J'aimerai vous faire profiter d'un état des lieux de mes récentes lectures des publications scientifiques entourant le concept de race.
Concrètement, le concept de race semble avoir connu une forme de réémergence scientifique, au grand dam des socio-constructivistes de tous poils qui multiplient les strawmen, les contorsions, les signalements vertueux et les injonctions à la novlangue pour éviter de donner à ce concept toute l'extension qui le caractérise aujourd'hui grâce aux récentes percées en génétique moléculaire, et tout particulièrement de l'étude des SNP.
Preuves pour les biologistes : http://www.krepublishers.[...]422-%20%8Atrkalj-G-Tt.pdf


Et pour les anthropologues : http://onlinelibrary.wile[...]433.2009.01076.x/abstract


Synthèse de ces différentes études :
- Les chercheurs en dehors de l'Europe de l'Ouest sont plus susceptibles de croire au concept de race ;
- Les biologistes sont plus susceptibles que les anthropologues de croire au concept de race ;
- Les jeunes chercheurs sont plus susceptibles de croire au concept de race que ceux plus âgés, l'utilisation du terme « race » dans les études s'accroît, suggérant que cette croyance gagne du terrain dans le milieu académique ;
- Le seul endroit où il y existe un consensus sur la race est la Chine ; le consensus est que les races existent.
Dans un autre champ d'étude, les résultats prédictifs solides (entre 95 et 99% de force prédictive suivant les variables utilisées) que l'anthropologie forensique produit doivent être également soulignés - après les falsifications perpétrées par l'étron Stephen Jay Gould sur l'analyse des crânes de Morton, lequel, voyant des biais racistes partout comme un gros gauchiste complètement déclenché, s'est mis à volontairement faussé les mesures de Morton pour qu'elles collent à son idiosyncrasie de SJW : http://www.nytimes.com/20[...]6/14/science/14skull.html
Notons cependant qu'il faut relativiser cette puissance prédictive dès lors que méthodologiquement parlant, le postulat d'appartenance raciale semble être conditionnée moins par le squelette que par le lieu dans lequel on le retrouve. Je vous retrouverai le lien du blog d'anthropo en parlant.
Mais revenons à nos moutons. Qu'est-ce qu'un SNP ?
Le polymorphisme nucléotidique ou polymorphisme d'un seul nucléotide (SNP) est, en génétique, la variation (polymorphisme) d'une seule paire de bases du génome, entre individus d'une même espèce. Ces variations sont très fréquentes (environ une paire de bases sur deux mille dans le génome humain).
Les SNP sont des outils permettant d'identifier des génotypes à partir d'échantillons de matière organique, ou permettant de contribuer à la construction d'arbres généalogiques d'êtres vivants ou d'espèces (au moyen d'une méthode appelée la component analysis).
Les SNP définissent ils des groupes humains ? On peut tout d'abord se demander s'il existe des allèles spécifiques pour certaines populations, or la réponse est négative : presque tous les allèles sont présents dans chaque population. Dire cependant que nous partageons 99,9% de notre ADN en commun est une grosse bêtise : les chercheurs du projet génomique qui ont fait cette déclaration l'ont retiré par la suite - http://journals.plos.org/[...]1371/journal.pbio.0050254
Il reste néanmoins très probable que nous partagions 99% de notre ADN. Cela étant dit, nous partageons aussi 95/98% de notre ADN avec des chimpanzés, et pourtant il y a des grosses différences entre nous et eux.
Certains allèles sont-ils alors plus fréquents dans certains groupes humains ? C'est le cas pour 12% environ du total des SNP, observe aujourd'hui Elhaïk : ournals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0049837. Au total, 80 à 90% de la variation génétique est retrouvée à l'intérieur de chaque ensemble.
Telle a été la découverte de Lewontin en 1972. Lewontin a en effet trouvé qu'une plus petite part (6% à l'époque, le ratio ayant doublé depuis la plus récente étude parue sur le sujet en 2012) de la variance génétique totale du génome concernait les différences inter-populations qu'intra-population, dont le taux de variance était beaucoup plus grand. Que, par conséquent, il y avait une distance génétique plus grande entre deux individus intra-population qu'entre deux individus inter-populations ; et que, ainsi, le concept de race n'avait aucune validité. Nous reviendrons sur la conclusion ensuite. Un petit mot sur le concept de distance génétique.
