«Moïse a révélé l'existence de Dieu à sa nation ; Jésus-Christ, à l'Empire romain ; Mahomet, à l'ancien continent. Moïse arracha les descendants de Jacob à la captivité de l'Égypte. Il les retint quarante ans dans le désert, où il leur donna des lois. Ils soupiraient sans cesse après «ces marmites pleines de viandes dont ils mangeaient tout leur soùl.» Il s'attacha, pour combattre cet esprit de retour, à leur inspirer un caractère exclusif, à les isoler au milieu des nations. Les Hébreux connurent le vrai Dieu milles ans avant les autres hommes.
Jésus-Christ, quoique descendant de David, ne prétendit pas au trône de ses pères. Il prêta et ordonna obéissance à tout gouvernement établi. «Toute puissance vient de Dieu. Mon Empire n'est pas de ce monde. Rendrez à César ce qui appartient à César.» Il n'eut qu'un but dans sa mission divine : régler les consciences, diriger les âmes dans cette vie pour opérer leur salut dans l'autre. L'Évangile ne donne aucune règle pour le gouvernement des choses d'ici-bas. La doctrine des chrétiens ne dut en exciter en rien la jalousie des Césars ; mais, par la même principe, elle fut extrêmement favorable aux dynastie qui s’élevèrent sur les débris de l'Empire romain : elle les légitima. Clovis ne fut réellement roi qu'après avoir été sacré.
La religions chrétiennes est celle d'un peuple très civilisé. Elle élève l'homme ; elle proclame la supériorité de l'esprit sur la matière, de l'âme sur le corps. Elle est née dans les écoles grecques ; elle est le triomphe des Socrate, des Platon, des Aristide, sur les Flaminius, les scipion, les Paul-émile. Les Romains soumirent la Grèce par la force de leurs armes, mais ils furent subjugué insensiblement par l'influence irrésistible de l'esprit, des arts et des sciences des vaincus. Les canons fondamentaux de l'Église furent délibéré et décrétés dans les conciles tenus en Orient pendant les huit premiers siècle, à Nicée, à Alexandrie, à Antioche, à Constantinople, à Chalcedoine, à Césarée et à Athènes.
Comme tout ce qui s'établit par la seule influence de la persuasion, comme tout ce qui est le résultat du progrès des lumières, la religion de Jésus-Christ eut une marche lente ; il lui fallut quatre siècles pour s'asseoir sur le trône. L'apothéose de César et d'Auguste avait été suivie de celle des plus abjects tyrans. Les nations conçurent de l'aversion pour une religion ou Tibère, Caligula, Héliogabale avaient des autel et des prêtres ; elles cherchèrent des consolations dans le dogme d'un seul Dieu immortel, incrée, créateur, rémunérateur et maître de tout.
L'Église chrétienne promit pour récompenser aux justes de voir Dieu face à face, la jouissance toute spirituelle, dans le temps qu'elle menaçait les réprouvés de peines toutes corporelles, car ils brûlent dans des brasiers ardents. Cette opposition s'explique. Si les méchants n'eussent été menacés que d'être soumis à des peines spirituelles, ils les auraient bravées ; le frein eût été trop faible pour réprimander leurs mauvais penchant. D'un autre côté, un paradis où les élus eussent goûté les plaisirs du monde eût exalté la chair, et la morale chrétienne se propose surtout de la réprimer et de la mortifier. La contrition parfaite.
L'Arabe était idolâtre lorsque Mahomet, sept siècles Après Jésus-Christ, y introduisit le culte du dieu d'Abraham, d’Ismaël, de Moïse et de Jésus-Christ. Les Ariens et d'autres sectes qui avaient troublé la tranquillité de l'Orient avaient agité les questions de la nature du Père, du Fils et du Saint-esprit. Mahomet déclara qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, qui n'avait ni père ni fils ; que la trinité emportait une idée d’idolâtrie. Il écrivit sur le frontispice du Coran : «Il n'y a pas d'autres dieu que Dieu.»
Il s'adressait à des peuples sauvages, pauvres, manquant de tout, fort ignorant ; s'il eût parlé à leur esprit, il n'eût pas été entendu. Au milieu de l'abondance de la Grèce, les plaisirs de la contemplation de l'esprit étaient un besoin ; mais au milieu des déserts, où l'Arabe soupirait sans cesse après une source d'eau, après l'ombre d'un palmier qui pût le mettre à l'abri des rayons brûlant du soleil tropique, il fallait promettre aux élus, pour récompense, des fleuves de lait intarissable, des bosquets odoriférant, où ils ne reposeraient à l'ombre perpétuelle, dans les bras de divines houris, à la peau blanche, aux yeux noirs. Les Bédouins se passionnèrent pour un séjour aussi enchanteur ; ils s’exposèrent à tout pour y parvenir : ils devinrent des héros.
