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Avatar de Zolack Zolack
Bonjour !

Je te lis souvent. Je vais critiquer ton travail.

Dans l'ensemble, tu ne cherches pas à découvrir une vérité scientifique, sociologique ou philosophique, tu cherches à avoir raison. C'est très différent.

Pour le moment, je vais m'occuper de ta première partie : elle est largement discutable, que ce soit au niveau du contenu, de ta méthode, ou de tes conclusions. Ton travail ressemble, vaguement, à un travail sociologique. ça me fait penser, un peu, au suicide de Durkheim. Je t'invite à le lire, et à comparer son travail avec le tien.

Quelle est l'utilité par exemple, de prendre deux fois les statistiques de la police allemande, en 2014 et 2016 ? Je pense que ça peut être pertinent si tu faisais une comparaison entre les années : sont-ils en baisse ? Sont-ils en augmentation ? Et pourquoi ? Non, tu prends juste deux fois des statistiques, mais tu n'expliques rien. D'ailleurs, tu n'utilises même pas les données de 2014 dans le reste de ton analyse.

En plus de ça, pour les chiffres de 2016, ton lien donne sur une cinquantaine de documents, et on ne sait pas sur lesquels tu as travaillé.

Je viens de perdre des heures de ma vie sur le site des statistiques de la police allemande pour essayer de retrouver des chiffres. Mais après de laborieuses recherches sur internet, je suis tombé sur ce site : https://liberation.checkn[...]es-que-chez-les-allemands
Apercite https://liberation.checknews.fr/question/30101/le-taux-de-crimes-violents-et-de-viols-est-il-vraiment-15-fois-plus-eleve-chez-les-refugies-que-chez-les-allemands
. Selon ce site, les chiffres viennent de cet article là : https://www.bka.de/Shared[...]b=publicationFile&v=8
Apercite https://www.bka.de/SharedDocs/Downloads/DE/Publikationen/PolizeilicheKriminalstatistik/2016/pks2016ImkBericht.pdf?__blob=publicationFile&v=8


On retrouve en effet les chiffres de suspicion pour les allemands et pour les immigrés.

Cependant, je ne trouve rien sur les réfugiés, c'est à dire 153 227, 25 447 et 901. L'article fait 149 pages, et je ne parle pas allemand. J'aimerais bien que tu me montres les chiffres de suspicion pour les réfugiés que tu utilises pour tes tableaux.

On va supposer qu'ils sont vrais, y compris pour les réfugiés : leur analyse est médiocre. Par exemple, tu parles de taux de criminalité, d'agression sexuels et de viols, et de crimes violents. Or, les trois tableaux indiquent le tatverdachtigue qui semble dire suspicion, ou plutôt infraction présumée. Merci google. Donc ce n'est pas le taux de criminalité qui est calculé. C'est plutôt un taux de suspicion qui est calculé. Et calculer des ratios comme ça, ça ne sert à rien.

Moi aussi je vais faire un autre calcul : je vais calculer les taux de suspicion de ces catégories, pour les violences sexuelles, mais par rapport la population allemande totale. Nous avons : les allemands : 3964 suspicions pour la population allemande de 83 600 000 (73 500 000 + 9 000 000 + 1 100 000) = 0, 000474. Nous multiplions ce résultat par mille pour estimer le taux de suspicion des allemands pour mille habitants, nous obtenons 0,47 ; pour les immigrés, nous avons 2512 suspicions, donc 2512/83 600 000 = 0, 00030 x 1000 = 0,3 ; pour les réfugiés, nous avons 901 suspicions/83 600 000 = 0,000107 x 1000 = 0,107. Donc en comparant le ratio allemand/réfugiés (0,47/0,107), nous avons les allemands qui ont un taux de suspicion 4,3 supérieur à celui des réfugiés. Mes calculs sont peut être faux, je ne suis ni sûr de la pertinence de ma méthode, ni sûr que c'est pertinent de calculer un taux comme celui ci à un niveau national, ni sûr des résultats.

Mes calculs et les tiens, d'un point de vue statistique, sont nuls. Ce n'est même au niveau de statistiques descriptives.

Je dirai que ces trois tableaux sont mauvais car : ils laissent penser que ce sont les réfugiés qui ont un taux de suspicion plus élevés que les autres. Au niveau de leur catégorie, je crois que c'est vrai. Mais à un niveau national, ce sont les allemands. Je tiens à rappeler que je n'ai pas trouvé le nombre de suspicion pour les réfugiés. De plus, ils laissent penser qu'ils viennent directement de la police allemande. Ce n'est pas le cas, j'ai réussi à en trouver une trace sur des sites d'extrême droite, nul part sur les documents de la police allemande : ce n'est pas la police allemande qui les a crées. Enfin, avec une analyse superficielle de ces tableaux, nous pouvons facilement croire que ce sont les réfugiés et les immigrés qui sont le plus soupçonnés. Or, selon mon calcul, ce sont les allemands.