La distance Fst mesure aujourd'hui la différenciation génétique des populations à l'échelle génomique suivant une approche polygénique ; elle se fonde sur le partitionnement génomique intra et inter population et est calculée comme le ratio entre la variabilité génétique entre les fréquences alléliques des populations sur la base des SNP computés et la somme des variances entre gamètes entre individus d'une seule population.
Imaginons la chose suivante : nous prenons au hasard deux animaux d'une même espèce, et nous regardons le degrés de variance allélique pour un gène spécifique. Il y aura une certaine probabilité, appelée « total d'hétérozygocité de l'espèce », que ces variations génétiques ne soient pas les mêmes. Maintenant, imaginons la même chose, mais avec deux individus choisis dans une même sous-population d'une même espèce. Cette fois-ci, la probabilité que leur variance génétique ne soit pas la même sera nommée le total d'hétérozygocité de la sous-population. Pour calculer une valeur Fst, on soustrait la somme de l'hétérozygocité de la sous-population à l'hétérozygocité totale, puis nous divisons le tout par l'hétérozygocité totale.
Fst = (Ht-Hs)/Ht
En d'autres termes, la valeur Fst nous dit dans quelle proportion exacte la probabilité de piocher différentes variances génétiques s'accroît selon qu'elles sont piochées au hasard dans l'espèce entière, ou selon qu'elles sont piochées dans la même sous-population. Actuellement, les généticiens ont abandonné l'approche univariante ne s'attachant qu'à analyser une petite somme de gènes rattachée à un seul locus, pour privilégier des analyses polygéniques et multi-locales. Or, Lewontin est resté sur cette approche simpliste et univariante, erreur statistique qui lui permit alors de conclure à la caducité du concept de race : "les races n'existent pas car puisqu'il y a plus de variations alléliques intra qu'inter-population, alors le concept de race devient caduque". Lewontin était par ailleurs ouvertement marxiste et communiste, donc avec un biais socio-constructiviste marqué.
Évidemment, il n'en fallait pas plus pour que toute la presse de l'époque, ainsi qu'énormément de philosophes (Machery et Faucher en 2005, Richardson en 2000, Andresen en 1998, Mallon en 2006, même Ned Block en 1995), tombent les deux pieds joints dans cette erreur statistique, la relaient et la fasse infuser dans les cerveaux des parents de nos parents (la génération boomers et celle de Mai 68), et donc des nôtres, confortés par le climat intellectuel français de l'époque, qui était farouchement socio-constructiviste, à tendance neo-marxiste. Il aura fallu attendre les explications de Mitton en 1977 et 1978 pour exposer cette grosse bêtise, ainsi que celle d'Edwards en 2003, mais c'était trop tard : le mal était déjà fait.
L'erreur de Lewontin est d'ordre statistique dans la mesure où elle n'est vraie que si et seulement si on examine la fréquence allélique entre des individus rapportée A UN SEUL LOCUS (https://fr.wikipedia.org/wiki/Locus),
approche Mendélienne que la génétique moléculaire a dépassé depuis longtemps dès lors qu'elle utilise des modèles polygéniques rapportées à une multiplicité de loci (à caractère quantitatifs de préférence). En réalité, Lewontin a oblitéré les effets d'agrégation des variables inter-groupes dans les fréquences alléliques situées dans une plus grande quantité de loci.
Bref, l'approche de Lewontin est beaucoup trop univariante pour être valide, et cela se sent quand il pose cette fausse question : "Combien de différence dans les fréquences des groupes sanguins A, B, AB et O est-ce que l'on requiert avant de décider qu'elles sont suffisamment nombreuses pour déclarer que que deux populations locales sont des "races" séparées ?". C'est que la question ne se pose pas dans ces termes : les races ne sont pas distinguables les unes des autres par une seule grosse différence exceptionnelle dans un seul trait, mais plutôt par la combinaison d'un nombre de différences légères ou modérées dans une multiplicité de traits. Si le concept de race devait scientifiquement survivre, alors ce serait dans le sens d'un essentialisme faible.
