Bonjour les quilles ! voilà un petit format nouveau qui se répétera si ça plait 
Je vous présente ici les liens entre deux titans de la production artistique (Liszt et Victor Hugo) du XIXème à travers une oeuvre :
4ème étude d'exécution transcendante de Liszt dite Mazeppa
Considérée comme une des oeuvres les plus difficiles de tout le répertoire classique, Mazeppa est composé par Liszt en hommage au poème éponyme de Victor Hugo. Elle est aujourd'hui connue pour sa difficulté extrême, mais également pour l'impression d'écrasement intellectuel qu'elle procure à l'écoute


Le sens de l'oeuvre :
Comme dit précédemment, elle est inspirée librement d'un poème de Victor Hugo, relatant la légende de Mazeppa, un malheureux prince condamné à être attaché nu, à califourchon sur un étalon infatigable et démoniaque.


Le personnage de Mazeppa ayant vraiment existé (1639-1709), est un mythe fondateur pour les Ukrainiens, où il constitue un exemple analogue à Bayard sous nos contrées. Il a inspiré une quantité d'oeuvres romantiques par son tourment, dont le poème hugolien.
Pour les curieux, lien vers le poème de Victor Hugo : https://www.poesie-franca[...]or-hugo/poeme-mazeppa.php
Le malheureux, condamné pour avoir été surpris dans la couche d'une reine, traverse les vastes plaines ukrainiennes sur le dos du cheval maudit, avant d'être secouru par des paysans. Plus tard, après de nombreuses campagnes en tant que mercenaire, il se représentera en Ukraine pour prendre le trône. Il incarne ainsi toute l'amplitude entre la déchéance et le sacrement que peut connaitre un seul humain en une vie !
Hugo résume sobrement la libération de l'étalon, puis l'ascension de Mazeppa à la toute fin de son poème :
Chaque pas que tu fais semble creuser sa tombe.
Enfin le terme arrive... il court, il vole, il tombe,
Et se relève roi !
Notez ce détail particulier, puisqu'il explique le final du morceau de piano
Commentaire de quelques moments forts :
00:00 - 00:20 : l'introduction, extrêmement virtuose, prend la forme d'une gamme mineure suivie par les deux mains à très très haute vitesse.


00:20 - 00:48 : l'annonce du thème qui reviendra tout le long de l'oeuvre. Fracassant, il est amorcé par de grands accords plaqués, accompagnés par des arpèges abominables de complexité. Là où la cavalcade de la main gauche évoque évidemment la course infernale du cheval, la main droite semble plus libre de chanter la complainte du condamné, mi-héroïque, mi-tragique

00:48 - 01:10 : Liszt rajoute une couche d'humiliation à la tête de tous les pianistes en herbe en proposant une rupture de gammes chromatiques à la chaine.
Petit détail savoureux : le doigté est particulièrement bordélique à cet endroit, or Liszt annonce explicitement dans le commentaire de l'oeuvre que toute alteration du doigté est une dégradation de l'oeuvre. Très bon exemple de comment un mec mort depuis 150 ans peut continuer de te souiller la gueule post-mortem


01:10 - 01:50 : reprises et altération en mineure du thème principal, encore une fois pour que Liszt puisse crâner avec son gros cerveau et son talent insupportable


02:08 - 03:50 : première accalmie de la composition. Reprise lancinante et calme du thème principal, comme si Mazeppa s'était accoutumé à son périple et appréciait la beauté des plaines ukrainienne au clair de lune. Comme si la souffrance s'était envolée un instant, et que le stoïcisme du personnage avait pris le dessus. Comme si la fatigue du cheval commençait à rendre l'espoir possible


04:10 - 05:00 : reprise du thème, cette fois-ci empressée et comme sarcastique et rieuse. Le cheval a retrouvé ses forces et remporte le héros dans une course encore plus frénétique. Le désespoir s'installe pour de bon


06:35 - fin : grand final, Mazeppa a réussi à se défaire de ses liens et se relève. L'avenir est à nouveau possible, et il ne mourra pas sur son cheval. L'histoire dira plus tard qu'il deviendra roi d'Ukraine
En espérant que ça vous aura plus, et qu'on tirera AVN du simp et des vieilles boucles


