Cimer pour ce topax, ça pourrait faire une belle carte des pains de France 
Exa, pour la technique de la "poulich" (levain préparé avec autant de farine que d'eau + du malt à l'époque), venue d'Autriche et qui s'est imposée en France à la fin du XIXe siècle.
Les boulangers français l'ont adopté parce que le procédé autrichien permettait de pétrir trois fournées d'un seul coup et pour faire la même quantité avec des pains français classiques de l'époque, le boulanger était obligé de s'y prendre trois fois, donc plus de travail.
C'est aussi en même temps que sont démocratisées les grignes (les coups de lame sur le pain pour qu'il lève mieux). Grignes qui pouvaient se faire plus facilement sur le pain long. En plus de ça, le pain long permettait un découpage en portion beaucoup plus facile qu'avec le pain rond ou en forme ovale. Ce qui facilitait la tâche aux tenanciers de bistrot et aux restaurateurs.
Ajoute à ça, l'originalité de la forme pour les provinciaux de l'époque habitués aux pains ronds, les tambouilles des agro-industriels pour l'attribution des farines et ça explique un peu comment les Français ont adopté la baguette durant l'entre-deux-guerres et comment les "pains gris" ont petit à petit disparus.
Petite anecdote : il existait déjà des pains longs au XVIIIe siècle à Paris. Il avait du succès car il y avait plus de croutes que dans le pain rond. Parmentier en parle dans son bouquin Le parfait boulanger : https://gallica.bnf.fr/ar[...]/bpt6k15100457?rk=21459;2
Sinon, pour le dernier, c'est du pain au fromage en fait, le migliacci. Comme partout, t'as pas mal de variétés de pain corse : j'ai plus les noms mais ça va d'espèces de pains en châtaigne, mais aussi des pains qui ressemblent à des lambeaux de cuir, des pains éponges, des pains qui s’émiettent au moindre contact aussi, bref.
Mon père en faisait au temps de sa boulangerie. Il le faisait sur commande exclusivement pour les vieux car c'est eux qui consommaient ce pain dur ou farineux (c'est selon) par habitude de jeunesse. Le pain corse qu'il vendait le plus, était grisâtre, sentait l'herbe et se conservait sec et les vieux le trempait dans l'eau au moment de manger.
Et avec le pain rassis, mon père nous faisait du pastizzu, une espèce de flan composé de pain rassis, d’œufs et du sucre
sah, c'est exquis. Y'a aussi des expressions qui se perdent : quand j'étais gosse, les vieilles me demandaient "un p'tit bâtard" (hmm donnez-moi un p"tit bâtard, svp
) aujourd'hui quand je vais à la boulangerie, les gens disent "pain de campagne".

Exa, pour la technique de la "poulich" (levain préparé avec autant de farine que d'eau + du malt à l'époque), venue d'Autriche et qui s'est imposée en France à la fin du XIXe siècle.
Les boulangers français l'ont adopté parce que le procédé autrichien permettait de pétrir trois fournées d'un seul coup et pour faire la même quantité avec des pains français classiques de l'époque, le boulanger était obligé de s'y prendre trois fois, donc plus de travail.
C'est aussi en même temps que sont démocratisées les grignes (les coups de lame sur le pain pour qu'il lève mieux). Grignes qui pouvaient se faire plus facilement sur le pain long. En plus de ça, le pain long permettait un découpage en portion beaucoup plus facile qu'avec le pain rond ou en forme ovale. Ce qui facilitait la tâche aux tenanciers de bistrot et aux restaurateurs.

Ajoute à ça, l'originalité de la forme pour les provinciaux de l'époque habitués aux pains ronds, les tambouilles des agro-industriels pour l'attribution des farines et ça explique un peu comment les Français ont adopté la baguette durant l'entre-deux-guerres et comment les "pains gris" ont petit à petit disparus.
Petite anecdote : il existait déjà des pains longs au XVIIIe siècle à Paris. Il avait du succès car il y avait plus de croutes que dans le pain rond. Parmentier en parle dans son bouquin Le parfait boulanger : https://gallica.bnf.fr/ar[...]/bpt6k15100457?rk=21459;2
Sinon, pour le dernier, c'est du pain au fromage en fait, le migliacci. Comme partout, t'as pas mal de variétés de pain corse : j'ai plus les noms mais ça va d'espèces de pains en châtaigne, mais aussi des pains qui ressemblent à des lambeaux de cuir, des pains éponges, des pains qui s’émiettent au moindre contact aussi, bref.
Mon père en faisait au temps de sa boulangerie. Il le faisait sur commande exclusivement pour les vieux car c'est eux qui consommaient ce pain dur ou farineux (c'est selon) par habitude de jeunesse. Le pain corse qu'il vendait le plus, était grisâtre, sentait l'herbe et se conservait sec et les vieux le trempait dans l'eau au moment de manger.
Et avec le pain rassis, mon père nous faisait du pastizzu, une espèce de flan composé de pain rassis, d’œufs et du sucre
sah, c'est exquis. Y'a aussi des expressions qui se perdent : quand j'étais gosse, les vieilles me demandaient "un p'tit bâtard" (hmm donnez-moi un p"tit bâtard, svp
) aujourd'hui quand je vais à la boulangerie, les gens disent "pain de campagne".