Chapitre 3 : Les allemands
Il avait marché tout en boitant en direction de ses camarades. Il était épuisé, l'assaut d'aujourd'hui avait été particulièrement long. Un fusil sans munitions, un bandage à la jambe. Ca fera une belle histoire à raconter aux copains ! Seulement s'il serais pris au sérieux, il y avait peu de chance que quelqu'un, quel qu'il soit, croient à une épopée pareille. Au moins, il était en vie, et ça le satisfaisait amplement après une telle bataille. Il avait désormais rejoin ses compagnons d'armes, qui étaient venus pour le prendre par les épaules. Ils pouvaient marcher à découvert, un épais brouillard empêchait toute visibilité. Après une longue marche, ils rejoignirent enfin leurs tranchées.
Wulf était accompagné de deux de ses amis : Dietritch et Franz
Wulf avait les cheveux blond et les yeux bleus. Il vivait en Alsace-Lorraine, avant la guerre. Dietrich, quant à lui, avait les cheveux châtins et les yeux bruns. Il était venu participer à la guerre par patriotisme. "On les auras ces bouffeurs de grenouille !" qu'il disait en rigolant. Et Franz ... hé bien, on ne sait pas grand chose de Franz, si ce n'est qu'il ai eût une enfance difficile à Berlin. Il était connu dans le réseau(1) pour avoir fait éxploser un char anglais en jettant une grenade à l'intérieur du blindé.
Franz et Dietrich aidaient wulf à marcher jusqu'a ce qu'ils atteignirent le dortoir. Wulf se dit qu'après un petit Würfel(2) et une cigarette, ils leur raconterais l'histoire. Franz se leva et dit alors qu'il partait faire quelque chose, et s'en alla en faisant un signe à ses compagnons. Dietritch fit de même, et revint cinq minutes plus tard avec du bouillon de boeuf et un paquet de cigarette. Après qu'ils eût mangés, ils sortirent tout les deux une cigarette du paquet qu'ils allumèrent. Wulf raconta alors don histoire à son ami, en lachant parfois des petits nuages de fumée. Dietritch n'en revenait pas.
-Des français, tu dis ? S'enquit Dietritch.
-Oui. Répondit avec indifférence son compagnon. Deux français m'ont soigné. Je n'ai pas bien compris ce qu'ils disaient, mais l'un avait l'air plutôt compatissant tandis que l'autre s'énervait à tout bout de champ.
Un silence plana pendant quelques secondes. Wulf termina sa cigarette qu'il écrasa dans sa conserve tout en lâchant un dernier flot de fumée grisâtre. Dietritch portait son regard dans le vide. Il réfléchissait.
-Ils peut être pas si méchants que ça, finallement. Dit-il enfin.
-Hm, n'oublie pas qu'ils ne sont pas tous comme ça. Si son coéquipier me revoit, il serait capable de me tuer d'une balle dans la tête. Répondit Wulf avec assurance.
-Pas tant que je serais là. Tu te rapelle quand ces imbéciles patriotiques étaient haut en couleur, en 14 (2) ? Fit Dietritch d'un ton plaisantin.
Cette pensée les fit rire à gorge déployée.
-Oui, oui ! C'est vrai ! On pouvait les voir à des kilomètres. Dit Wulf en rigolant.
Ces mots les firent rire de nouveau. Il était 21h, et le temps commençais à se refroidir. Wulf et Dietritch sortirent dehors pour prendre un peu l'air. Wulf était en béquilles, et Dietritch l'aidait de temps en temps pour le rattraper ou pour éviter que son ami ne tombe à terre.
Ils profitaient du grand air pour parler du bon vieux temps. L'alsace-Lorraine manquait à Wulf. Il n'avait personne à part sa famille. Les histoires de coeur n'étaient pas sa tasse de thé. Et même s'il s'en sortait vivant, il ne les reverrait sans doute jamais. Il avait déjà déçu ses parents deux fois et sa soeur ne voulait plus lui parler depuis ... quoi ? 5 ans ? Dietrich, lui ... hé bien il menait sa vie comme il l'entendait. Ses parents étaient morts et il était assé à autre chose. Il était fils unique, après tout, et ça lui plaisait.
Les deux compatriotes se racontaient chacuns leurs anécdottes passés, de leur enfance jusqu'a l'âge adulte, en passant par l'adolécence et pour finir, la guerre.
-Et tes parents alors ? Ils ne veulent pas te parler ? Demanda avec curiosité son camarade.
-Non, répondit Wulf dans un soupir. Je les ai déçus deux fois. La première c'est quand j'avait pris le camion de la ferme et que j'avait, sans faire éxprès, détruit une partie de notre enclos à vaches.
