Topic : « Ce passage de "Voyage au bout de la nuit" bouleverse l'Elite »

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« Des années ont passé depuis ce départ et puis des années encore… J’ai écrit souvent à Détroit et puis ailleurs à toutes les adresses dont je me souvenais et où l’on pouvait la connaître, la suivre Molly . Jamais je n’ai reçu de réponse.
La maison (close) est fermée à présent. c’est tout ce que j’ai pu savoir. Bonne, admirable Molly, je veux si elle peut encore me lire, d’un endroit que je ne connais pas, qu’elle sache bien que je n’ai pas changé pour elle, que je l’aime encore et toujours à ma manière, qu’elle peut venir ici quand elle voudra partager mon pain et ma furtive destinée. Si elle n’est plus belle, eh bien tant pis ! Nous nous arrangerons ! J’ai gardé tant de beauté d’elle en moi, si vivace, si chaude que j’en ai bien pour tous les deux et pour au moins vingt ans encore, le temps d’en finir.
Pour la quitter il m’a fallu certes bien de la folie et d’une sale et froide espèce. Tout de même, j’ai défendu mon âme jusqu’à présent et si la mort, demain, venait me prendre, je ne serais, j’en suis certain, jamais tout à fait aussi froid, vilain, aussi lourd que les autres, tant de gentillesse et de rêve Molly m’a fait cadeau dans le cours de ces quelques mois d’Amérique. »

Putain, Céline... Ce génie https://image.noelshack.com/minis/2016/30/1469541959-risitas206.png
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Citation de Pyjama
Vous m'conseillez quel bouquin de lui ?

Voyage au bout de la nuit ! Et Mort à crédit. Classique. Parfait pour commencer. C'est tellement jouissif de le lire. T'as une trique d'enfer

« Est-ce vrai que vous soyez réellement devenu fou, Ferdinand ? Me demande-t-elle un jeudi.
- Je le suis ! Avouais-je
- Alors, ils vont vous vous soigner ici ?
- On ne soigne pas de la peur, Lola.
- Vous avez donc peur tant que ça ?
- Et plus que ça encore, Lola, si peur, voyez-vous, que si je meurs de ma mort à moi, plus tard, je ne veux surtout pas qu’on me brûle ! Je voudrais qu’on me laisse en terre, pourrir au cimetière, tranquillement, là, prêt à revivre peut-être… saint-on jamais ! Tandis que si on me brûlait en cendres, Lola, comprenez-vous, ça serait fini, bien fini… Un squelette, malgré tout, ça ressemble encore un peu à un homme… C’est toujours plus prêt à revivre que des cendres… Des cendres c’est fini !… Qu’en dîtes-vous ?… Alors, n’est-ce-pas, la guerre…
- Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…
- Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que jeu veux : je ne veux plus mourir. »

https://image.noelshack.com/minis/2016/30/1469541959-risitas206.png

Et après, son autre période Bagatelle pour un massacre, L'école des cadavres.
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Grosse émotion sur ce passage de l'Education sentimentale :

Il voyagea.

Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.

Il revint.

Il fréquenta le monde, et il eut d’autres amours, encore. Mais le souvenir continuel du premier les lui rendait insipides ; et puis la véhémence du désir, la fleur même de la sensation était perdue. Ses ambitions d’esprit avaient également diminué. Des années passèrent ; et il supportait le désœuvrement de son intelligence et l’inertie de son cœur.

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Citation de Suze-Blero
Grosse émotion sur ce passage de l'Education sentimentale :
Il voyagea.
Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.
Il revint.
Il fréquenta le monde, et il eut d’autres amours, encore. Mais le souvenir continuel du premier les lui rendait insipides ; et puis la véhémence du désir, la fleur même de la sensation était perdue. Ses ambitions d’esprit avaient également diminué. Des années passèrent ; et il supportait le désœuvrement de son intelligence et l’inertie de son cœur.


Oui, très beau ! C'est un raté, Frédéric. Flaubert est d'une cruauté avec ses personnages.
Je préfère Sénécal dans le roman, même, si il n'est que secondaire !
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Citation de Suze-Blero
Je n'aime pas trop ce rouge forcené, d'ailleurs Flaubert ne l'épargne guère, on sent bien qu'il regarde les gens politisés avec circonspection et cynisme.

Je suis tout à fait d'accord, c'est pour cela que je l'aime beaucoup ! J'adore sa tirade, que j'ai oubliée, juste avant sa mort lors de l'émeute
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Je me souviens des passages où il regarde le chaos politique comme une formidable occasion d'amener le communisme qu'il révère. La placidité de Frédéric en face...
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Citation de Suze-Blero
Je me souviens des passages où il regarde le chaos politique comme une formidable occasion d'amener le communisme qu'il révère. La placidité de Frédéric en face...

Frédéric ne pense pas.
Oui, il théorise le chaos politique, il se retrouve à faire le contremaître dans une fabrique de briques https://image.noelshack.com/minis/2016/38/1474488637-jesus26.png
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Entre les charges de cavalerie, des escouades de sergents de ville survenaient, pour faire refluer le monde dans les rues.
Mais, sur les marches de Tortoni, un homme, -- Dussardier, -- remarquable de loin à sa haute taille, restait sans plus bouger qu'une cariatide.
Un des agents qui marchait en tête, le tricorne sur les yeux, le menaça de son épée.
L'autre alors, s'avançant d'un pas, se mit à crier :
-- " Vive la République ! "
Il tomba sur le dos, les bras en croix.
Un hurlement d'horreur s'éleva de la foule. L'agent fit un cercle autour de lui avec son regard ; et Frédéric, béant, reconnut Sénécal.
https://image.noelshack.com/minis/2017/22/1496509864-feelsbadman.png
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Citation de Suze-Blero
Entre les charges de cavalerie, des escouades de sergents de ville survenaient, pour faire refluer le monde dans les rues.
Mais, sur les marches de Tortoni, un homme, -- Dussardier, -- remarquable de loin à sa haute taille, restait sans plus bouger qu'une cariatide.
Un des agents qui marchait en tête, le tricorne sur les yeux, le menaça de son épée.
L'autre alors, s'avançant d'un pas, se mit à crier :
-- " Vive la République ! "
Il tomba sur le dos, les bras en croix.
Un hurlement d'horreur s'éleva de la foule. L'agent fit un cercle autour de lui avec son regard ; et Frédéric, béant, reconnut Sénécal.
https://image.noelshack.com/minis/2017/22/1496509864-feelsbadman.png

Tu gères kheyou, j'allais sortir mon livre pour la retrouver ! :cimer:
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