Topic : « Histoires de soldats »
Ca neige !
Auto-édit :
Auto-édit :
Citation de HeinzGuderianJe comprends pas de souçis
En montagne je ne vais pas en dire plus
Citation de Nath
La sweet
Patience

Citation de McCelestinGabin
Mon arrière grand père
2 classe franc-tireur régiment algérien![]()
mort a romain -ville contre ennemie allemand![]()
raconter les fais d'arme de vos votre famille de rey ces plus intéressant je trouve
C'est chouette comme histoire ton arrière grand-père est mort en héro
Étant Suisse j'ai pas de faits d'armes sur ma famille ou alors je n'en suis pas au courant et ils remontent à un paquet d'années
Citation de HeinzGuderian
Patience![]()
C'est chouette comme histoire ton arrière grand-père est mort en héro
Étant Suisse j'ai pas de faits d'armes sur ma famille ou alors je n'en suis pas au courant et ils remontent à un paquet d'années
Appelle mamy et papy et écoute les racontais leur histoire

sinon il des très bon sites pour retrouver historique de guerre de ce nom famille


Je vais peut-être me pencher sur la biographie rapide du Maréchal Lannes. De loin, avec Davout, le meilleur soldat de Napoléon.
Citation de GordonCole
Je vais peut-être me pencher sur la biographie rapide du Maréchal Lannes. De loin, avec Davout, le meilleur soldat de Napoléon.
Le glorieux maréchal Davout et ses divisions de fer
Les lectures sur lui doivent être très intéressantes
Vous aurez donc deux biographies croisées de Davout et Lannes ! Nah !
Citation de GordonCole
Vous aurez donc deux biographies croisées de Davout et Lannes ! Nah !
Je m'en réjouis d'avance !
Louis Nicolas Davout :
Né dans l’Yonne le 10 mai 1770 d’une famille noble dont l’adage est le prophétique « Quand un D’Avout sort du berceau, une épée sort de son fourreau », il est destiné à servir le bon Roi de France. En septembre 1785, il intègre l’Ecole militaire supérieure de Paris (fondée par Louis XV, et dont sortira un grand nombre des futurs maréchaux d’Empire).
Il émerge avec brio en février 1788 comme sous-Lieutenant et est affecté au régiment de Royal-Champagne. Dans la France bouillonnante de 1789, il embrasse rapidement les idées révolutionnaires : il abandonne sa particule et opte pour la simplification « Davout » qui, il faut bien l’avouer, fait très bien illusion. Il se découvre un zèle très prononcé et organise un club politique, des banquets citoyens et autres marottes lumineuses. Sa hiérarchie, non contente d’observer ses frasques d’homme nouveau et ses désobéissances systématiques, l’emprisonne un temps puis le libère sous condition de sa démission : il obtempère et on le perd un peu de vue.
Il réintègre l’armée lorsque l’Assemblée constituante lève de grandes masses de troupes dans toute la France pour pallier aux départs des nobles, aux conflits européens qui s’annoncent, aux rébellions provinciales. Davout s’engage comme trouffion dans l’armée de l’Yonne en juin 1791 mais quelques semaines plus tard, on retrouve notre jeune et habile ambitieux comme lieutenant-colonel du 3ème bataillon de volontaires de l’Yonne. Dans cette nouvelle armée démocratique, il se fait aisément élire par ses camarades à ce grade déjà ronflant. Il épouse sur le pouce une jouvencelle, Marie de Séguenot, avec qui il inaugurera le nouveau divorce révolutionnaire à peine deux ans plus tard. Anecdotique…


Lieutenant Colonel
Son entrée dans l’histoire agitée de notre pays le déporte dans le Nord de la France : son bataillon est chargé d’assurer les communications entre Valenciennes et Condé. Aujourd’hui, on dirait qu’il était proactif : il mène des assauts réguliers pour harceler les lignes ennemies. Son régiment à la réputation d’une tenue disciplinaire hors-pair ! Il enchaine quelques tours de force, des audaces de pourchasse et se distingue même dans la défaite.
Une entourloupe administrative, mélangeant soupçon de trahison du général et enquête de fonctionnaires, pousse Davout à ordonner l’arrestation de son général d’armée. Dumouriez s’enfuit chez les coalisés… Sauveur de la patrie, Davout est promu général de brigade en juillet 1793. On lui propose la même année le grade de général de division qu’il refuse, par peur d’être un mauvais chef. Cette noble humilité est prise pour une trahison rampante. La Convention lui souffle dans les bronches et le force une nouvelle fois à démissionner de son poste dans les armées !