Contre Lewontin donc, peut-être que la classification raciale fondée sur un nombre de différences génétiques entre les populations puisse être robuste et fiable, malgré le fait que chaque variable génétique prise individuellement ne permette de prédire que très pauvrement d'une appartenance raciale (par exemple, dire qu'une personne est sub-saharienne parce qu'elle est noire, ou parce qu'elle a les cheveux crépus).
Un argument rationnel, cependant, peut-être émis pour relativiser cette découverte : "les races telles qu'entendues par les gens ne sont pas des groupes fondées sur des différences génétiques". Après tout en effet il se pourrait que des groupes humains hétérogènes, se regroupant en des clusters distincts fondés sur des similarités polyvariantes, ne correspondent toujours pas à la classification raciale instinctive du sens commun. C'est que ce soutenaient Pigliucci et Kaplan en 2003.
Cela s'est avéré faux : assez ironiquement d'ailleurs, les recherches en génétique des population avançaient tellement vite que leur article a été réfuté avant même qu'il ne soit publié. La réfutation est venue par l'étude de Rosenberg et al en 2002 dans son Genetic Structure of Human Population, publié dans Science : https://web.stanford.edu/[...]glab/papers/popstruct.pdf
Dans cette étude ce groupe de généticiens a montré qu'une analyse polygénique et multi-locales des génotypes de 1056 individus venant de 52 populations différentes permettait l'inférence d'une structure de 5 clusters génétiques dérivant de cette analyse de similarités génomiques, tous correspondant à des régions géographiques majeurs.
Deux entreprises de réfutation de ces résultats ont été déployées. Une par Bonham, qui considéraient que ces 5 clusters continuent de ne pas correspondre avec la représentation populaire des races, et une autre par Barbujani, qui considéraient que la race par rapport à laquelle un individu s'identifie ne correspondra pas au cluster génétique correspondant. Toutes deux en 2005, et contredites par une autre étude parue en Décembre de la même année, celle de Neil Risch : https://www.ncbi.nlm.nih.[...]/pmc/articles/PMC1196372/
Ce groupe de chercheurs a analysé les informations génétiques de 326 marqueurs microsatellites à même un échantillon de 3636 sujets des USA et de Taïwan. On a demandé à ces sujets de s'identifier parmi 4 groupes : blancs, afro-américains, asiatiques de l'est, Hispaniques. L'analyse génétique des informations produisit 4 clusters majeurs, dont la correspondance avec les 4 races par lesquelles les sujets se sont représentées est quasi-parfaite : on parle d'un score de coïncidence de 99,9%.
Risch conclut en disant que si l'on considère qu'aucune correspondance parfaite ne peut légitimer la base génétique du concept de race, alors il s'ensuit nécessairement que les distinctions entre "mâle" et "femelle" n'ont rien à voir non plus avec la génétique, puisque dans cette étude le taux de discordance entre le sexe auto-attribué et les marqueurs sur le chromosome X sont plus hauts que le taux de discordance entre la race auto-attribuée et l'appartenance au cluster génétique donné. Il ajoute : "les taux de correspondances entre les cluster génétiques et les races auto-attribuées sont extrêmement hauts : dans ce cas, il s'ensuit logiquement que les races auto-attribuées et les cluster génétiques sont de stricts synonymes."
La plus récente étude comparative entre clusters et races auto-référencées est celle conduite par Guo en 2015, et tombe sur les mêmes ratio :
In the Guo study, Whites in the US matched the “White” genetic cluster 99.4% and 99.5% of the time, Blacks matched “Black” 99.3% and 100% of the time, and East Asians matched “Non-South Asian” 97.7% and 93.71% of the time.
https://www.ncbi.nlm.nih.[...]/pmc/articles/PMC3951706/
Contre Lewontin, a fortiori, les analyses montrent que si elles sont menées à un degré polygénique et multi-local, alors, observe Whiterspoon et al en 2007, à la question : "à quelle fréquence apparaît il qu'une paire d'individus d'une population soit génétiquement plus dissemblable que deux individus choisis de deux différentes populations ?" il s'agit de répondre : jamais. https://www.ncbi.nlm.nih.[...]/pmc/articles/PMC1893020/
Évidemment ce post ne se veut absolument pas définitif et demande falsification et mise à l'épreuve.
