Topic : « L'influence parisienne sur les pains de nos régions a été »

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Destructrice, et encore je parle d'influence parisienne car l'acculturation nationale découle de sa couronne mais il s'agit d'un phénomène tout droit venu de l'Europe centrale, en particulier d'Autriche et du sud de l'Allemagne.

Alors que l'on jouissait d'une diversité de pains importante sur notre territoire, il est difficile depuis le milieu du 20ème il est difficile de trouver du pain qui ne dérive pas du procédé de l'ignoble baguette, tout droit venu d'Autriche.

Quelques pains de nos régions aujourd'hui rares:

- Gascogne:
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Provence:

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Bretagne:

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Normandie:

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Auvergne:

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Corse:

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Citation de CadavreExquis
bordel ses pains qui deviennent plus dur que de la pierre si tu les laisses dans ton placard plus de deux jours https://i.aveshack.com/787d9e00428b2330.jpg

Mon père a connu l'époque où c'était présent dans toutes les boulangerie du coin, j'ai pû y goûter et c'est très bon et plus riche qu'un pain moderne
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Citation de StayNoided
0 influence parisienne, l inflation a juste poussé tes boulangers a prendre les mix industriels

0 influence Parisienne qu'il nous sort le desco en chef, et l'expansion de la baguette et des procédés typiquement autrichiens qui la constitue c'est les méchants industriels j'imagine.

Et la fameuse inflation alors que cette transition a traversé les trente glorieuses
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Citation de Atlantide
Non les clients, aux parisiens il y a beaucoup à reprocher par exemple la disparition des patois qui est pour le coups une décision de l'état central.
Par contre pour la disparition de tes pains, ce sont les clients qui ont fait le marché.

Croire que la disparition des langues régionales n'est pas multi-factorielle c'est digne des plus grands desco chef, la population est toute autant complice que victime (beaucoup de vieux considèrent encore leur langue maternelle comme sale), et ceci dans tous les aspects culturels possible, y compris l'art boulanger et les métiers de bouche.

Et c'est absolument pas une question d'inflation, de goût ou je ne sais quoi, comme par hasard ça coïncide avec une période économiquement prospère, une propension au sentiment nationale poussé par les débuts l'éducation pour tous de la troisième et quatrième République ainsi que l'expansion de procédés autrichien à l'époque populaire seulement dans la couronne francilienne, si tu sais pas relier correctement les points tu es un sacré tocard.
Avatar de berbere2souche berbere2souche 💩
Cimer pour ce topax, ça pourrait faire une belle carte des pains de France :oui:

Exa, pour la technique de la "poulich" (levain préparé avec autant de farine que d'eau + du malt à l'époque), venue d'Autriche et qui s'est imposée en France à la fin du XIXe siècle.

Les boulangers français l'ont adopté parce que le procédé autrichien permettait de pétrir trois fournées d'un seul coup et pour faire la même quantité avec des pains français classiques de l'époque, le boulanger était obligé de s'y prendre trois fois, donc plus de travail.

C'est aussi en même temps que sont démocratisées les grignes (les coups de lame sur le pain pour qu'il lève mieux). Grignes qui pouvaient se faire plus facilement sur le pain long. En plus de ça, le pain long permettait un découpage en portion beaucoup plus facile qu'avec le pain rond ou en forme ovale. Ce qui facilitait la tâche aux tenanciers de bistrot et aux restaurateurs. :oui:

Ajoute à ça, l'originalité de la forme pour les provinciaux de l'époque habitués aux pains ronds, les tambouilles des agro-industriels pour l'attribution des farines et ça explique un peu comment les Français ont adopté la baguette durant l'entre-deux-guerres et comment les "pains gris" ont petit à petit disparus.

