Par Etienne Gilson:
"L’athéisme d'inattention n'est pas réservé aux mondains et au commun des hommes. Reportons-nous au passage d'Ecce Homo sur lequel nous avons déjà porté notre attention: "Dieu, immortalité de l'âme, rédemption, délivrance, autant d'idées auxquelles je n'ai jamais consacré ni mon attention ni mon temps. Même dans me tendre jeunesse. Je n'ai peut-être jamais été assez enfant pour le faire ? Je ne saurais voir dans l'athéisme un résultat, un événement: il est chez moi instinct naturel." Une question plus importante à ses yeux que celle du salut de l'homme, chère aux théologiens, est le régime alimentaire. Que faut-il manger pour être fort et bien portant ? Après avoir relaté des expériences culinaires plutôt malheureuses, il conclut que "le meilleure cuisine est celle du Piémont." On ne veut pas le nier, mais c'est reléguer la question de l'existence de Dieu assez bas sur l'échelle des soucis intellectuels. On prononce le mot Dieu devant Nietzsche, pense-t-on qu'il va s’interroger sur son existence ? Nullement. "Je suis trop curieux," dit-il "trop sceptique, trop hautain pour accepter une réponse grossière, une goujaterie à l'égard du penseur. Ce n'est même, au fond, qu'une grossière interdiction à notre endroit: Défense de Penser".
Si telle est la réponse spontanée d'un esprit tel que Nietzsche à la question que pose le mot Dieu, on imagine facilement combien superficiel est l’athéisme de nombreux athées. Je ne prétends pas savoir ce que pensent la majorité d'entre eux, les statistiques font défauts en ces matières, mais pour que la description de l'athéisme des Grands du royaume tels que les a vus La Bruyère, corresponde si bien à celle que Nietzsche donne de son propre athéisme, en un temps et lieu si différent de la cour de Louis XIV, il faut que le type en soit assez répandu. Les uns n'y pensent pas, les autres entrent en une révolte indignée dès qu'on leur en parle, on ne voit rien dans tout cela qui démente la parole de La Bruyère. Qu'il soit possible ou non de prouver que Dieu n'est pas, on ne peut attendre d'aucun de ces athées qu'il le fasse. Si cela ne suffit pas à nous découvrir son existence, c'en est assez peut-être pour suggérer qu'il n'existe pas de raisons philosophiques invincibles de la nier."
- L'athéisme Difficile.
J'ai encore une fois réécris tout
J'arrive à la moitié du livre 
"L’athéisme d'inattention n'est pas réservé aux mondains et au commun des hommes. Reportons-nous au passage d'Ecce Homo sur lequel nous avons déjà porté notre attention: "Dieu, immortalité de l'âme, rédemption, délivrance, autant d'idées auxquelles je n'ai jamais consacré ni mon attention ni mon temps. Même dans me tendre jeunesse. Je n'ai peut-être jamais été assez enfant pour le faire ? Je ne saurais voir dans l'athéisme un résultat, un événement: il est chez moi instinct naturel." Une question plus importante à ses yeux que celle du salut de l'homme, chère aux théologiens, est le régime alimentaire. Que faut-il manger pour être fort et bien portant ? Après avoir relaté des expériences culinaires plutôt malheureuses, il conclut que "le meilleure cuisine est celle du Piémont." On ne veut pas le nier, mais c'est reléguer la question de l'existence de Dieu assez bas sur l'échelle des soucis intellectuels. On prononce le mot Dieu devant Nietzsche, pense-t-on qu'il va s’interroger sur son existence ? Nullement. "Je suis trop curieux," dit-il "trop sceptique, trop hautain pour accepter une réponse grossière, une goujaterie à l'égard du penseur. Ce n'est même, au fond, qu'une grossière interdiction à notre endroit: Défense de Penser".
Si telle est la réponse spontanée d'un esprit tel que Nietzsche à la question que pose le mot Dieu, on imagine facilement combien superficiel est l’athéisme de nombreux athées. Je ne prétends pas savoir ce que pensent la majorité d'entre eux, les statistiques font défauts en ces matières, mais pour que la description de l'athéisme des Grands du royaume tels que les a vus La Bruyère, corresponde si bien à celle que Nietzsche donne de son propre athéisme, en un temps et lieu si différent de la cour de Louis XIV, il faut que le type en soit assez répandu. Les uns n'y pensent pas, les autres entrent en une révolte indignée dès qu'on leur en parle, on ne voit rien dans tout cela qui démente la parole de La Bruyère. Qu'il soit possible ou non de prouver que Dieu n'est pas, on ne peut attendre d'aucun de ces athées qu'il le fasse. Si cela ne suffit pas à nous découvrir son existence, c'en est assez peut-être pour suggérer qu'il n'existe pas de raisons philosophiques invincibles de la nier."
- L'athéisme Difficile.
J'ai encore une fois réécris tout
J'arrive à la moitié du livre 