Mahomet fut prince ; il rallia ses compatriotes autour de lui. En peu d'année, ses Moslems conquirent la moitié du monde. Il arrachèrent plus d'âme aux faux dieux, culbutèrent plus d'idoles, renversèrent plus de temples païen en quinze années, que les sectateurs de Moïse et de Jésus-Christ ne l'ont fait en quinze siècles. Mahomet était un grand homme. Il eût été effectivement un dieu, si la Révolution qu'il a opéré n'avait été préparée par les circonstances. Lorsqu'il parut, les Arabes étaient, depuis longues années, aguerris par les guerres civiles. Tout ce que les peuples ont fait de grand sur le théâtre du monde, ils l'ont fait en sortant de ces crises qui retrempent également les âmes et les corps. Si les batailles de Kadesia et de... qui permirent aux intrépides Moslems de planter l'étendard du Prophète sur l'oxus et les frontières de la Chine ; si celle de Aiznadin et de Yarmouk, qui firent tomber sous leur domination la Syrie et l'Égypte, avaient tourné contre eux ; si les Khaled, les Derar, les Amrou eussent été vaincus, rejetés dans leurs immense désert, les Arabes eussent repris leurs vie errante, ils eussent vécu comme leurs pères, pauvres et misérable ; les noms de Mahomet, d'Ali, d'Omar, seraient inconnus à l'univers.
L'ascendance progressive du christianisme, au contraire, n'a dépendu du succès d'aucun événement secondaire. Cette religion s'est propagée, insinuée comme une doctrine qui captive, persuade, et dont rien ne peut arrêter la marche. Constantin en accéléra le triomphe ; mais, s'il n'eût pas demandé le baptême, un de ses successeurs n'eût pas tardé à le faire. Jésus-Christ était un prédicateur ; il donna à ses apôtres le don de la parole. Moïse et Mahomet étaient des chefs de peuples qui donnèrent des lois et régirent les affaires de ce monde. «Le glaive est la clef du ciel, dit le Prophète ; qui périt dans le combat absous de ses péchés ; les ailes des anges remplacent les membres perdus dans la bataille ; l'encensoir est inséparable du glaive !» Il fit au tribut, détruire la puissance de l’idolâtrie parce qu'elle est un outrage à Dieu, est écrit dans toutes les pages du Coran. Jamais les Moslems ne se soumirent sincèrement à la puissance d'aucun prince idolâtre.»
Source : mémoires de Napoléon tome 2 la campagne d'Égypte pages 231, 232, 233 et 234 éditions tallandier
Voilà une vrai citation sur son rapport aux religions.
Jésus-Christ, quoique descendant de David, ne prétendit pas au trône de ses pères. Il prêta et ordonna obéissance à tout gouvernement établi. «Toute puissance vient de Dieu. Mon Empire n'est pas de ce monde. Rendrez à César ce qui appartient à César.» Il n'eut qu'un but dans sa mission divine : régler les consciences, diriger les âmes dans cette vie pour opérer leur salut dans l'autre. L'Évangile ne donne aucune règle pour le gouvernement des choses d'ici-bas. La doctrine des chrétiens ne dut en exciter en rien la jalousie des Césars ; mais, par la même principe, elle fut extrêmement favorable aux dynastie qui s’élevèrent sur les débris de l'Empire romain : elle les légitima. Clovis ne fut réellement roi qu'après avoir été sacré.
La religions chrétiennes est celle d'un peuple très civilisé. Elle élève l'homme ; elle proclame la supériorité de l'esprit sur la matière, de l'âme sur le corps. Elle est née dans les écoles grecques ; elle est le triomphe des Socrate, des Platon, des Aristide, sur les Flaminius, les scipion, les Paul-émile. Les Romains soumirent la Grèce par la force de leurs armes, mais ils furent subjugué insensiblement par l'influence irrésistible de l'esprit, des arts et des sciences des vaincus. Les canons fondamentaux de l'Église furent délibéré et décrétés dans les conciles tenus en Orient pendant les huit premiers siècle, à Nicée, à Alexandrie, à Antioche, à Constantinople, à Chalcedoine, à Césarée et à Athènes.