Après la chute de Robespierre et une désescalade de la Terreur guillotineuse, Davout réintègre l’armée en participant aux campagnes en Allemagne. Il assiège Luxembourg, Mannheim ; défend Mannheim ; il franchit le Rhin, refoule les coalisés. Il se lie d’amitié avec le général Desaix (qui mourra à Marengo).
Par l’entremise de Desaix, il rencontre Napoléon et malgré une première entrevue exécrable – les deux hommes ne s’entendent pas – il est tout de même de l’aventure égyptienne ; Desaix aurait beaucoup insisté, s’obstinant à rapprocher ses deux amis. Il commande la cavalerie, participe à la marche sur Le Caire et à la légendaire bataille des Pyramides (21 juillet 1798). Malade, Davout profite de sa convalescence pour réarmer la cavalerie, orpheline de ses chevaux, et l’artillerie. Il améliore la logistique d’un bon millier d’hommes. Pendant les campagnes de Bonaparte et de Desaix dans les régions environnantes, il est chargé du maintien de l’ordre dans la vallée du Nil. Il participe à la bataille d’Aboukir sous le commandement direct du général Murat – il est encore indisposé par la dysenterie – et contemple le triomphe de son supérieur glorifié par sa charge écrasante. Il demande alors à mener le siège de la citadelle, vexé de n’avoir tenu qu’un rôle secondaire lors de la précédente bataille. Il repousse une contre-attaque et s’empare de la forteresse ottomane.
Napoléon repart pour la France agitée par maintes conspirations. Davout se distingue comme étant le seul général à refuser l’abdication face aux Anglais et aux Ottomans. Prétextant sa mauvaise santé, il retourne en France, auréolé de son refus de céder aux Britons. Il accoste à Toulon le 3 mai 1800 et s’offre un peu de repose auprès de sa famille bourguignonne. Desaix meurt à la bataille victorieuse de Marengo (14 juin 1800) et Bonaparte s’empresse de promouvoir l’ami du défunt au grade de général de division. Davout devient commandant de la cavalerie de l’armée d’Italie. A noter que ses supérieurs s’obstinent à en faire un expert des forces mobiles alors que Davout a toujours montré de grandes dispositions tactiques quant à l’emploi de l’infanterie. Son heure de gloire pédestre arrivera !
Son premier haut fait glorieux est opéré à la bataille de Pozzolo mais ce dernier est occulté par la brillante victoire de Moreau à Hohenlinden face aux Autrichiens. La courte paix de quelques années le voit évoluer avec plus de réussite dans les cercles bonapartistes. Napoléon l’a d’ailleurs en bonne estime désormais et lui confie des plans de réorganisation de la cavalerie et le commandement des grenadiers de la Garde consulaire. Il discute avec le premier consul de discipline, de logistique et d’instruction militaires. Il épouse Aimée Leclerc, sœur du général Leclerc, le 9 novembre 1801.
L’Angleterre, sans déclaration de guerre, s’attaque en 1803 aux navires français et hollandais. Davout est chargé de défendre les côtes, de l’embouchure de l’Escaut à Calais. Il déploie encore un zèle hors du commun et organise son 3ème corps d’armée de 25 000 hommes pour en faire un outil qui se distinguera sur de nombreux fronts.
Le 19 mai 1804, il fait partie des premiers nommés au rang de maréchal d’Empire, à la surprise de ses pairs et du public – il est en effet assez peu connu. Il est le plus jeune des maréchaux et un des quatre « Colonel Général » de la Garde Impériale. Napoléon doit renoncer au projet d’invasion de l’Angleterre et mener le combat sur le continent. Davout marche tout droit sur Vienne, écrase au passage l’armée de Merveldt et s’empare de la ville ! GG !


Maréchal d'Empire
Austerlitz : Les grandes heures du génie napoléonien. Davout est appeler à la rescousse et il parcourt alors 112 km en 44 heures ( !!! ) avec son armée. Il prend le commandement du flanc droit, que lui et Napoléon décident de laisser apparemment faible aux yeux ennemis (ces derniers n’ont aucune connaissance de l’arrivée opportune de cette armée de renforts). Les coalisés mordent à l’appât : toute la journée du 2 décembre, ils sont contenus par cet étonnant flanc droit qui ne veut jamais céder. Ils vident leur centre et se font ratiboiser. Davout tiendra ses objectifs en faisant un usage très moderne de l’infanterie légère (chasseurs et tirailleurs) : ces derniers court-circuitent les lignes ennemies et empêchent les rassemblements massifs. La gloire revient encore à l’empereur.
