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Avatar de Martiniqueur Martiniqueur
Citation de Raditzytb
Au fait khey , est-ce que les sources grecques comme Strabon et Hérodote sont toutes fiables ?

Ça dépend. Je pense que tu veux amener le sujet des écrits grecs sur les Éthiopiens. Ma réponse que j'ai déjà posté ici :

Ils disent tout et leurs contraires car, dans les sources classiques, il n'y avait pas une mais des Éthiopies.

En résulte une multiplicité d'emplacement des Éthiopiens dans la géographie (Occident, Orient, Méroé...) en plus d'une multiplicité ethnique : Éthiopiens occidentaux à la peau basanée et aux cheveux droits ; Éthiopiens au nez camus et aux cheveux crépus, pour ne citer qu'eux.

Lorsqu'ils traitaient dune contrée qu'ils n'ont pas visité, les auteurs grecs s’affranchissaient de la réalité au profit de la fiction dans des procédés stylistiques influencés par la logique de ce que l'on appelle la paradoxographie qui consiste à mettre en avant les aspects surprenants ou déconcertants du monde (les paradoxa en grec ancien).

Par exemple, on retrouve chez Diodore, les mots de la famille de paradoxos / παράδοξος qui sont particulièrement fréquents dans les livres qui traitent des Éthiopies (mots qui contiennent παράδο chez Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Livre III, qui font référence au merveilleux, à l'étrangeté, à la singularité etc... : :d) http://remacle.org/bloodw[...]riens/diodore/livre3a.htm
Apercite http://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre3a.htm
)

C'est parce que, chez les Grecs, l’Éthiopie est une contrée homérique, connue donc depuis les temps héroïques. C'est ainsi que les passages sur les Éthiopiens, sont de tailles plus ou moins égales, selon les peuples, et insistent sur les coutumes (en particulier pour les Éthiopiens ichtyophage), l'histoire (en particulier pour les Éthiopiens de Méroé), la géographie dans une construction toujours cycliques, suscitant l'admiration ou le dégoût des auteurs qui oscillent entre l’histoire et la reprise d’éléments narratifs quasi-homériques

Par ailleurs, ce sont souvent des fragments d'auteurs antérieures (Agatharchidès de Cnide pour ne citer que lui) et pleins de contre-exemples.

Par exemple, d'une part, les auteurs anciens relaient à la fois les sources égyptiennes et éthiopiennes sur le plus ancien peuple du monde, chacun des auteurs penchent pour une version. Diodore est plus insistant pour les Éthiopiens. D'autre part, ce même Diodore semble se contredire quand il affirme que les Éthiopiens n’ont jamais été conquis, alors qu'il défend le contraire dans le livre I.

Bref, prends le temps de contextualiser et de travailler ton esprit critique si tu veux lire les sources grecques sur "ton peuple". La civilisation éthiopienne antique était indéniablement féconde et passionnante mais tu lui prête beaucoup trop de qualités en pensant qu'elle a préfiguré la civilisation de l'Égypte ancienne alors qu'elles se sont nourries mutuellement.