Chapitre Un : Le Discours
Kooper était attablé au Kebab Paradise, devenu Q.G de l'Escadron et réservé pour l'occasion, en compagnie d'une quinzaine de membres. Ces deux dernières années, de telles réunions s'étaient multipliées, les liens entre les membres renforcés. La portée de l'organisation noeliste s'était étendue à travers l'Internet et avait à certaines occasions eu droit à son « buzz ». A cette heure, Naybu et PoulpeDeNoel pensaient qu'il était temps pour l'Escadron Noeliste de s'ancrer dans le réel, il avait donc été décidé de cette réunion en compagnie des membres les plus influents et de la modération d'Avenoel pour discuter du futur de leurs actions. Kooper, devenu modérateur du forum, était fort apprécié par les partisans noelistes pour son implication systématique aux raids et autres actions et événements de l'E.N. Il venait d'obtenir son bac avec succès et ne pensait pas reprendre ses études dès cette année, il avait donc du temps à consacrer aux entreprises noelistes.
Pour le moment, à la table l'heure était à la rigolade, on plaisantait gaiement, entonnait des hymnes noelistes et évoquait d'heureux souvenirs. Kooper, Chickensauce et Jean-FBI riaient à gorges déployées, Poulpe et Naybu se laissait prendre de nostalgie en évoquant les souvenirs d'anciens membres, Kawotiz et Vindictis se racontaient des blagues grivoises, ElectrozeZ, Totonico et NMU discutaient avec plus de sérieux... Lorsque soudainement un éclat de porte contre le mur vint perturber les harmonieux babils de la troupe. Kooper se retourna et aperçut la jeune fille. Elle bafouilla quelques mots d'excuse pour le bruit et prit place à la gauche de Kooper. Son regard croisa celui de son voisin et sur le visage de la jeune fille se vit dessiner un sourire. Non un de ceux que l'on se sent obligé d'adresser à une vague connaissance que l'on salue dans la rue, à la caissière en lui souhaitant une bonne journée ou même ces sourires semi-automatiques que l'on esquisse lors d'une conversation avec un proche, pour faire mine d'attentif auditeur à ses ineptes jacassements. Ce sourire était de ceux que l'on ne pouvait réprimer, dans des instants de bonheur béat où n'avaient cours que les pensées de nos exaltations sentimentales. Kooper était médusé. Il n'était à cet instant plus qu'une simple coquille vide, lorsque la voix de Naybu retentit à travers la salle. Il se ressaisit. Il se mit à écouter les premiers mots de Naybu lorsque son esprit repartit à la dérive et son regard se plongea dans le vide. Il n'osait tourner la tête vers la gauche mais ses pensées étaient toutes dirigées vers elle. Aithéria et lui étaient devenus durant ces deux années de discussion, rires et joie de proches amis, et Kooper ne savait que trop bien qu'il y avait entre eux d'inextricables ambiguïtés. Puis une pensée-éclair le saisit, qu'était-il bête d'être ainsi tourmenté par un rictus sur le faciès d'une demoiselle ! Son regard se redirigea vers Naybu, toujours déclamant son discours :
- ??? bien, venons en maintenant aux faits. L'Escadron Noeliste a maintnenant plus de deux ans, est fort d'un nombre considérable de membres que l'on pourrait évaluer à près de trois cents fidèles affiliés, et nous disposons d'une certaine audience. Il est temps d'employer les armes dont nous disposons à leur capacité maximale !
Poulpe se leva pour prendre la parole :
- Camarades ! Nous devons frapper un grand coup, le capital nous asservit et l'abrutissement général s'aggrave de jour en jour, et ce à travers toutes les couches de la société. Nous devons lutter !
Naybu reprit sa place d'orateur :
- Nous allons devoir prendre les armes. Nous serons les martyrs de la pensée. Mes frères, avec le camarade Poulpe nous avons déniché une potentielle cible. Avant de vous annoncer notre plan, nous voudrions être certains que chacun d'entre-nous ira jusqu'au bout de la mission. Y aurait-il des désistements ? N'ayez pas peur, nous ne vous en voudrons pas !
Un ange passa, personne ne broncha. Poulpe embraya :
- Notre première cible, et le mot « première » a de son importance, sera la télé-réalité. Nous allons nous attaquer aux studios de production de Secret-Story durant le tournage de l'émission. Nous vous transmettrons des détails quant aux avancées de l'opération ultérieurement par voie postale, une des seules voies de communication par laquelle nous ne sommes pas espionnés, dit-il en riant.
- Bien, sur ce, bonne bouffe ! lança Naybu. Valyrian nous rejoindra plus tard sur les rives de la Seine. Xooda ne pourra aujourd'hui malheureusement pas se joindre à nous.
Et chacun parla avec enthousiasme, peur ou rires de la prochaine opération tout en dégustant un délicieux sandwich turc. Kooper se tourna vers Aithéria et crut y lire une détermination des plus totales. Il lui demanda si elle souhaitait un kebab ; la jeune fille répondit par l'affirmative. Tandis qu'ils mangeaient la conversation se faisait, ils se faisaient confidents, parlaient de leur trajet jusqu'au kebab, conversaient de choses légères, quand fut abordé la question de l'attaque de Secret Story.
- Tu es déterminée, n'est-ce pas ?
- Absolument.
- Aithéria...
- Mais non, il ne m'arrivera rien, roh ! Tu as peur de quoi ? Que je me meurs étouffée sous les implants mammaires de Kévina ?
Ils se mirent à rire lorsque Naybu proposa que l'on sorte du kebab retrouver Valyrian.