Davout se distingue ensuite lors de la campagne contre les Prussiens, sortis de leur neutralité : Ce sont les désastres conjoints d’Auerstaedt et d’Iéna. Pour notre brave davout, ce sera le triomphe tactique et disciplinaire d’Auerstadt : occupant un plateau, il fait tourner son dispositif autour d’un centre compact, qu’il dirige directement. Il encaisse les assauts des Prussiens en large supériorité numérique. Les fameuses légions teutonnes s’empalent sur le dispositif défensif. Des charges de cavalerie sont annihilées par des carrés savamment orchestrés. Davout guide finalement l’assaut final, un vaste mouvement tournant de son flanc gauche qui bouscule et dégage les Prussiens. La débâcle est totale : Les Allemands perdent leur général, Duc de Brunswick. Ils refluent. Davout lance alors toutes ses troupes à leur poursuite, même son centre quasiment épuisé : les ennemis se débandent complètement : La cavalerie prussienne est de l’histoire ancienne. Dans le même temps, Napoléon écrase une autre armée à Iéna. La Prusse est enterrée. Laconique, Davout écrit ces mots au soir de la bataille : « Tout le monde a fait son devoir. L'infanterie a fait ce qu'on devait attendre de la meilleure infanterie du monde ».


Bataille d'Auerstädt
Son corps d’armée mène quasiment à lui seul la douloureuse bataille d’Eylau. Son avancée ininterrompue malgré les difficultés et la défense opiniâtre des Russes permettra les débordements de Murat et de Ney qui transforme ce bain de sang neigeux en victoire tactique couteuse. Friedland achèvera le mouvement et consacrera la victoire française. Il devient gouverneur du Grand-Duché de Pologne : partisan de l’indépendance polonaise, il fait de cet état ressuscité un allié fidèle. On le soupçonne de vouloir devenir roi de Pologne. Napoléon commence à se méfier un peu de son immense maréchal.
Cependant la campagne de 1809 fait de Davout un élément essentiel et inévitable de la nouvelle victoire napoléonienne. Berthier, ministre des armées, étale une incompétence étrange que Davout ne lui pardonnera jamais. Reprenant le commandement, Napoléon permet à son maréchal d’évacuer une position intenable. Davout obtempère mais est accroché par les Autrichiens qui s’avancent avec des forces supérieures. Le génie de l’infanterie les repousse sans peine en usant du terrain – vallées et forêts – pour les harceler avec ses tirailleurs. Le 3ème corps d’Armée se sort du guêpier. Il rallie les forces de Lefebvre et coordonne le combat à Eckmühl pendant plusieurs jours. Il défend d’abord la position face à cinq corps d’armées autrichiens, puis enfonce leur dispositif, avec Lannes et Vandamme. Les Autrichiens reculent. Leur expectative stupide, influencée par les manœuvres audacieuse de Davout, leur fait perdre toute initiative. Napoléon, contemplant le champ de bataille aurait dit : « Regardez ce Davout comme il manœuvre. Il va encore me gagner cette bataille-là ! »
Lors de la difficile bataille d’Essling, il se porte au secours des cinquante-mille hommes de Napoléon, coincés sur l’autre rive du Danube. Il participe à la reconstruction de ponts flottants et permet la retraite des armées françaises. Deux mois plus tard, on le retrouve à Wagram aux manettes du flanc droit. Son corps d’élite estourbit encore une fois les Autrichiens selon un schéma connu : fixé l’ennemi défensivement, avancer pour créer le déséquilibre, enlacer l’ennemi et le menacer de capture totale. Il marquera une étape supplémentaire : Un intense barrage d’artillerie prépare le mouvement tournant, ce qui le rendra d’autant plus efficace. Il écrase la masse autrichienne et décroche une nouvelle victoire pour son empereur.
Comme pour tout le monde, la campagne de Russie sera des plus difficiles. Il obtient certes le 1er corps de la Grande Armée (70 000 hommes !) et connait plusieurs petits succès lors de la promenade jusqu’à Moscou. Il doit néanmoins revoir certaines prétentions stratégiques en raison de la mollesse de Jérôme Bonaparte, piètre commandant du flanc droit. Il perd son meilleur général et ami, César Gudin, tué à la bataille de Valoutina Gora. Son courage et sa pugnacité sont encore mis à rude épreuve lors de la titanesque bataille de la Moscova (7 septembre 1812). On le compte même pour mort, tombé sous son cheval pendant l’assaut d’une fortification ennemie. Finalement, son corps d’armées paye encore le tribut le plus lourd et se couvre de gloire… Pour quoi ?... Lors de la terrible retraite de l’hiver 1812, Davout partage la lourde tâche avec Ney de commander l’arrière-garde.
