Citation de Apologie
Ta définition est mauvaise, je te conseille celle-là :
Identifié comme un syndrome sur base d'une impression triviale, très circonscrit sur le papier mais défini en des termes très ambigus et sujets à interprétation, et pour cause. Du fait même de cette absolue ouverture conceptuelle, la théorie finit par s'étoffer hors-sol, c’est-à-dire en se basant non plus sur les premiers cas répertoriés, mais sur des cas qui furent eux-mêmes diagnostiqués à l’aune de leurs précédents, tant et si bien que d’itérations en itérations, de mise à jour en mise à jour, par adjonction de nouveaux cas, du maître étalon, lui-même à l’aune duquel d’autres cas lui seront adjoints à lui-même - par le procédé d’un véritable téléphone arabe - il advint qu’on n'y reconnaissait plus du tout les êtres qui par leur étrangeté avaient procuré l'impression triviale initiale aux savants pionniers : en fait on s'y était projeté, avec le narcissisme que chacun plaçait dans ce qu’il avait de plus banal, partout où l'on pensait découvrir un nouvel aspect de ces créatures étranges. Deux causes « contraires » ou plutôt « symétriques » entrent en jeu ici. La première, pour être bien comprise, nécessite d’avoir correctement intégré le fait que ce qui occasionna l’idée de distinguer l’autisme parmi les « psychoses », puis de ne plus le considérer comme tel par la suite, est le réalisme mental, à savoir la superstition consistant à croire que la certitude puisse être plus qu’un sentiment. En effet aussi le « syndrome » fut bientôt requalifié en « spectre » sur lequel, au fond, tout le monde se situait, et surtout ceux qui savaient se vendre en tant que tels... cherchez l'erreur... En vérité, la question de l'autisme est infiniment simple puisque l'autisme est défini négativement. Une combinaison de facteurs génétiques, culturels et autres fait converger le développement des cerveaux humains en un seul modèle, un modèle sujet à évolution mais dont toute évolution locale, à mesure qu'elle se maintient dans le temps localement, tend à se propager à l'ensemble uniformément. Un cerveau autiste n'est pas un cerveau conformé à un autre modèle que le modèle majoritaire qui serait un modèle propre à l'autisme, il est un cerveau dont le développement, pour une part conséquente, n'a pas suivi de modèle du tout, a suivi une voie tout à fait unique, pour une raison quelconque. Il n'y a donc pas d'autisme sinon en référence à l'humain conformé, pas de rapport en propre entre un cas d' « autisme » et un autre sinon dans le regard biaisé d'une catégorie d'êtres plus nombreux qu'aucun de ces cas uniques, mais non moins contingents. Il n'y a pas d'autisme du tout, comme « non-lampe à huile » n'est pas une catégorie de mobilier.
C’est intéressant, mais c’est indigeste.