Après, il y a le quatrième tableau, et j'aimerais bien une traduction.

A partir de ces calculs médiocres et de ces quatre tableaux, tu commences à te lancer dans des hypothèses. Tu dis qu'un biais raciste peut expliquer les disparités mais qu'elles sont trop importantes pour être uniquement le fruit de ce genre de biais. Sur quoi te bases-tu pour dire ça ? En quoi les disparités sont trop importantes ? Tu as fait un calcul où tu as mis en lien le biais raciste/non raciste et la disparité ? Le calcul était statistiquement significatif ? Pourquoi les policiers seraient moins libres pour les crimes graves ? On peut même penser l'inverse : plus un crime est grave, plus on peut être raciste. C'est juste une hypothèse, je ne sais pas si ce que je dis est vrai.

Pour conclure sur l'Allemagne : ton analyse n'apporte rien. On apprend juste que les réfugiés ont des taux de suspicion plus élevé de suspicion que les allemands. Et ? Que veux-tu faire de ça ? En prenant en compte des statistiques, on peut également arriver à des conclusions misandres : les hommes ont des taux de suspicion plus élevés que les femmes. Et ?

J'espère que tu te rends compte que ton travail est mauvais, tu n'as rien vérifié. Du coup, je vais être moins rigoureux dans la suite de ma critique.

Après, tu parles de la Suède. Pourquoi ? Quel est le lien avec ce que tu viens de dire avant sur l'Allemagne ? Après, si tu veux faire des liens entre les pays, il faut faire des calculs statistiques, que je ne maitrise pas.

Alors, là c'est encore pire, tu prends juste un tableau d'un article de 77 pages. En suédois. Tu prends des tableaux de manière aléatoire pour justifier tes idées. D'ailleurs, je ne comprends pas du tout ce tableau. J'ai même l'impression que 58,9 % des suspects de la suède ont des parents suédois, qui sont nés en Suède. Et je ne sais pas ce qu'est le overrepresented sentation à droite du tableau. C'est quoi l'overrepresented senstation ? Comment c'est calculé ? Qu'est ce que cela représente ? Pourquoi tu dis que les étranger sont largement surreprésentés ? Quel est le chiffre qui te permet d'utiliser le terme largement ?

Concernant la France, c'est mieux car je parle français. Cependant, je commence à en avoir marre. Je vais être rapide.

Pour le premier tableau, quelles données as-tu utilisées ? Quel est le calcul que tu as fait ? Pourquoi avoir choisi de présenter ton tableau par un ratio de 4 ? Pourquoi ne pas avoir utilisé des pourcentages ? Ou encore, ne pas avoir utilisé un tableau pour 1000 ? Ce tableau manque de rigueur. Même le titre est mauvais : ça devrait être "taux d'incarcération entre français et étrangers en 2014 (pour 4 habitants)".

De plus, tu ne cites pas des tableaux qui sont pourtant intéressants : par exemple, je prends aléatoirement le tableau 18, des séries statistiques des personnes placées sous main de justice, p.30, où on voit que les français sont plus souvent écroués que les étrangers. D'ailleurs, on voit que les étrangers sont de moins en moins écroués entre 1992 et 2014 (avec cependant une augmentation de 0,7 % entre 2013 et 2014). On ne peut rien conclure par l'analyse que je viens de faire.

Après, tu donnes le nombre de détenus en France (69 077). Après, tu donnes le nombre de personnes incarcérées roumaines, algériennes, marocaines, et tunisiennes. Pourquoi ? En tous cas, les détenus étrangers (14964). 69077 - 14964 = 54 113 détenus français. Donc, il y a plus de français en prison que d'étrangers. Cependant, les informations ne permettent pas de faire la différence entre les prévenus et les condamnés.

Ensuite, ce sont les addendum. Ton addendum 1 est insuffisant car tu ne présentes pas du tout l'étude dont tu parles. En plus, comme je l'ai déjà dit, on ne peut rien conclure avec ce que tu dis, que ce soit de manière statistique, scientifique, philosophique, etc. Les conclusions, que "tu cites plus haut" n'existent pas.