Concrètement, le concept de race semble avoir connu une forme de réémergence scientifique, au grand dam des socio-constructivistes de tous poils qui multiplient les strawmen, les contorsions, les signalements vertueux et les injonctions à la novlangue pour éviter de donner à ce concept toute l'extension qui le caractérise aujourd'hui grâce aux récentes percées en génétique moléculaire, et tout particulièrement de l'étude des SNP.
Preuves pour les biologistes : http://www.krepublishers.[...]422-%20%8Atrkalj-G-Tt.pdf


Et pour les anthropologues : http://onlinelibrary.wile[...]433.2009.01076.x/abstract


Synthèse de ces différentes études :
- Les chercheurs en dehors de l'Europe de l'Ouest sont plus susceptibles de croire au concept de race ;
- Les biologistes sont plus susceptibles que les anthropologues de croire au concept de race ;
- Les jeunes chercheurs sont plus susceptibles de croire au concept de race que ceux plus âgés, l'utilisation du terme « race » dans les études s'accroît, suggérant que cette croyance gagne du terrain dans le milieu académique ;
- Le seul endroit où il y existe un consensus sur la race est la Chine ; le consensus est que les races existent.
Dans un autre champ d'étude, les résultats prédictifs solides (entre 95 et 99% de force prédictive suivant les variables utilisées) que l'anthropologie forensique produit doivent être également soulignés - après les falsifications perpétrées par l'étron Stephen Jay Gould sur l'analyse des crânes de Morton, lequel, voyant des biais racistes partout comme un gros gauchiste complètement déclenché, s'est mis à volontairement faussé les mesures de Morton pour qu'elles collent à son idiosyncrasie de SJW : http://www.nytimes.com/20[...]6/14/science/14skull.html
Notons cependant qu'il faut relativiser cette puissance prédictive dès lors que méthodologiquement parlant, le postulat d'appartenance raciale semble être conditionnée moins par le squelette que par le lieu dans lequel on le retrouve. Je vous retrouverai le lien du blog d'anthropo en parlant.
Mais revenons à nos moutons. Qu'est-ce qu'un SNP ?
Le polymorphisme nucléotidique ou polymorphisme d'un seul nucléotide (SNP) est, en génétique, la variation (polymorphisme) d'une seule paire de bases du génome, entre individus d'une même espèce. Ces variations sont très fréquentes (environ une paire de bases sur deux mille dans le génome humain).
Les SNP sont des outils permettant d'identifier des génotypes à partir d'échantillons de matière organique, ou permettant de contribuer à la construction d'arbres généalogiques d'êtres vivants ou d'espèces (au moyen d'une méthode appelée la component analysis).
Les SNP définissent ils des groupes humains ? On peut tout d'abord se demander s'il existe des allèles spécifiques pour certaines populations, or la réponse est négative : presque tous les allèles sont présents dans chaque population. Dire cependant que nous partageons 99,9% de notre ADN en commun est une grosse bêtise : les chercheurs du projet génomique qui ont fait cette déclaration l'ont retiré par la suite - http://journals.plos.org/[...]1371/journal.pbio.0050254
Il reste néanmoins très probable que nous partagions 99% de notre ADN. Cela étant dit, nous partageons aussi 95/98% de notre ADN avec des chimpanzés, et pourtant il y a des grosses différences entre nous et eux.
Certains allèles sont-ils alors plus fréquents dans certains groupes humains ? C'est le cas pour 12% environ du total des SNP, observe aujourd'hui Elhaïk : ournals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0049837. Au total, 80 à 90% de la variation génétique est retrouvée à l'intérieur de chaque ensemble.