Petite anecdote : il existait déjà des pains longs au XVIIIe siècle à Paris. Il avait du succès car il y avait plus de croutes que dans le pain rond. Parmentier en parle dans son bouquin Le parfait boulanger : https://gallica.bnf.fr/ar[...]/bpt6k15100457?rk=21459;2
Apercite https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k15100457?rk=21459;2


Sinon, pour le dernier, c'est du pain au fromage en fait, le migliacci. Comme partout, t'as pas mal de variétés de pain corse : j'ai plus les noms mais ça va d'espèces de pains en châtaigne, mais aussi des pains qui ressemblent à des lambeaux de cuir, des pains éponges, des pains qui s’émiettent au moindre contact aussi, bref.

Mon père en faisait au temps de sa boulangerie. Il le faisait sur commande exclusivement pour les vieux car c'est eux qui consommaient ce pain dur ou farineux (c'est selon) par habitude de jeunesse. Le pain corse qu'il vendait le plus, était grisâtre, sentait l'herbe et se conservait sec et les vieux le trempait dans l'eau au moment de manger.

Et avec le pain rassis, mon père nous faisait du pastizzu, une espèce de flan composé de pain rassis, d’œufs et du sucre :content: sah, c'est exquis. Y'a aussi des expressions qui se perdent : quand j'étais gosse, les vieilles me demandaient "un p'tit bâtard" (hmm donnez-moi un p"tit bâtard, svp :hap:) aujourd'hui quand je vais à la boulangerie, les gens disent "pain de campagne".
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Citation de berbere2souche
Cimer pour ce topax, ça pourrait faire une belle carte des pains de France :oui:
Exa, pour la technique de la "poulich" (levain préparé avec autant de farine que d'eau + du malt à l'époque), venue d'Autriche et qui s'est imposée en France à la fin du XIXe siècle.
Les boulangers français l'ont adopté parce que le procédé autrichien permettait de pétrir trois fournées d'un seul coup et pour faire la même quantité avec des pains français classiques de l'époque, le boulanger était obligé de s'y prendre trois fois, donc plus de travail.
C'est aussi en même temps que sont démocratisées les grignes (les coups de lame sur le pain pour qu'il lève mieux). Grignes qui pouvaient se faire plus facilement sur le pain long. En plus de ça, le pain long permettait un découpage en portion beaucoup plus facile qu'avec le pain rond ou en forme ovale. Ce qui facilitait la tâche aux tenanciers de bistrot et aux restaurateurs. :oui:
Ajoute à ça, l'originalité de la forme pour les provinciaux de l'époque habitués aux pains ronds, les tambouilles des agro-industriels pour l'attribution des farines et ça explique un peu comment les Français ont adopté la baguette durant l'entre-deux-guerres et comment les "pains gris" ont petit à petit disparus.
Petite anecdote : il existait déjà des pains longs au XVIIIe siècle à Paris. Il avait du succès car il y avait plus de croutes que dans le pain rond. Parmentier en parle dans son bouquin Le parfait boulanger : https://gallica.bnf.fr/ar[...]/bpt6k15100457?rk=21459;2
Apercite https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k15100457?rk=21459;2

Sinon, pour le dernier, c'est du pain au fromage en fait, le migliacci. Comme partout, t'as pas mal de variétés de pain corse : j'ai plus les noms mais ça va d'espèces de pains en châtaigne, mais aussi des pains qui ressemblent à des lambeaux de cuir, des pains éponges, des pains qui s’émiettent au moindre contacte aussi, bref.
Mon père en faisait au temps de sa boulangerie. Il le faisait sur commande exclusivement pour les vieux car c'est eux qui consommaient ce pain dur ou farineux (c'est selon) par habitude de jeunesse. Le pain corse qu'il vendait le plus, était grisâtre, sentait l'herbe et se conservait sec et les vieux le trempait dans l'eau au moment de manger.
Et avec le pain rassis, mon père nous faisait du pastizzu, une espèce de flan composé de pain rassis, d’œufs et du sucre :content: sah, c'est exquis. Y'a aussi des expressions qui se perdent : quand j'étais gosse, les vieilles me demandaient "un p'tit bâtard" (hmm donnez-moi un p"tit bâtard, svp :hap:) aujourd'hui quand je vais à la boulangerie, les gens disent "pain de campagne".

BB de S qui régale.
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