Kooper était attablé au Kebab Paradise, devenu Q.G de l'Escadron et réservé pour l'occasion, en compagnie d'une quinzaine de membres. Ces deux dernières années, de telles réunions s'étaient multipliées, les liens entre les membres renforcés. La portée de l'organisation noeliste s'était étendue à travers l'Internet et avait à certaines occasions eu droit à son « buzz ». A cette heure, Naybu et PoulpeDeNoel pensaient qu'il était temps pour l'Escadron Noeliste de s'ancrer dans le réel, il avait donc été décidé de cette réunion en compagnie des membres les plus influents et de la modération d'Avenoel pour discuter du futur de leurs actions. Kooper, devenu modérateur du forum, était fort apprécié par les partisans noelistes pour son implication systématique aux raids et autres actions et événements de l'E.N. Il venait d'obtenir son bac avec succès et ne pensait pas reprendre ses études dès cette année, il avait donc du temps à consacrer aux entreprises noelistes.
Pour le moment, à la table l'heure était à la rigolade, on plaisantait gaiement, entonnait des hymnes noelistes et évoquait d'heureux souvenirs. Kooper, Chickensauce et Jean-FBI riaient à gorges déployées, Poulpe et Naybu se laissait prendre de nostalgie en évoquant les souvenirs d'anciens membres, Kawotiz et Vindictis se racontaient des blagues grivoises, ElectrozeZ, Totonico et NMU discutaient avec plus de sérieux... Lorsque soudainement un éclat de porte contre le mur vint perturber les harmonieux babils de la troupe. Kooper se retourna et aperçut la jeune fille. Elle bafouilla quelques mots d'excuse pour le bruit et prit place à la gauche de Kooper. Son regard croisa celui de son voisin et sur le visage de la jeune fille se vit dessiner un sourire. Non un de ceux que l'on se sent obligé d'adresser à une vague connaissance que l'on salue dans la rue, à la caissière en lui souhaitant une bonne journée ou même ces sourires semi-automatiques que l'on esquisse lors d'une conversation avec un proche, pour faire mine d'attentif auditeur à ses ineptes jacassements. Ce sourire était de ceux que l'on ne pouvait réprimer, dans des instants de bonheur béat où n'avaient cours que les pensées de nos exaltations sentimentales. Kooper était médusé. Il n'était à cet instant plus qu'une simple coquille vide, lorsque la voix de Naybu retentit à travers la salle. Il se ressaisit. Il se mit à écouter les premiers mots de Naybu lorsque son esprit repartit à la dérive et son regard se plongea dans le vide. Il n'osait tourner la tête vers la gauche mais ses pensées étaient toutes dirigées vers elle. Aithéria et lui étaient devenus durant ces deux années de discussion, rires et joie de proches amis, et Kooper ne savait que trop bien qu'il y avait entre eux d'inextricables ambiguïtés. Puis une pensée-éclair le saisit, qu'était-il bête d'être ainsi tourmenté par un rictus sur le faciès d'une demoiselle ! Son regard se redirigea vers Naybu, toujours déclamant son discours :
- ??? bien, venons en maintenant aux faits. L'Escadron Noeliste a maintnenant plus de deux ans, est fort d'un nombre considérable de membres que l'on pourrait évaluer à près de trois cents fidèles affiliés, et nous disposons d'une certaine audience. Il est temps d'employer les armes dont nous disposons à leur capacité maximale !
Poulpe se leva pour prendre la parole :
- Camarades ! Nous devons frapper un grand coup, le capital nous asservit et l'abrutissement général s'aggrave de jour en jour, et ce à travers toutes les couches de la société. Nous devons lutter !
Naybu reprit sa place d'orateur :
- Nous allons devoir prendre les armes. Nous serons les martyrs de la pensée. Mes frères, avec le camarade Poulpe nous avons déniché une potentielle cible. Avant de vous annoncer notre plan, nous voudrions être certains que chacun d'entre-nous ira jusqu'au bout de la mission. Y aurait-il des désistements ? N'ayez pas peur, nous ne vous en voudrons pas !
Un ange passa, personne ne broncha. Poulpe embraya :
- Notre première cible, et le mot « première » a de son importance, sera la télé-réalité. Nous allons nous attaquer aux studios de production de Secret-Story durant le tournage de l'émission. Nous vous transmettrons des détails quant aux avancées de l'opération ultérieurement par voie postale, une des seules voies de communication par laquelle nous ne sommes pas espionnés, dit-il en riant.
- Bien, sur ce, bonne bouffe ! lança Naybu. Valyrian nous rejoindra plus tard sur les rives de la Seine. Xooda ne pourra aujourd'hui malheureusement pas se joindre à nous.
Et chacun parla avec enthousiasme, peur ou rires de la prochaine opération tout en dégustant un délicieux sandwich turc. Kooper se tourna vers Aithéria et crut y lire une détermination des plus totales. Il lui demanda si elle souhaitait un kebab ; la jeune fille répondit par l'affirmative. Tandis qu'ils mangeaient la conversation se faisait, ils se faisaient confidents, parlaient de leur trajet jusqu'au kebab, conversaient de choses légères, quand fut abordé la question de l'attaque de Secret Story.
- Tu es déterminée, n'est-ce pas ?
- Absolument.
- Aithéria...
- Mais non, il ne m'arrivera rien, roh ! Tu as peur de quoi ? Que je me meurs étouffée sous les implants mammaires de Kévina ?
Ils se mirent à rire lorsque Naybu proposa que l'on sorte du kebab retrouver Valyrian.