Alors, oui mais pas vraiment. Tu regardes la société d'un point de vue très global, mais nous sommes tous plus ou moins différents et à mon sens la conception de genre, elle existe, et elle existera toujours. Cependant elle n'est pas systématique : si on suit ton raisonnement, quand une femme veut faire quelque chose qui est plutôt attribué aux hommes, comme entrer dans l'armée par exemple, ça voudrait dire qu'elle est trans. Or non, ce n'est pas du tout le cas, une personne trans est une personne qui s'identifie au genre opposé à son sexe biologique. Mais ça ne veut pas pour autant dire que cette personne trans, va nécessairement vouloir faire toutes les choses qui sont traditionnellement attribué au genre auquel elle s'identifie. Il y a des femmes trans dans l'armée ( des mecs qui sont devenus des femmes et qui sont allé dans l'armée ).
On ne peut pas le nier, il y aura toujours des roles, des métiers, des choses, qu'on attribuera plus à un genre qu'à l'autre. Et on en a besoin, c'est très important pour construire notre identité. Cependant, il ne faut pas que ces roles soient strictement cloisonnés, qu'on soit condamné à les remplir contre notre grès sous prétexte que l'on appartient à tel groupe de la population et donc qu'on est chargé de faire telle ou telle chose. Ces roles sont importants, mais ils doivent être souples, ils doivent permettre aux individus d'avoir le choix de les remplir ou non, les individus doivent pouvoir choisir leurs roles, que ces roles soit traditionnellement associé à leur genre ou non.
Par rapport aux trans, si l'OMS veut faire sortir les trans des malades mentaux c'est parce qu'il y a plusieurs raisons à cela et surtout je pense que ça ne se fera que pour les trans qui ont fait leur transition, pour la simple et bonne raison que pour ne plus être un malade mental, il ne faut plus avoir de maladie mentale. Un trans qui a fait sa transition et qui est bien dans sa peau, qui prend ses hormones, est heureux dans la vie, n'a pas de problème psychologique particulier : mise à part sa dysphorie de genre, cet individu est on ne peut plus normal. Il n'est pas dépressif, il est intégré en société etc... Donc ça ne sert à rien de continuer à le considérer comme un malade mental, à mon gout, parce qu'il n'a rien du malade mental. Le malade mental est une personne qui vit un mal-être, qui a du mal a établir des relations sociales supposées normales ( attention on a tous le droit d'être timide et réservé, mais j'entends par là qu'il a du mal à échanger, communiquer avec son entourage à un point ou s'en est handicapant dans sa vie de tous les jours ), qui a du mal à vivre en société tout simplement. Un trans chez qui la transition s'est bien passé et qui est heureux et bien intégré en société, il n'y a aucune raison de le mettre dans la case des malades mentaux, en gros ça revient seulement à dire que la transition est le traitement des trans, et que quand elle marche bien, le trans n'est plus considéré comme un malade.
En revanche, beaucoup de trans seront toujours considérés comme des malades mentaux : beaucoup sont parfois encore dépressifs même après leur transition, beaucoup auront toujours du mal à s'intégrer pleinement en société, et certains auront toujours un certain mal-être, pour ceux là, ils seront toujours considéré comme malades mentaux jusqu'à ce qu'ils aillent mieux tout simplement.
Par ailleurs, quand je parle de transition, tous les trans ne font pas nécessairement de chirurgie au niveau de leurs parties génitales, à partir du moment ou un trans prend des hormones et se comporte comme un individu du genre auquel il s'identifie, et qu'il n'a pas forcément envie d'aller plus loin dans sa transition, on peut considérer qu'il a fait sa transition. Certains en effet, veulent quand même avoir des enfants, je connais un homme trans qui ne veut pas se faire mettre un pénis artificiel parce qu'il veut des enfants plus tard. Il n'empêche que ce mec est un go muscu, plus viril que certains mecs de ce forum, et qu'il est bien dans sa peau tel qu'il est, ce mec là si il est heureux et se sent bien, on n'a pas de raisons de le mettre dans la catégorie du malade mental.