Une nouvelle médaille a ajoutée à son costume : Il demeure le seul maréchal invaincu de la campagne d’Allemagne (1813) et, bloqué dans le Hanovre par les échecs de ses pairs, il établit sa base à Hambourg, qu’il fortifie et tient jusqu’en mai 1814 face à 80 000 confédérés… Il se rend finalement au général français Gérard, qui lui annonce la restauration des Bourbons.
Maltraité par le ridicule Louis XVIII qui rate l’occasion de se rabibocher avec le meilleur guerrier du royaume, il rallie évidemment Napoléon dès son retour aux Tuileries… Il organise la défense de Paris après Waterloo (à laquelle il ne participe malheureusement pas) mais traite avec l’ennemi pour obtenir une paix nécessaire. Le pays est exsangue. Il se replie avec la Grande Armée au Sud de la Loire et menace d’étriller les Autrichiens qui tentent une traversée : ces derniers abandonnent quand ils apprennent que le Maréchal Davout tient encore le bâton de maréchal.
Lors de la deuxième restauration, il revient en bonnes grâces et est réinvestit maréchal. Il ne participe plus à aucun conflit. Il défend Ney, finalement condamné à mort, et participe à la réhabilitation d’anciens généraux d’empire (Exelmans, Clauzel…).
Il s’éteint à Paris en 1823 et est enterré au Père-Lachaise dans une belle sépulture.
On retiendra un soldat tout à fait exemplaire, sans doute le meilleur maréchal de Napoléon. Jamais vaincu, ses divisions effarouchaient les armées ennemies. Il était tenu en haute estime par l’empereur et par les généraux étrangers. Il montra une aptitude sans précédent dans l’emploi de l’infanterie et des qualités de tireurs de ses corps d’élite (chasseurs à pied, voltigeurs, tirailleurs). Il commanda souvent les mouvements audacieux pour galvaniser la troupe. Il vit s’écrouler sous son courage plusieurs chevaux et on le crut plusieurs fois blessé, voire mort. Il fut de ces nombreux généraux formés sous les meilleurs hospices des écoles militaires royales et qui usèrent de leur théorie et de leur génie pour servir courageusement un homme encore pus génial. On n’ose imaginer un monde plus paisible, moins agité par la frénésie révolutionnaire : Davout en maréchal du roi de France, dominant consciencieusement ses adversaires prussiens ou anglais. Son génie militaire authentique fut durablement enterré sous la légende obèse du totem impérial… Aujourd’hui que reste-t-il de ces hommes formidables qui commandèrent la plus incisive des cohortes aux quatre coins de l’Europe ? Quelques noms d’avenues… Un vague souvenir de serviteurs dociles, de guerriers sanguinaires… Pourtant, en contemplant son portrait habillé et noble, on ne peut qu’admirer ce grand homme, cette « épée sortie du fourreau » élevée aux plus hautes distinctions par la geste militaire. Pour moi, ces fabuleux maréchaux de terrain ont toujours revêtu le destin le plus clair de ce que pouvait être une nouvelle aristocratie militaire et méritoire. Je provoquerai en duel le premier péquenot qui voudrait faire de Davout un simple porte sabre.
Né dans l’Yonne le 10 mai 1770 d’une famille noble dont l’adage est le prophétique « Quand un D’Avout sort du berceau, une épée sort de son fourreau », il est destiné à servir le bon Roi de France. En septembre 1785, il intègre l’Ecole militaire supérieure de Paris (fondée par Louis XV, et dont sortira un grand nombre des futurs maréchaux d’Empire).
Il émerge avec brio en février 1788 comme sous-Lieutenant et est affecté au régiment de Royal-Champagne. Dans la France bouillonnante de 1789, il embrasse rapidement les idées révolutionnaires : il abandonne sa particule et opte pour la simplification « Davout » qui, il faut bien l’avouer, fait très bien illusion. Il se découvre un zèle très prononcé et organise un club politique, des banquets citoyens et autres marottes lumineuses. Sa hiérarchie, non contente d’observer ses frasques d’homme nouveau et ses désobéissances systématiques, l’emprisonne un temps puis le libère sous condition de sa démission : il obtempère et on le perd un peu de vue.
