>>Jean-Serviette


Il y aura d'un côté les ultra-riches, constituant un groupe de 20 millions de personnes à travers le monde, et de l'autre les pauvres.
Les ultra-riches :
Ils se déplacent en avion de capitale en capitale.
Les capitales sont toutes protégées par un mur de 20 mètres de haut et de 10 mètres d'épaisseur. Ces frontières sont gardées par des drones de surveillance et des tourelles automatiques.
Il n'y a aucune porte, aucun pauvre ne peut y entrer. Les marchandises sont acheminées par des capsules propulsées dans des tubes passant sous les murs.
Leurs destinations de vacances sont les îles paradisiaques, vidées de leurs habitants, après un "déluge" qui les aurait tous tués.
Grâce aux progrès dans le domaine du transhumanisme, il y a des inégalités physiques entre les pauvres et les riches.
Les riches courent plus vite, sautent plus haut, ont plus de force, voient plus loin, calculent plus vite et vivent plus longtemps.
Ils n'ont plus besoin de gardes du corps.
Les pauvres :
Les pauvres vivent à l'extérieur des capitales, ils se divisent en trois catégories :
Les ultra-connectés : Ils sont 24h/24 connectés.
Ils ne voient plus le monde réel, ils sont plongés dans un univers parallèle et virtuel. C'est un paradis artificiel.
Ils ne savent plus si ils existent.
Dans le monde réel, ils habitent dans des immeubles sans fenêtres, chacun a son appartement de 20m².
Ce sont eux qui ont volontairement achetés la machine qui les asservissent aujourd'hui, pour échapper à l'oppression sociale.
Ils sont équipés d'un casque totalement sphérique s'arrêtant au cou. Ce casque permet de simuler les images, les odeurs, le goût, les bruits, le toucher.
Ils sont à l'intérieur d'une sphère gyroscopique, qui simule l'équilibre et qui permet d'entretenir leur corps.
Un système de ventilation permet de nourrir les ultra-connectés d'un gaz nutritif qui rentre dans les pores de la peau. Ils expulsent ce qu'ils ont consommés par transpiration, et ceci est rejeté en dehors des immeubles.
Des drones-concierges entretiennent les appartements et des drones-mécaniciens entretiennent les bâtiments.
Ils pensent jouir éternellement de biens, de plaisirs et d'expériences. En réalité, ils servent de force de calcul pour crypter des données, rendre le système de surveillance plus performant, fluidifier l'économie et faire pression sur le reste de la population pauvre, qui n'a pas envie d'être dans leur situation.
Les connectés :
Ils ne travaillent que dans le tertiaire, dans des bureaux.
Ils travaillent environ 15 heures par semaine, le plus gros de leur travail consiste à assurer les transactions des marchandises, à protéger le patrimoine et à appliquer une législation de plus en plus complexe.
Ils sont liés par des contrats, des clauses, des assurances, des garanties, des abonnements, des taxes...
Leur métier et leurs revenus dépendent de compagnies immenses dont leur siège social se trouve dans les capitales.
Ils font leurs courses dans des magasins gérés par des machines.
Quand ils sortent d'un magasin, ils paient automatiquement en passant par un portique qui va scanner leurs produits et leurs avants bras, dans lesquels sont implantés des puces RFID.
Ils passent le reste de leur temps libre à regarder des séries, des films, des émissions TV, jouer aux jeux vidéos et écouter de la musique.
Oppressés par les médias, la plupart des hommes et femmes vont en salle de sport pour être les plus attrayants possible. Les plus belles et les plus beaux sont invités à la capitale, et deviennent les êtres sexuels de compagnie des ultra-riches.
Les faux-connectés
En apparence, ils vivent comme les connectés.
Mais en réalité, ils cherchent à fuir cette matrice. Ils pourraient très bien s'enfuir vers des terres délaissées par cette "civilisation", mais le problème est qu'ils ne savent plus vivre comme des hommes. Ils ne savent pas comment faire pousser des légumes, fabriquer des outils, bâtir des maisons, organiser une société avec ses propres lois.
Alors ils doivent apprendre tout ça sans attirer l'attention. Ils forment une communauté secrète qui ne communique que par courriers, transportés par des messagers.
Ils ont dans leurs machines des logiciels simulant une activité de connecté, pour faire croire qu'ils continuent à consommer des médias et des biens virtuels. Dans la base de donnée, ils sont "normaux".
Pour apprendre, ils piratent des vieux livres quasiment introuvables. Lire un livre sur le jardinage n'est pas illégal, mais c'est une activité suspecte, bizarre. Alors ils ne parlent de ces choses là qu'entre membres de la communauté, à l'abri de toute surveillance.


Les ultra-riches :