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Eux, ce sont les « maudou », les dealers de galettes de crack. Le mot serait la contraction de Mamadou. Un surnom péjoratif pour désigner ces détaillants presque tous africains. Plus vraisemblablement maudou viendrait du wolof, une langue d’Afrique de l’Ouest, et signifie au bled un émigré. Leur monde souterrain est hermétique à celui des dealers de Sken’ City. L’un est noir, l’autre métissé. Les premiers sont dans des réseaux de trafic de cocaïne (la matière première pour faire du crack). Les seconds font de la petite contrebande de médicaments. Les deux groupes se méfient l’un de l’autre. On ne compte plus les histoires de maudous qui détroussent leurs clients ou qui les agressent.
A peine Momo a-t-il posé un orteil sur le sol du carrefour souterrain que les maudous le tchippent ou s’approchent pour passer un bras sur son épaule. L’échange s’effectue en une minute à peine. Le dealer sort de sa bouche une petite galette de crack, savamment enveloppé dans un papier plastique hermétique. Momo la récupère contre 15 euros, puis se la fourre dans la bouche à son tour. « Si les flics nous tombent dessus, il suffit d’avaler et, hop, plus rien », décrypte-t-il.