La lutte pour les droits des trans en général elle ne vise pas à faire disparaitre les genres : elle vise seulement à dire que notre genre ne correspond pas forcément à notre sexe de naissance, et qu'un individu qui s'identifie au genre opposé à son sexe de naissance, à le droit à changer de genre pour appartenir à celui qui lui correspond le plus. Ni plus ni moins. Ça suggère de faciliter les processus administratifs liés au changement de genre : changer de code de sécu, améliorer les conditions à remplir pour que sa demande soit prise en compte, aujourd'hui il me semble qu'en France, les trans doivent remplir un questionnaire pour savoir si ils s'identifient bien à tel ou tel genre, sauf que ces questionnaires sont vieux, et que la conception du genre à changé, si bien qu'en faisant remplir ces questionnaires à des femmes, beaucoup d'entre elles ont échoué pour vous donner une idée.
Ça suggère aussi de lutter contre la transphobie : donc de lutter contre la discrimination dans la recherche d'emploi, dans l'accès aux soins, à la télé aussi, tout comme les gens ne se moqueraient pas d'un noir parce qu'il est noir sur plateau télé lambda, on a pas à se moquer d'un trans parce qu'il est trans, mais bon là le sujet peut faire débat pour ce qui est de la xénophobie à l'écran, parce que ça touche à la liberté d'expression et que je sais qu'on est pas tous d'accord sur ce point de vue néanmoins si on commence à toucher à la liberté d'expression pour protéger certaines personnes, il faut qu'on y touche aussi pour protéger les autres. Ça vaut par exemple pour du racisme anti-blanc si ça devait arriver à la télévision qu'un présentateur ou un invité face des remarques racistes sur les blancs, alors qu'on interdit les remarques sur les noirs, il faudrait aussi le condamner pour ses propos. Vous voyez l'idée ? Soit on autorise une liberté d'expression avec moins de contraintes et un peu plus de haine à la télé ( parce qu'on va pas se mentir il y en aura ) et on fait ça pour tout le monde, soit on limite dans un soucis de respect, et à ce moment là on fait ça aussi pour tout le monde.
Enfin, la lutte pour les droits des trans, c'est aussi la lutte contre les violences faites aux trans, la prévention, la création d'associations pour aider les parents d'enfants qui se disent transgenres pour qu'ils puissent aider leur enfant sans pour autant le forcer à suivre une direction ou une autre, ça passe par l'éducation, en apprenant aux enfants de pas se moquer des trans tout comme ils ne doivent pas se moquer des autres minorités, toujours à l'école, dire aux enfants que ce n'est pas grave, c'est rare, mais ce n'est pas grave. Dire ça ne change rien aux enfants cis, par contre les enfants trans auront surement une enfance plus facile, et seront surement rassurés de savoir qu'ils ne sont pas les seuls dans ce cas, et que ça ne doit pas être une raison pour qu'ils souffrent inutilement dans la vie. C'est pas ça qui fera qu'il y aura plus de trans ou que des enfants voudront changer de genre, je rappelle que tous les enfants apprennent aujourd'hui et intègrent tous seuls ce qu'est un homme et ce qu'est une femme, qu'ils intègrent tout seul de quel coté ils sont, et qu'ils pensent pour l'écrasante majorité d'entre eux qu'il ne peuvent pas changer, ça n'empêche rien au fait que certains de ces enfants sont trans, alors même que les trans peuvent avoir une très mauvaise image chez les jeunes.
De la même manière que pour l'homosexualité, quand des gens disent qu'on fait une propagande homosexuelle pour inciter les gens à devenir gay, je rappelle qu'au dernière nouvelle, les gays viennent de famille d'hétérosexuels, grandissent en étant à la base considéré comme des hétérosexuels, dans un monde d'hétérosexuels, ou 99% des histoires comportent des personnages hétérosexuels, ou on leur apprend que plus tard ils feront comme leur parents, se marieront avec quelqu'un du sexe opposé et feront des enfants avec. Ça n'empêche pas le fait que les gays existent. Pour les trans comme pour les gays, si c'était culturel, il n'y en aurait pas dans notre société, parce que notre culture est fortement hétérosexuelle et cisgenre. Donc ne vous inquiétez pas, c'est pas en disant que ce n'est pas grave, que ces personnes là doivent être considérée comme des personnes normales qui ont les mêmes droits que tout le monde, même si elles sont peu nombreuses et différentes des autres, dire que ce n'est pas grave d'être comme ça, ne va pas pousser toute la population à la devenir. Il s'agit de dédramatiser la chose.
Merci d'avoir lu jusqu'au bout parce que c'était long, je sens déjà venir les gépalu, et surtout les "sale gauchiasse LGBT" mais ballec, on est pas obligé d'être tous d'accord, seulement au moins vous savez un peu mieux les revendications des LGBT au cas ou vous les auriez mal comprises ou que vous ne les connaissiez pas.