Il réintègre l’armée lorsque l’Assemblée constituante lève de grandes masses de troupes dans toute la France pour pallier aux départs des nobles, aux conflits européens qui s’annoncent, aux rébellions provinciales. Davout s’engage comme trouffion dans l’armée de l’Yonne en juin 1791 mais quelques semaines plus tard, on retrouve notre jeune et habile ambitieux comme lieutenant-colonel du 3ème bataillon de volontaires de l’Yonne. Dans cette nouvelle armée démocratique, il se fait aisément élire par ses camarades à ce grade déjà ronflant. Il épouse sur le pouce une jouvencelle, Marie de Séguenot, avec qui il inaugurera le nouveau divorce révolutionnaire à peine deux ans plus tard. Anecdotique…


Lieutenant Colonel
Son entrée dans l’histoire agitée de notre pays le déporte dans le Nord de la France : son bataillon est chargé d’assurer les communications entre Valenciennes et Condé. Aujourd’hui, on dirait qu’il était proactif : il mène des assauts réguliers pour harceler les lignes ennemies. Son régiment à la réputation d’une tenue disciplinaire hors-pair ! Il enchaine quelques tours de force, des audaces de pourchasse et se distingue même dans la défaite.
Une entourloupe administrative, mélangeant soupçon de trahison du général et enquête de fonctionnaires, pousse Davout à ordonner l’arrestation de son général d’armée. Dumouriez s’enfuit chez les coalisés… Sauveur de la patrie, Davout est promu général de brigade en juillet 1793. On lui propose la même année le grade de général de division qu’il refuse, par peur d’être un mauvais chef. Cette noble humilité est prise pour une trahison rampante. La Convention lui souffle dans les bronches et le force une nouvelle fois à démissionner de son poste dans les armées !
Après la chute de Robespierre et une désescalade de la Terreur guillotineuse, Davout réintègre l’armée en participant aux campagnes en Allemagne. Il assiège Luxembourg, Mannheim ; défend Mannheim ; il franchit le Rhin, refoule les coalisés. Il se lie d’amitié avec le général Desaix (qui mourra à Marengo).
Par l’entremise de Desaix, il rencontre Napoléon et malgré une première entrevue exécrable – les deux hommes ne s’entendent pas – il est tout de même de l’aventure égyptienne ; Desaix aurait beaucoup insisté, s’obstinant à rapprocher ses deux amis. Il commande la cavalerie, participe à la marche sur Le Caire et à la légendaire bataille des Pyramides (21 juillet 1798). Malade, Davout profite de sa convalescence pour réarmer la cavalerie, orpheline de ses chevaux, et l’artillerie. Il améliore la logistique d’un bon millier d’hommes. Pendant les campagnes de Bonaparte et de Desaix dans les régions environnantes, il est chargé du maintien de l’ordre dans la vallée du Nil. Il participe à la bataille d’Aboukir sous le commandement direct du général Murat – il est encore indisposé par la dysenterie – et contemple le triomphe de son supérieur glorifié par sa charge écrasante. Il demande alors à mener le siège de la citadelle, vexé de n’avoir tenu qu’un rôle secondaire lors de la précédente bataille. Il repousse une contre-attaque et s’empare de la forteresse ottomane.
Napoléon repart pour la France agitée par maintes conspirations. Davout se distingue comme étant le seul général à refuser l’abdication face aux Anglais et aux Ottomans. Prétextant sa mauvaise santé, il retourne en France, auréolé de son refus de céder aux Britons. Il accoste à Toulon le 3 mai 1800 et s’offre un peu de repose auprès de sa famille bourguignonne. Desaix meurt à la bataille victorieuse de Marengo (14 juin 1800) et Bonaparte s’empresse de promouvoir l’ami du défunt au grade de général de division. Davout devient commandant de la cavalerie de l’armée d’Italie. A noter que ses supérieurs s’obstinent à en faire un expert des forces mobiles alors que Davout a toujours montré de grandes dispositions tactiques quant à l’emploi de l’infanterie. Son heure de gloire pédestre arrivera !
Son premier haut fait glorieux est opéré à la bataille de Pozzolo mais ce dernier est occulté par la brillante victoire de Moreau à Hohenlinden face aux Autrichiens. La courte paix de quelques années le voit évoluer avec plus de réussite dans les cercles bonapartistes. Napoléon l’a d’ailleurs en bonne estime désormais et lui confie des plans de réorganisation de la cavalerie et le commandement des grenadiers de la Garde consulaire. Il discute avec le premier consul de discipline, de logistique et d’instruction militaires. Il épouse Aimée Leclerc, sœur du général Leclerc, le 9 novembre 1801.
