Citation de Laplanteverte
J'ai plusieurs questions d'ailleurs là-dessus.
Est-ce que l'Iran a vraiment validé les attaques du Hamas
L'Iran n'était pas au courant, je pense, tout simplement car ils n'ont pas de relations aussi étroites avec le Hamas qu'avec le Hezbollah.
Cette attaque du Hamas est a placer, je pense, dans un contexte plus large de la tendance au poly-alignement de certains États arabes depuis trois ans (les accords d'Abraham). Notamment l'Arabie saoudite qui semblait sur la voie de la normalisation avec Israël.
Du coup, Déluge d'al-Aqsa est un coup de force qui pousse Israël a réagir militairement certes, mais qui permet de casser le processus de normalisation entre Israël et l'Arabie Saoudite. Cette normalisation qui n'arrangeait ni le Hamas, ni l'Iran.
ou est-ce que ce dernier ne sentait pas le vent tourner en leur défaveur si Israël à normaliser les relations ?
Israël n'a pas normalisé les relations avec le Hamas. Pour la presse, Israël a été trop confiant, en pensant que le Hamas allait s'éteindre. Par exemple, certaines dépêches rapportent que le Mossad ne surveillait quasiment plus les radios locales depuis quelques mois.
Perso, je pense que les services secrets israéliens étaient au courant d'une attaque (lire les articles sur l'Egypte qui avait prévenu, ou les propos de l'ancien premier ministre, à prendre avec des pincettes car ennemi politique de Netanyahou).
Ce revers permet une sorte de gouvernement d'union nationale en Israël, et pourquoi pas, à terme, reconquérir Gaza qu'ils ont conquis en 1967 sur l'Egypte pendant la guerre des Six Jours, avant d'évacuer la zone en 2005 (tout en faisant en sorte que Gaza dépende d’Israël pour tout trafic économique).
Est-ce que l'on ne commence pas a voir la fin de ce modèle de milice paramilitaire qui se répose sur l'utilisation des civils comme protection passive avec le postulat que si leur ennemis frappe les conséquences diplomatiques n'en vaudrons jamais le coup ?
Je ne pense pas car l'Iran considère ses milices (Houthis au Yémen, Hezbollah libanais, sous--branches du Hezbollah en Syrie comme la Division Fatimide ou les brigades de la paix...) comme son bras d’influence étendu, capable de frapper tout en dédouanant un peu le gouvernement iranien.
Ces milices sont leur levier militaire pour les négociations internationales et un moyen de faire pencher la balance des forces au Proche-Orient.
La distance joue également, car ces milices permettent à l'Iran de se rapprocher géographiquement de leurs ennemis comme Israël et les États-Unis (via les attaques sur les bases américaines en Syrie, par exemple, pas plus tard qu'il y a quelques jours), et de rivaux comme l’Arabie saoudite (conflit au Yémen).
Ça fait 40 ans que cette politique de postes avancés fonctionne (avant le Hezbollah, l'Iran s'appuyait sur le mouvement Amal, au Liban, dans les années 1980) mais tu n'as pas tort dans le sens où un conflit soutenu à Gaza pourrait tester les limites de cette politique.
Dans le sens où même si Téhéran garde tout sous contrôle (ses milices internationales sont parfaitement coordonnées), il existe un monde ou certaines de ces milices, pourraient complètement ignorer les conseils et les directives iraniennes, s'engageant dans une action non coordonnée qui pourrait déclencher une guerre terrible et, donc, mettre l'Iran devant le fait accompli.
C'est aussi pour cette raison, je pense, que l'Iran a aidé à financer, former et armer les militants du Hamas, et avait fourni le savoir-faire technologique pour construire son propre arsenal de drones et de roquettes en particulier à Gaza (mais aussi au Yémen avec les Houthis), où les blocus rendent pratiquement impossible la livraison d’armes lourdes.
Ça permet à l'Iran d'élargir leur champ d'action, de maintenir la pression sur Israël sur deux fronts (Hezbollah au nord d’Israël et Gaza dans le sud), tout en se dédouanant un peu de ses responsabilités, comme Nasrallah (le boss du Hezbollah) vient de le faire aujourd'hui même.