Telle a été la découverte de Lewontin en 1972. Lewontin a en effet trouvé qu'une plus petite part (6% à l'époque, le ratio ayant doublé depuis la plus récente étude parue sur le sujet en 2012) de la variance génétique totale du génome concernait les différences inter-populations qu'intra-population, dont le taux de variance était beaucoup plus grand. Que, par conséquent, il y avait une distance génétique plus grande entre deux individus intra-population qu'entre deux individus inter-populations ; et que, ainsi, le concept de race n'avait aucune validité. Nous reviendrons sur la conclusion ensuite. Un petit mot sur le concept de distance génétique.
La distance Fst mesure aujourd'hui la différenciation génétique des populations à l'échelle génomique suivant une approche polygénique ; elle se fonde sur le partitionnement génomique intra et inter population et est calculée comme le ratio entre la variabilité génétique entre les fréquences alléliques des populations sur la base des SNP computés et la somme des variances entre gamètes entre individus d'une seule population.
Imaginons la chose suivante : nous prenons au hasard deux animaux d'une même espèce, et nous regardons le degrés de variance allélique pour un gène spécifique. Il y aura une certaine probabilité, appelée « total d'hétérozygocité de l'espèce », que ces variations génétiques ne soient pas les mêmes. Maintenant, imaginons la même chose, mais avec deux individus choisis dans une même sous-population d'une même espèce. Cette fois-ci, la probabilité que leur variance génétique ne soit pas la même sera nommée le total d'hétérozygocité de la sous-population. Pour calculer une valeur Fst, on soustrait la somme de l'hétérozygocité de la sous-population à l'hétérozygocité totale, puis nous divisons le tout par l'hétérozygocité totale.
Fst = (Ht-Hs)/Ht
En d'autres termes, la valeur Fst nous dit dans quelle proportion exacte la probabilité de piocher différentes variances génétiques s'accroît selon qu'elles sont piochées au hasard dans l'espèce entière, ou selon qu'elles sont piochées dans la même sous-population. Actuellement, les généticiens ont abandonné l'approche univariante ne s'attachant qu'à analyser une petite somme de gènes rattachée à un seul locus, pour privilégier des analyses polygéniques et multi-locales. Or, Lewontin est resté sur cette approche simpliste et univariante, erreur statistique qui lui permit alors de conclure à la caducité du concept de race : "les races n'existent pas car puisqu'il y a plus de variations alléliques intra qu'inter-population, alors le concept de race devient caduque". Lewontin était par ailleurs ouvertement marxiste et communiste, donc avec un biais socio-constructiviste marqué.
Évidemment, il n'en fallait pas plus pour que toute la presse de l'époque, ainsi qu'énormément de philosophes (Machery et Faucher en 2005, Richardson en 2000, Andresen en 1998, Mallon en 2006, même Ned Block en 1995), tombent les deux pieds joints dans cette erreur statistique, la relaient et la fasse infuser dans les cerveaux des parents de nos parents (la génération boomers et celle de Mai 68), et donc des nôtres, confortés par le climat intellectuel français de l'époque, qui était farouchement socio-constructiviste, à tendance neo-marxiste. Il aura fallu attendre les explications de Mitton en 1977 et 1978 pour exposer cette grosse bêtise, ainsi que celle d'Edwards en 2003, mais c'était trop tard : le mal était déjà fait.
L'erreur de Lewontin est d'ordre statistique dans la mesure où elle n'est vraie que si et seulement si on examine la fréquence allélique entre des individus rapportée A UN SEUL LOCUS (https://fr.wikipedia.org/wiki/Locus),
Bref, l'approche de Lewontin est beaucoup trop univariante pour être valide, et cela se sent quand il pose cette fausse question : "Combien de différence dans les fréquences des groupes sanguins A, B, AB et O est-ce que l'on requiert avant de décider qu'elles sont suffisamment nombreuses pour déclarer que que deux populations locales sont des "races" séparées ?". C'est que la question ne se pose pas dans ces termes : les races ne sont pas distinguables les unes des autres par une seule grosse différence exceptionnelle dans un seul trait, mais plutôt par la combinaison d'un nombre de différences légères ou modérées dans une multiplicité de traits. Si le concept de race devait scientifiquement survivre, alors ce serait dans le sens d'un essentialisme faible.