L’Angleterre, sans déclaration de guerre, s’attaque en 1803 aux navires français et hollandais. Davout est chargé de défendre les côtes, de l’embouchure de l’Escaut à Calais. Il déploie encore un zèle hors du commun et organise son 3ème corps d’armée de 25 000 hommes pour en faire un outil qui se distinguera sur de nombreux fronts.
Le 19 mai 1804, il fait partie des premiers nommés au rang de maréchal d’Empire, à la surprise de ses pairs et du public – il est en effet assez peu connu. Il est le plus jeune des maréchaux et un des quatre « Colonel Général » de la Garde Impériale. Napoléon doit renoncer au projet d’invasion de l’Angleterre et mener le combat sur le continent. Davout marche tout droit sur Vienne, écrase au passage l’armée de Merveldt et s’empare de la ville ! GG !


Maréchal d'Empire
Austerlitz : Les grandes heures du génie napoléonien. Davout est appeler à la rescousse et il parcourt alors 112 km en 44 heures ( !!! ) avec son armée. Il prend le commandement du flanc droit, que lui et Napoléon décident de laisser apparemment faible aux yeux ennemis (ces derniers n’ont aucune connaissance de l’arrivée opportune de cette armée de renforts). Les coalisés mordent à l’appât : toute la journée du 2 décembre, ils sont contenus par cet étonnant flanc droit qui ne veut jamais céder. Ils vident leur centre et se font ratiboiser. Davout tiendra ses objectifs en faisant un usage très moderne de l’infanterie légère (chasseurs et tirailleurs) : ces derniers court-circuitent les lignes ennemies et empêchent les rassemblements massifs. La gloire revient encore à l’empereur.
Davout se distingue ensuite lors de la campagne contre les Prussiens, sortis de leur neutralité : Ce sont les désastres conjoints d’Auerstaedt et d’Iéna. Pour notre brave davout, ce sera le triomphe tactique et disciplinaire d’Auerstadt : occupant un plateau, il fait tourner son dispositif autour d’un centre compact, qu’il dirige directement. Il encaisse les assauts des Prussiens en large supériorité numérique. Les fameuses légions teutonnes s’empalent sur le dispositif défensif. Des charges de cavalerie sont annihilées par des carrés savamment orchestrés. Davout guide finalement l’assaut final, un vaste mouvement tournant de son flanc gauche qui bouscule et dégage les Prussiens. La débâcle est totale : Les Allemands perdent leur général, Duc de Brunswick. Ils refluent. Davout lance alors toutes ses troupes à leur poursuite, même son centre quasiment épuisé : les ennemis se débandent complètement : La cavalerie prussienne est de l’histoire ancienne. Dans le même temps, Napoléon écrase une autre armée à Iéna. La Prusse est enterrée. Laconique, Davout écrit ces mots au soir de la bataille : « Tout le monde a fait son devoir. L'infanterie a fait ce qu'on devait attendre de la meilleure infanterie du monde ».


Bataille d'Auerstädt
Son corps d’armée mène quasiment à lui seul la douloureuse bataille d’Eylau. Son avancée ininterrompue malgré les difficultés et la défense opiniâtre des Russes permettra les débordements de Murat et de Ney qui transforme ce bain de sang neigeux en victoire tactique couteuse. Friedland achèvera le mouvement et consacrera la victoire française. Il devient gouverneur du Grand-Duché de Pologne : partisan de l’indépendance polonaise, il fait de cet état ressuscité un allié fidèle. On le soupçonne de vouloir devenir roi de Pologne. Napoléon commence à se méfier un peu de son immense maréchal.
