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dans la langue égyptienne, cette relique unique d'un monde primitif, se trouve un certain nombre de mots ayant deux sens dont l'un est exactement le con- traire de l'autre.

le mot fort signifiant aussi bien fort que faible ; le mot lumière servant aussi bien à désigner la lumière que l'obscurité

Toutefois, ce problème est plus facile à résoudre qu'il ne semble. Nos concepts prennent naissance par une comparaison. « S'il faisait toujours clair, nous n'aurions à faire aucune comparaison entre clair et obscur, et nous ne posséderions ni le concept ni le mot de clarté... »

- « Il est évident que sur cette planète tout est relatif et n'a d'existence indépendante qu'en tant que ses relations aux autres choses permettent de l'en rapprocher ou de l'en distinguer... » - « Tout concept se trouvant devoir être le frère jumeau de son contraire, comment aurait-il pu être une première fois pensé, comment aurait-il pu être communiqué à d'autres qui essayaient de le penser, sinon en le mesurant à son contraire? »

« Comme on ne pouvait concevoir le concept de force en dehors du contraste avec la faiblesse, le mot qui exprimait fort acquit un ressou- venir simultané de faible, concept grâce auquel il avait au début reçu l'existence. En réalité, ce mot ne désignait vraiment ni fort, ni faible, mais seulement le rapport entre les deux et la différence qui les avait créés tous deux. » (p. 15.)

l'homme n'a pu acquérir ses notions les plus anciennes et les plus élémentaires que par l'opposition d'un contraire à son contraire et ce n'est que peu à peu qu'il a appris à séparer les deux termes de l'antithèse et à penser à chacun des deux sans le mesurer consciemment à l'autre. »


Ce sont, d'après Abel, les racines les plus primitives dans lesquelles on observe le phénomène de double sens antithétique. Au cours de l'évolution ultérieure de la langue, ce double sens disparaît et, du moins dans l'égyptien antique, on peut suivre toutes les transitions existant entre le double sens antithétique archaïque et la signification unique qu'ont les mots de nos langues modernes. Les mots originaire- ment à double sens se séparent dans la langue ultérieure en deux mots à signification unique, les deux acceptions opposées éprouvent, chacune pour soi, une réduction (modification) phonétique de la même racine. Ainsi, par exemple, déjà dans le style hiéroglyphique, ken (fort, faible) s'est séparé en ken (fort) et en kan (faible). « En d'autres termes, les notions qui n'avaient pu être trouvées que par antithèse devien- nent avec le temps assez familières à l'esprit humain pour permettre à chacune des deux parties une existence indépendante et pour procurer en même temps à chacune un énoncé distinct. »

https://www.psychaanalyse[...]ens_opposes_mots_prim.pdf
Apercite https://www.psychaanalyse.com/pdf/sens_opposes_mots_prim.pdf


Auto-édit : Brave goyim