Cette pensée lui aracha un petit rictus du coin des lèvres.
-Tu aurais dû voir ça ! C'était grandiose ! On à mis deux jours à rassembler tout le troupeau.
-Et ... la deuxième ? Renchérit Dietritch.
Wulf se bloqua quelques instants. Il pris une grande inspiration, se racla la gorge puis se lança.
-Je ... Je suis tombée amoureux d'une française. Elle s'apellait Marie. Vois-tu, mes parents était très insistants sur ce point. "Tu te mariera avec une allemande, un point c'est tout !" Me disait ma mère. Lorsque je l'ai présentée à mes parents, je pensaient qu'ils allaient êtres plus compréhensifs que ça ...
-Oh ... Et ... Hm, qu'ont-ils fait ? Demanda son ami, gêné.
Wulf se figea de nouveau. Ses souvenirs repassaient en boucle dans sa tête. Il ferma le poing droit et ressera celle de gauche sur son fusil. Il commença à parler. sa voix tremblait.
-Ils m'ont jetés à la porte. Ils ont dit que j'était indigne de ma famille, et que si je voulait faire ma vie avec une française, je devais aller ailleurs. Je suis donc parti en ville faire des petis boulots à droite, à gauche. Seulement ... Seulement ...
Sa gorge seressera. Il avait une larme qui coulait le long de sa joue.
-Seulement Marie est morte, voilà tout. Elle s'est fait reversée par un crétin.
Wulf commença à pleurer. Son ami ne pensait pas entendre une pareille histoire. On aurait dit un scénario tout droit sorti d'un bouquin. Dietritch tappota l'épaule de son ami.
-Allez, ça va aller. Des françaises, il y en à d'autres dans le monde ! Je me demande ce qu'en dirai Franz. Tiens, au fait ... Il est où Franz ?
(à suivre)
(1) = Réseau : Dans la première guerre mondiale, un réseau est une suite de tranchée disposée en croisement, dans lesquels les soldats vivaient.
(2) = Würfel : Ration militaire allemande contenant un bouillon de boeuf.
(3) = "ces imbéciles patriotiques étaient haut en couleur, en 14?" pendant la première guerre mondiale, les français portaient des unformes de couleure vive en bleu, blanc et rouge.
Il avait marché tout en boitant en direction de ses camarades. Il était épuisé, l'assaut d'aujourd'hui avait été particulièrement long. Un fusil sans munitions, un bandage à la jambe. Ca fera une belle histoire à raconter aux copains ! Seulement s'il serais pris au sérieux, il y avait peu de chance que quelqu'un, quel qu'il soit, croient à une épopée pareille. Au moins, il était en vie, et ça le satisfaisait amplement après une telle bataille. Il avait désormais rejoin ses compagnons d'armes, qui étaient venus pour le prendre par les épaules. Ils pouvaient marcher à découvert, un épais brouillard empêchait toute visibilité. Après une longue marche, ils rejoignirent enfin leurs tranchées.
Wulf était accompagné de deux de ses amis : Dietritch et Franz
Wulf avait les cheveux blond et les yeux bleus. Il vivait en Alsace-Lorraine, avant la guerre. Dietrich, quant à lui, avait les cheveux châtins et les yeux bruns. Il était venu participer à la guerre par patriotisme. "On les auras ces bouffeurs de grenouille !" qu'il disait en rigolant. Et Franz ... hé bien, on ne sait pas grand chose de Franz, si ce n'est qu'il ai eût une enfance difficile à Berlin. Il était connu dans le réseau(1) pour avoir fait éxploser un char anglais en jettant une grenade à l'intérieur du blindé.
Franz et Dietrich aidaient wulf à marcher jusqu'a ce qu'ils atteignirent le dortoir. Wulf se dit qu'après un petit Würfel(2) et une cigarette, ils leur raconterais l'histoire. Franz se leva et dit alors qu'il partait faire quelque chose, et s'en alla en faisant un signe à ses compagnons. Dietritch fit de même, et revint cinq minutes plus tard avec du bouillon de boeuf et un paquet de cigarette. Après qu'ils eût mangés, ils sortirent tout les deux une cigarette du paquet qu'ils allumèrent. Wulf raconta alors don histoire à son ami, en lachant parfois des petits nuages de fumée. Dietritch n'en revenait pas.
-Des français, tu dis ? S'enquit Dietritch.
-Oui. Répondit avec indifférence son compagnon. Deux français m'ont soigné. Je n'ai pas bien compris ce qu'ils disaient, mais l'un avait l'air plutôt compatissant tandis que l'autre s'énervait à tout bout de champ.