Cependant la campagne de 1809 fait de Davout un élément essentiel et inévitable de la nouvelle victoire napoléonienne. Berthier, ministre des armées, étale une incompétence étrange que Davout ne lui pardonnera jamais. Reprenant le commandement, Napoléon permet à son maréchal d’évacuer une position intenable. Davout obtempère mais est accroché par les Autrichiens qui s’avancent avec des forces supérieures. Le génie de l’infanterie les repousse sans peine en usant du terrain – vallées et forêts – pour les harceler avec ses tirailleurs. Le 3ème corps d’Armée se sort du guêpier. Il rallie les forces de Lefebvre et coordonne le combat à Eckmühl pendant plusieurs jours. Il défend d’abord la position face à cinq corps d’armées autrichiens, puis enfonce leur dispositif, avec Lannes et Vandamme. Les Autrichiens reculent. Leur expectative stupide, influencée par les manœuvres audacieuse de Davout, leur fait perdre toute initiative. Napoléon, contemplant le champ de bataille aurait dit : « Regardez ce Davout comme il manœuvre. Il va encore me gagner cette bataille-là ! »
Lors de la difficile bataille d’Essling, il se porte au secours des cinquante-mille hommes de Napoléon, coincés sur l’autre rive du Danube. Il participe à la reconstruction de ponts flottants et permet la retraite des armées françaises. Deux mois plus tard, on le retrouve à Wagram aux manettes du flanc droit. Son corps d’élite estourbit encore une fois les Autrichiens selon un schéma connu : fixé l’ennemi défensivement, avancer pour créer le déséquilibre, enlacer l’ennemi et le menacer de capture totale. Il marquera une étape supplémentaire : Un intense barrage d’artillerie prépare le mouvement tournant, ce qui le rendra d’autant plus efficace. Il écrase la masse autrichienne et décroche une nouvelle victoire pour son empereur.
Comme pour tout le monde, la campagne de Russie sera des plus difficiles. Il obtient certes le 1er corps de la Grande Armée (70 000 hommes !) et connait plusieurs petits succès lors de la promenade jusqu’à Moscou. Il doit néanmoins revoir certaines prétentions stratégiques en raison de la mollesse de Jérôme Bonaparte, piètre commandant du flanc droit. Il perd son meilleur général et ami, César Gudin, tué à la bataille de Valoutina Gora. Son courage et sa pugnacité sont encore mis à rude épreuve lors de la titanesque bataille de la Moscova (7 septembre 1812). On le compte même pour mort, tombé sous son cheval pendant l’assaut d’une fortification ennemie. Finalement, son corps d’armées paye encore le tribut le plus lourd et se couvre de gloire… Pour quoi ?... Lors de la terrible retraite de l’hiver 1812, Davout partage la lourde tâche avec Ney de commander l’arrière-garde.
Une nouvelle médaille a ajoutée à son costume : Il demeure le seul maréchal invaincu de la campagne d’Allemagne (1813) et, bloqué dans le Hanovre par les échecs de ses pairs, il établit sa base à Hambourg, qu’il fortifie et tient jusqu’en mai 1814 face à 80 000 confédérés… Il se rend finalement au général français Gérard, qui lui annonce la restauration des Bourbons.
Maltraité par le ridicule Louis XVIII qui rate l’occasion de se rabibocher avec le meilleur guerrier du royaume, il rallie évidemment Napoléon dès son retour aux Tuileries… Il organise la défense de Paris après Waterloo (à laquelle il ne participe malheureusement pas) mais traite avec l’ennemi pour obtenir une paix nécessaire. Le pays est exsangue. Il se replie avec la Grande Armée au Sud de la Loire et menace d’étriller les Autrichiens qui tentent une traversée : ces derniers abandonnent quand ils apprennent que le Maréchal Davout tient encore le bâton de maréchal.
Lors de la deuxième restauration, il revient en bonnes grâces et est réinvestit maréchal. Il ne participe plus à aucun conflit. Il défend Ney, finalement condamné à mort, et participe à la réhabilitation d’anciens généraux d’empire (Exelmans, Clauzel…).
Il s’éteint à Paris en 1823 et est enterré au Père-Lachaise dans une belle sépulture.
On retiendra un soldat tout à fait exemplaire, sans doute le meilleur maréchal de Napoléon. Jamais vaincu, ses divisions effarouchaient les armées ennemies. Il était tenu en haute estime par l’empereur et par les généraux étrangers. Il montra une aptitude sans précédent dans l’emploi de l’infanterie et des qualités de tireurs de ses corps d’élite (chasseurs à pied, voltigeurs, tirailleurs). Il commanda souvent les mouvements audacieux pour galvaniser la troupe. Il vit s’écrouler sous son courage plusieurs chevaux et on le crut plusieurs fois blessé, voire mort. Il fut de ces nombreux généraux formés sous les meilleurs hospices des écoles militaires royales et qui usèrent de leur théorie et de leur génie pour servir courageusement un homme encore pus génial. On n’ose imaginer un monde plus paisible, moins agité par la frénésie révolutionnaire : Davout en maréchal du roi de France, dominant consciencieusement ses adversaires prussiens ou anglais. Son génie militaire authentique fut durablement enterré sous la légende obèse du totem impérial… Aujourd’hui que reste-t-il de ces hommes formidables qui commandèrent la plus incisive des cohortes aux quatre coins de l’Europe ? Quelques noms d’avenues… Un vague souvenir de serviteurs dociles, de guerriers sanguinaires… Pourtant, en contemplant son portrait habillé et noble, on ne peut qu’admirer ce grand homme, cette « épée sortie du fourreau » élevée aux plus hautes distinctions par la geste militaire. Pour moi, ces fabuleux maréchaux de terrain ont toujours revêtu le destin le plus clair de ce que pouvait être une nouvelle aristocratie militaire et méritoire. Je provoquerai en duel le premier péquenot qui voudrait faire de Davout un simple porte sabre.