Je vous présente ici les liens entre deux titans de la production artistique (Liszt et Victor Hugo) du XIXème à travers une oeuvre :
4ème étude d'exécution transcendante de Liszt dite Mazeppa
Considérée comme une des oeuvres les plus difficiles de tout le répertoire classique, Mazeppa est composé par Liszt en hommage au poème éponyme de Victor Hugo. Elle est aujourd'hui connue pour sa difficulté extrême, mais également pour l'impression d'écrasement intellectuel qu'elle procure à l'écoute


Le sens de l'oeuvre :
Comme dit précédemment, elle est inspirée librement d'un poème de Victor Hugo, relatant la légende de Mazeppa, un malheureux prince condamné à être attaché nu, à califourchon sur un étalon infatigable et démoniaque.

Le personnage de Mazeppa ayant vraiment existé (1639-1709), est un mythe fondateur pour les Ukrainiens, où il constitue un exemple analogue à Bayard sous nos contrées. Il a inspiré une quantité d'oeuvres romantiques par son tourment, dont le poème hugolien.Pour les curieux, lien vers le poème de Victor Hugo : https://www.poesie-franca[...]or-hugo/poeme-mazeppa.php
Le malheureux, condamné pour avoir été surpris dans la couche d'une reine, traverse les vastes plaines ukrainiennes sur le dos du cheval maudit, avant d'être secouru par des paysans. Plus tard, après de nombreuses campagnes en tant que mercenaire, il se représentera en Ukraine pour prendre le trône. Il incarne ainsi toute l'amplitude entre la déchéance et le sacrement que peut connaitre un seul humain en une vie !
Hugo résume sobrement la libération de l'étalon, puis l'ascension de Mazeppa à la toute fin de son poème : Chaque pas que tu fais semble creuser sa tombe.
Enfin le terme arrive... il court, il vole, il tombe,
Et se relève roi !
Notez ce détail particulier, puisqu'il explique le final du morceau de piano
Commentaire de quelques moments forts :


00:20 - 00:48 : l'annonce du thème qui reviendra tout le long de l'oeuvre. Fracassant, il est amorcé par de grands accords plaqués, accompagnés par des arpèges abominables de complexité. Là où la cavalcade de la main gauche évoque évidemment la course infernale du cheval, la main droite semble plus libre de chanter la complainte du condamné, mi-héroïque, mi-tragique

00:48 - 01:10 : Liszt rajoute une couche d'humiliation à la tête de tous les pianistes en herbe en proposant une rupture de gammes chromatiques à la chaine.
Petit détail savoureux : le doigté est particulièrement bordélique à cet endroit, or Liszt annonce explicitement dans le commentaire de l'oeuvre que toute alteration du doigté est une dégradation de l'oeuvre. Très bon exemple de comment un mec mort depuis 150 ans peut continuer de te souiller la gueule post-mortem


01:10 - 01:50 : reprises et altération en mineure du thème principal, encore une fois pour que Liszt puisse crâner avec son gros cerveau et son talent insupportable


02:08 - 03:50 : première accalmie de la composition. Reprise lancinante et calme du thème principal, comme si Mazeppa s'était accoutumé à son périple et appréciait la beauté des plaines ukrainienne au clair de lune. Comme si la souffrance s'était envolée un instant, et que le stoïcisme du personnage avait pris le dessus. Comme si la fatigue du cheval commençait à rendre l'espoir possible


04:10 - 05:00 : reprise du thème, cette fois-ci empressée et comme sarcastique et rieuse. Le cheval a retrouvé ses forces et remporte le héros dans une course encore plus frénétique. Le désespoir s'installe pour de bon


06:35 - fin : grand final, Mazeppa a réussi à se défaire de ses liens et se relève. L'avenir est à nouveau possible, et il ne mourra pas sur son cheval. L'histoire dira plus tard qu'il deviendra roi d'Ukraine
En espérant que ça vous aura plus, et qu'on tirera AVN du simp et des vieilles boucles