Contre Lewontin donc, peut-être que la classification raciale fondée sur un nombre de différences génétiques entre les populations puisse être robuste et fiable, malgré le fait que chaque variable génétique prise individuellement ne permette de prédire que très pauvrement d'une appartenance raciale (par exemple, dire qu'une personne est sub-saharienne parce qu'elle est noire, ou parce qu'elle a les cheveux crépus).
Un argument rationnel, cependant, peut-être émis pour relativiser cette découverte : "les races telles qu'entendues par les gens ne sont pas des groupes fondées sur des différences génétiques". Après tout en effet il se pourrait que des groupes humains hétérogènes, se regroupant en des clusters distincts fondés sur des similarités polyvariantes, ne correspondent toujours pas à la classification raciale instinctive du sens commun. C'est que ce soutenaient Pigliucci et Kaplan en 2003.
Cela s'est avéré faux : assez ironiquement d'ailleurs, les recherches en génétique des population avançaient tellement vite que leur article a été réfuté avant même qu'il ne soit publié. La réfutation est venue par l'étude de Rosenberg et al en 2002 dans son Genetic Structure of Human Population, publié dans Science : https://web.stanford.edu/[...]glab/papers/popstruct.pdf
Dans cette étude ce groupe de généticiens a montré qu'une analyse polygénique et multi-locales des génotypes de 1056 individus venant de 52 populations différentes permettait l'inférence d'une structure de 5 clusters génétiques dérivant de cette analyse de similarités génomiques, tous correspondant à des régions géographiques majeurs.
Deux entreprises de réfutation de ces résultats ont été déployées. Une par Bonham, qui considéraient que ces 5 clusters continuent de ne pas correspondre avec la représentation populaire des races, et une autre par Barbujani, qui considéraient que la race par rapport à laquelle un individu s'identifie ne correspondra pas au cluster génétique correspondant. Toutes deux en 2005, et contredites par une autre étude parue en Décembre de la même année, celle de Neil Risch : https://www.ncbi.nlm.nih.[...]/pmc/articles/PMC1196372/
Ce groupe de chercheurs a analysé les informations génétiques de 326 marqueurs microsatellites à même un échantillon de 3636 sujets des USA et de Taïwan. On a demandé à ces sujets de s'identifier parmi 4 groupes : blancs, afro-américains, asiatiques de l'est, Hispaniques. L'analyse génétique des informations produisit 4 clusters majeurs, dont la correspondance avec les 4 races par lesquelles les sujets se sont représentées est quasi-parfaite : on parle d'un score de coïncidence de 99,9%.
Risch conclut en disant que si l'on considère qu'aucune correspondance parfaite ne peut légitimer la base génétique du concept de race, alors il s'ensuit nécessairement que les distinctions entre "mâle" et "femelle" n'ont rien à voir non plus avec la génétique, puisque dans cette étude le taux de discordance entre le sexe auto-attribué et les marqueurs sur le chromosome X sont plus hauts que le taux de discordance entre la race auto-attribuée et l'appartenance au cluster génétique donné. Il ajoute : "les taux de correspondances entre les cluster génétiques et les races auto-attribuées sont extrêmement hauts : dans ce cas, il s'ensuit logiquement que les races auto-attribuées et les cluster génétiques sont de stricts synonymes."
La plus récente étude comparative entre clusters et races auto-référencées est celle conduite par Guo en 2015, et tombe sur les mêmes ratio :
In the Guo study, Whites in the US matched the “White” genetic cluster 99.4% and 99.5% of the time, Blacks matched “Black” 99.3% and 100% of the time, and East Asians matched “Non-South Asian” 97.7% and 93.71% of the time.
https://www.ncbi.nlm.nih.[...]/pmc/articles/PMC3951706/
Contre Lewontin, a fortiori, les analyses montrent que si elles sont menées à un degré polygénique et multi-local, alors, observe Whiterspoon et al en 2007, à la question : "à quelle fréquence apparaît il qu'une paire d'individus d'une population soit génétiquement plus dissemblable que deux individus choisis de deux différentes populations ?" il s'agit de répondre : jamais. https://www.ncbi.nlm.nih.[...]/pmc/articles/PMC1893020/
Évidemment ce post ne se veut absolument pas définitif et demande falsification et mise à l'épreuve.