Un sans faute encore une fois et qu'elle histoire !
Et oui malheureusement asujourd'hui les plus chanceux ont une avenue en leur nom et les autre un square au mieux
On a bien malheureusement vite fait d'oublier les héros de nos nations
En tout cas merci pour ce beau récit je vais créer un sommaire pour mieux retrouver toutes les histoires de ce topic
Et oui malheureusement asujourd'hui les plus chanceux ont une avenue en leur nom et les autre un square au mieux
On a bien malheureusement vite fait d'oublier les héros de nos nations
En tout cas merci pour ce beau récit je vais créer un sommaire pour mieux retrouver toutes les histoires de ce topic
Citation de HeinzGuderian
Un sans faute encore une fois et qu'elle histoire !
Et oui malheureusement asujourd'hui les plus chanceux ont une avenue en leur nom et les autre un square au mieux
On a bien malheureusement vite fait d'oublier les héros de nos nations
En tout cas merci pour ce beau récit je vais créer un sommaire pour mieux retrouver toutes les histoires de ce topic


Je rajoute ce passage récemment lu qui apporte un petit plus à ma dernière histoire :
"Au nord des Carpathes, les Russes continuaient à foncer en direction de Breslau et du territoire industriel de Haute-Silésie. Avec la faiblesse de notre parade, les événements iraient très vite. Plus au nord, l'ennemi marchait sur Kalisz, Poznan, Bydgoszcz. Lodz tombait en ses mains. Il n'avait pour ainsi dire plus rien en face de lui.
Seules les poches ambulantes du 24ème corps blindé et du corps blindé Grossdeutschland se déplaçaient vers l'ouest en se battant imperturbablement, ramassant une foule d'unités plus petites. Les généraux Nehring et von Saucken accomplirent dans ces journées un grand exploit militaire, digne d'être à lui tout seul raconté par un nouveau Xénophon."
Heinz Guderian : Souvenirs d'un soldat
"Au nord des Carpathes, les Russes continuaient à foncer en direction de Breslau et du territoire industriel de Haute-Silésie. Avec la faiblesse de notre parade, les événements iraient très vite. Plus au nord, l'ennemi marchait sur Kalisz, Poznan, Bydgoszcz. Lodz tombait en ses mains. Il n'avait pour ainsi dire plus rien en face de lui.
Seules les poches ambulantes du 24ème corps blindé et du corps blindé Grossdeutschland se déplaçaient vers l'ouest en se battant imperturbablement, ramassant une foule d'unités plus petites. Les généraux Nehring et von Saucken accomplirent dans ces journées un grand exploit militaire, digne d'être à lui tout seul raconté par un nouveau Xénophon."
Heinz Guderian : Souvenirs d'un soldat
La biographie de Lannes est en cours de rédaction. Avec illustrations pour vous ravir.
Citation de GordonCole
La biographie de Lannes est en cours de rédaction. Avec illustrations pour vous ravir.
Ravis de l'entendre
Pour tes rédactions tu utilises quel genre de support ? Livres, Internet ?
Internet avec croisement de certaines sources, ce qui me permet de mettre au clair les choses que je connais sur ces grandes figures par mes lectures passées, mes vieilles admirations et Napoléon Total War ; puis mise en résumé.
Citation de GordonCole
Internet avec croisement de certaines sources, ce qui me permet de mettre au clair les choses que je connais sur ces grandes figures par mes lectures passées, mes vieilles admirations et Napoléon Total War ; puis mise en résumé.
Très bien je vois
Le sommaire est par ailleurs créé
Et j'essaye de rendre ça à la fois simple et objectif, et assez plaisant à la lecture.
C'était plaisant à lire, je connaissais pas
Citation de GordonCole
Et j'essaye de rendre ça à la fois simple et objectif, et assez plaisant à la lecture.
Et c'est très bien réussi !





