Citation de DarthSyphilis
Tu te tiens là, à guetter une étincelle de concupiscence dans les yeux du premier venu, et comme rien ne vient, tu en déduis que tu es nulle et non avenue. Tu réduis ta féminité à une prise murale qui attendrait qu'un passant daigne y brancher son câble. C'est violent, absurde, et surtout suicidaire.
J'en ai vu défiler, des femmes détruites par cette quête. Celles que la meute dévorait des yeux à vingt ans finissaient souvent ravagées dix ans plus tard, la terreur au ventre dès que les têtes arrêtaient de se retourner sur leur passage. Ce regard masculin que tu mendies, c'est du vent. Une pulsion animale, mécanique, qui s'allume pour une silhouette et s'éteint trois secondes après l'éjaculation. Tu cherches un passeport d'existence dans un réflexe de clébard.
Ta féminité t'appartient, bordel. Elle ne se mendie pas, elle s'impose. Elle s'ancre dans ta chair, dans la façon dont tes talons cognent le bitume, dans le poids de tes hanches quand tu marches, dans l'assurance froide avec laquelle tu occupes l'espace. Un corps habité dégage une gravité que personne ne peut feindre ni ignorer.
Tant que tu te vivras comme un objet posé sur une étagère en attendant qu'un client palpe la marchandise, tu resteras invisible. Enfile ta peau pour toi-même, fais claquer ta présence, et cesse d'attendre qu'un crétin vienne te baptiser vivante.
Le maître des pavés noëlistes, ne serait-ce pas toi ?