Un silence plana pendant quelques secondes. Wulf termina sa cigarette qu'il écrasa dans sa conserve tout en lâchant un dernier flot de fumée grisâtre. Dietritch portait son regard dans le vide. Il réfléchissait.
-Ils peut être pas si méchants que ça, finallement. Dit-il enfin.
-Hm, n'oublie pas qu'ils ne sont pas tous comme ça. Si son coéquipier me revoit, il serait capable de me tuer d'une balle dans la tête. Répondit Wulf avec assurance.
-Pas tant que je serais là. Tu te rapelle quand ces imbéciles patriotiques étaient haut en couleur, en 14 (2) ? Fit Dietritch d'un ton plaisantin.
Cette pensée les fit rire à gorge déployée.
-Oui, oui ! C'est vrai ! On pouvait les voir à des kilomètres. Dit Wulf en rigolant.
Ces mots les firent rire de nouveau. Il était 21h, et le temps commençais à se refroidir. Wulf et Dietritch sortirent dehors pour prendre un peu l'air. Wulf était en béquilles, et Dietritch l'aidait de temps en temps pour le rattraper ou pour éviter que son ami ne tombe à terre.
Ils profitaient du grand air pour parler du bon vieux temps. L'alsace-Lorraine manquait à Wulf. Il n'avait personne à part sa famille. Les histoires de coeur n'étaient pas sa tasse de thé. Et même s'il s'en sortait vivant, il ne les reverrait sans doute jamais. Il avait déjà déçu ses parents deux fois et sa soeur ne voulait plus lui parler depuis ... quoi ? 5 ans ? Dietrich, lui ... hé bien il menait sa vie comme il l'entendait. Ses parents étaient morts et il était assé à autre chose. Il était fils unique, après tout, et ça lui plaisait.
Les deux compatriotes se racontaient chacuns leurs anécdottes passés, de leur enfance jusqu'a l'âge adulte, en passant par l'adolécence et pour finir, la guerre.
-Et tes parents alors ? Ils ne veulent pas te parler ? Demanda avec curiosité son camarade.
-Non, répondit Wulf dans un soupir. Je les ai déçus deux fois. La première c'est quand j'avait pris le camion de la ferme et que j'avait, sans faire éxprès, détruit une partie de notre enclos à vaches.
Cette pensée lui aracha un petit rictus du coin des lèvres.
-Tu aurais dû voir ça ! C'était grandiose ! On à mis deux jours à rassembler tout le troupeau.
-Et ... la deuxième ? Renchérit Dietritch.
Wulf se bloqua quelques instants. Il pris une grande inspiration, se racla la gorge puis se lança.
-Je ... Je suis tombée amoureux d'une française. Elle s'apellait Marie. Vois-tu, mes parents était très insistants sur ce point. "Tu te mariera avec une allemande, un point c'est tout !" Me disait ma mère. Lorsque je l'ai présentée à mes parents, je pensaient qu'ils allaient êtres plus compréhensifs que ça ...
-Oh ... Et ... Hm, qu'ont-ils fait ? Demanda son ami, gêné.
Wulf se figea de nouveau. Ses souvenirs repassaient en boucle dans sa tête. Il ferma le poing droit et ressera celle de gauche sur son fusil. Il commença à parler. sa voix tremblait.
-Ils m'ont jetés à la porte. Ils ont dit que j'était indigne de ma famille, et que si je voulait faire ma vie avec une française, je devais aller ailleurs. Je suis donc parti en ville faire des petis boulots à droite, à gauche. Seulement ... Seulement ...
Sa gorge seressera. Il avait une larme qui coulait le long de sa joue.
-Seulement Marie est morte, voilà tout. Elle s'est fait reversée par un crétin.
Wulf commença à pleurer. Son ami ne pensait pas entendre une pareille histoire. On aurait dit un scénario tout droit sorti d'un bouquin. Dietritch tappota l'épaule de son ami.
-Allez, ça va aller. Des françaises, il y en à d'autres dans le monde ! Je me demande ce qu'en dirai Franz. Tiens, au fait ... Il est où Franz ?
(à suivre)
(1) = Réseau : Dans la première guerre mondiale, un réseau est une suite de tranchée disposée en croisement, dans lesquels les soldats vivaient.
(2) = Würfel : Ration militaire allemande contenant un bouillon de boeuf.
(3) = "ces imbéciles patriotiques étaient haut en couleur, en 14?" pendant la première guerre mondiale, les français portaient des unformes de couleure vive en bleu, blanc et rouge.