaient sur les dance-floors.
Auto-édit : M'as-tu vu ? Tout endimanché, iPhone au point, nœud-papillon juste dénoué, errant comme un chien parmi les chiens loups. M'as-tu reconnu ? Un Borsalino de guingois posé sur une crinière dégueulasse de sueur et de sang. Avant, enfant de cœur au service d'un curé de campagne allant jusqu'à l'aider à enfiler sa soutane dans l'intimité du presbytère. Aujourd'hui, presque adulte sans cœur, à courir les faubourgs de Paris en taxi pour fuir le réel et honorer mon rendez-vous. En quelques années, le diable s'est emparé de mon corps. J'ai troqué l'enfer de la messe du dimanche contre le paradis des orgies dominicales.
Auto-édit : M'as-tu vu ? Tout endimanché, iPhone au point, nœud-papillon juste dénoué, errant comme un chien parmi les chiens loups. M'as-tu reconnu ? Un Borsalino de guingois posé sur une crinière dégueulasse de sueur et de sang. Avant, enfant de cœur au service d'un curé de campagne allant jusqu'à l'aider à enfiler sa soutane dans l'intimité du presbytère. Aujourd'hui, presque adulte sans cœur, à courir les faubourgs de Paris en taxi pour fuir le réel et honorer mon rendez-vous. En quelques années, le diable s'est emparé de mon corps. J'ai troqué l'enfer de la messe du dimanche contre le paradis des orgies dominicales.
Un paradis à l'abri des regards où l'entrée est réservée aux bonnes gens peu pudiques : dans un appartement cossu au cœur d'un Paris amoral et sulfureux, se déroulent des rendez-vous feutrés entre jeunes cadres dans le vent et calfreutés derrière les rideaux opaques d'un séjour. Etienne est propriétaire de cet appartement de plaisir et invite les ombres qu'il croise lors de ses errements nocturnes pour prolonger la nuit en une orgie fantasque. Elle démarre, chaque dimanche, quand la cloche de l'église attenante frappe 10 coups.
Derrière les rideaux fermés, des corps nus, jeunes mais abîmés parcourent le lieu tandis que des bougies dansent et dessinent les murs. Entrelacés sur les sofas, en mouvement constant et frénétique, les corps ne parlent pas. Ces dimanches sont animaux, les seuls bruits qui frappent contre les murs sont sexuels : l'entrechoquement des corps et les bouches qui crachent le plaisir. Derrière les rideaux fermés, le temps s'arrête comme suspendu aux caprices d'une dizaine de bonnes gens trop affairés à séduire et consommer leur désir.
Derrière les rideaux fermés, des corps nus, jeunes mais abîmés parcourent le lieu tandis que des bougies dansent et dessinent les murs. Entrelacés sur les sofas, en mouvement constant et frénétique, les corps ne parlent pas. Ces dimanches sont animaux, les seuls bruits qui frappent contre les murs sont sexuels : l'entrechoquement des corps et les bouches qui crachent le plaisir. Derrière les rideaux fermés, le temps s'arrête comme suspendu aux caprices d'une dizaine de bonnes gens trop affairés à séduire et consommer leur désir.
Derrière les rideaux fermés, les cerveaux s'éteignent et c'est alors que s'embrasent les sexes.
Je ferai le classement demain !
Je suis assis, nu, la peau humide de sueur, sur le cuir d'un fauteuil en Chesterfield. Autour de moi, chacun s'affaire pour que naisse cette orgie magnifique. C'est étrange, j'ai comme des œuvres d'art qui gravitent autour de moi : les situations réelles sont si proches de sculptures, de peintures de grands maîtres que soudainement la pornographie de l'orgie disparaît pour laisser place à l'Art le plus pur.
Cette origine du monde appartient à Emma. En rétablissant la royauté, Emma serait certainement à la Cour, batifolant dans les alcôves comme Sade faisait batifoler Juliette. En levant les yeux, blotties lascivement contre un sofa, des nymphes réinterprètent le Bain turc d'Ingres. Frémissantes et moites, les mains des unes et des autres se parcourent le corps et des soupirs langoureux semblent comme expulsés de leurs bouches. En face de ce fascinant tableau, Etienne est tel le penseur d'Auguste Rodin. Nu, le coude joint au genou, son menton sur la main, il observe, pensif et inspiré, l'entrelacement des corps en face du lui. Rien ne le rend différent de l'œuvre de Rodin si ce n'est que son sexe émerge entre ses cuisses. En face de moi, David de Michel-Ange fait de chair et de sang, aux formes si parfaites qu'il agit comme un aimant sur mon corps en fusion. Je dévore des yeux cette œuvre d'art qui respire et transpire. Quand soudain je ferme les yeux, j'entre dans l'absurdité d'un Magritte. Un imperméable noir et le borsalino vissé sur le crâne, je tombe, tombe et tombe comme dans Golconde.