Ton addendum 2, il manque une source. C'est quoi l'article de Hughes Lagrange dont tu parles ? Et puis, dire que sans l'immigration, la criminalité serait moins importante, c'est insuffisant. On peut supposer que : la délinquance serait plus importante dans les pays où les étrangers iraient (rien ne se perd, rien ne se gagne, tout se transforme) ; et que les crimes, délits, seront alors commis à 100 % par des français. Après, qu'elle baisse, oui, c'est possible mais rien n'est sûr.

Après, tu présentes deux autres tableaux. Tu parles d'homicide. Or, le tableau que tu présentes ne parle pas d'homicide mais de "violent victimization" ce qui correspond, visiblement, à des violences domestiques, à des crimes sur internet, ou à des violences sexuelles : http://onlinelibrary.wile[...]8517390.wbetc167/abstract
Apercite http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/9781118517390.wbetc167/abstract


Mais même, le tableau ne montre pas que les noirs riches commettent cinq fois plus de "violent victimization" que les blancs les plus pauvres. D'ailleurs, mes connaissances en statistique datent un petit peu, c'est quoi l'erreur standard dans le deuxième tableau ? Je ne sais plus ce que ça veut dire.

En plus de ça, devant certaines données, il y un petit point d'exclamation, qui explique qu'il faut interpréter ce chiffre avec précaution car soit les échantillons étaient trop petits (10 ou moins) ou bien soit que le coefficient de variation est meilleure que 50 % (je ne sais pas ce que cela veut dire).

Pendant que nous y sommes, oui, nous pouvons utiliser les données de l'Ined et l'INSEE mais ça serait cool que tu présentes plus précisément ces documents. Et puis ce n'est pas clair, développe un peu "les différences socio-économiques importantes qui persistent même chez les descendants d'immigrés", avec des chiffres et des exemples. C'est à dire, que les descendants d'immigrés restent pauvres, au fil des générations ?

Après, tu fais une hypothèse (à taux de criminalité égal, la moyenne du taux de criminalité des descendants seraient quand même plus importantes), il faut la tester pour savoir si elle est vraie ou non. D'ailleurs, j'ai quand même l'impression que ton hypothèse est un non-sens.

Ton abbendum 3 est contestable. En effet, les différences socio-économiques n'expliquent pas tout. J'ai jeté un coup d'œil sur ton tableau de l'abbedum précédent et sur les données du BKA. Mais je ne sais pas ce qu'est la grande hétérogénéité dont tu parles.

Pour ton abbendum 4, il ne sert à rien.

Pour conclure ma critique sur ta recherche sociologique, je dirai qu'elle est mauvaise : il n'y a pas de méthode ; tu prends des données de manière aléatoire ; il n'y a aucun vrai travail statistique ; tu n'expliques pas tes calculs ; tu cites mal tes sources ; je n'ai trouvé nul part le nombre de réfugiés allemands en suspicions ; tu confonds taux de suspicion et taux de criminalité ; tu confonds homicide et violence victimization ; pour l'Allemagne et la Suède tu parles de taux de suspicion mais pour la France, tu prends les taux d'incarcération ; tu prends des documents en allemand et en suédois, sans les traduire, ce qui rend la réfutabilité difficile ; tu ne fais aucun lien entre tes différentes sources ; tes tableaux sont imprécis ; tu analyses superficiellement ces tableaux ; tu parles un coup des noirs, un coup des réfugiés, mais ce n'est pas la même population, etc.

Et le pire, ce que tu te permets quand même de faire des conclusions. Par exemple, tu dis que le phénomène est global en Europe. Or tu ne prends l'exemple que de trois pays.

Après oui, je suppose qu'il y a moyen d'être critique par rapport à l'immigration, mais pas de cette manière. Là, j'ai l'impression que tu cherches juste à décréditer les réfugiés, immigrés, noirs, en invoquant la criminalité.

En plus, pendant que je rédigeais ma critique, j'ai découvert qu'une bonne partie de ton texte est un plagiat : http://www.islamisme.fr/a[...]re-migrants-et-indigenes/
Apercite http://www.islamisme.fr/allemagne-france-suede-comparaison-des-chiffres-de-la-criminalite-entre-migrants-et-indigenes/


Bon, tu dis bien que tu reprends les travaux de Philippe Lemoine, mais là, c'est juste du copier-coller, avec quelques ajouts aléatoires. Tu ne fais aucune critique de son travail, alors qu'il y a objectivement des choses à redire.

Ça doit être très drôle de te voir parler à un noir.

Bien entendu, tout ce que je viens de dire est critiquable, et heureusement. Demain, je vais critiquer ton analyse génétique.

Cordialement, et à demain,

Zolack

PS : je n'ai rien contre toi, et j'aime bien tes musiques technos.