Comme tout ce qui s'établit par la seule influence de la persuasion, comme tout ce qui est le résultat du progrès des lumières, la religion de Jésus-Christ eut une marche lente ; il lui fallut quatre siècles pour s'asseoir sur le trône. L'apothéose de César et d'Auguste avait été suivie de celle des plus abjects tyrans. Les nations conçurent de l'aversion pour une religion ou Tibère, Caligula, Héliogabale avaient des autel et des prêtres ; elles cherchèrent des consolations dans le dogme d'un seul Dieu immortel, incrée, créateur, rémunérateur et maître de tout.
L'Église chrétienne promit pour récompenser aux justes de voir Dieu face à face, la jouissance toute spirituelle, dans le temps qu'elle menaçait les réprouvés de peines toutes corporelles, car ils brûlent dans des brasiers ardents. Cette opposition s'explique. Si les méchants n'eussent été menacés que d'être soumis à des peines spirituelles, ils les auraient bravées ; le frein eût été trop faible pour réprimander leurs mauvais penchant. D'un autre côté, un paradis où les élus eussent goûté les plaisirs du monde eût exalté la chair, et la morale chrétienne se propose surtout de la réprimer et de la mortifier. La contrition parfaite.
L'Arabe était idolâtre lorsque Mahomet, sept siècles Après Jésus-Christ, y introduisit le culte du dieu d'Abraham, d’Ismaël, de Moïse et de Jésus-Christ. Les Ariens et d'autres sectes qui avaient troublé la tranquillité de l'Orient avaient agité les questions de la nature du Père, du Fils et du Saint-esprit. Mahomet déclara qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, qui n'avait ni père ni fils ; que la trinité emportait une idée d’idolâtrie. Il écrivit sur le frontispice du Coran : «Il n'y a pas d'autres dieu que Dieu.»
Il s'adressait à des peuples sauvages, pauvres, manquant de tout, fort ignorant ; s'il eût parlé à leur esprit, il n'eût pas été entendu. Au milieu de l'abondance de la Grèce, les plaisirs de la contemplation de l'esprit étaient un besoin ; mais au milieu des déserts, où l'Arabe soupirait sans cesse après une source d'eau, après l'ombre d'un palmier qui pût le mettre à l'abri des rayons brûlant du soleil tropique, il fallait promettre aux élus, pour récompense, des fleuves de lait intarissable, des bosquets odoriférant, où ils ne reposeraient à l'ombre perpétuelle, dans les bras de divines houris, à la peau blanche, aux yeux noirs. Les Bédouins se passionnèrent pour un séjour aussi enchanteur ; ils s’exposèrent à tout pour y parvenir : ils devinrent des héros.
Mahomet fut prince ; il rallia ses compatriotes autour de lui. En peu d'année, ses Moslems conquirent la moitié du monde. Il arrachèrent plus d'âme aux faux dieux, culbutèrent plus d'idoles, renversèrent plus de temples païen en quinze années, que les sectateurs de Moïse et de Jésus-Christ ne l'ont fait en quinze siècles. Mahomet était un grand homme. Il eût été effectivement un dieu, si la Révolution qu'il a opéré n'avait été préparée par les circonstances. Lorsqu'il parut, les Arabes étaient, depuis longues années, aguerris par les guerres civiles. Tout ce que les peuples ont fait de grand sur le théâtre du monde, ils l'ont fait en sortant de ces crises qui retrempent également les âmes et les corps. Si les batailles de Kadesia et de... qui permirent aux intrépides Moslems de planter l'étendard du Prophète sur l'oxus et les frontières de la Chine ; si celle de Aiznadin et de Yarmouk, qui firent tomber sous leur domination la Syrie et l'Égypte, avaient tourné contre eux ; si les Khaled, les Derar, les Amrou eussent été vaincus, rejetés dans leurs immense désert, les Arabes eussent repris leurs vie errante, ils eussent vécu comme leurs pères, pauvres et misérable ; les noms de Mahomet, d'Ali, d'Omar, seraient inconnus à l'univers.
L'ascendance progressive du christianisme, au contraire, n'a dépendu du succès d'aucun événement secondaire. Cette religion s'est propagée, insinuée comme une doctrine qui captive, persuade, et dont rien ne peut arrêter la marche. Constantin en accéléra le triomphe ; mais, s'il n'eût pas demandé le baptême, un de ses successeurs n'eût pas tardé à le faire. Jésus-Christ était un prédicateur ; il donna à ses apôtres le don de la parole. Moïse et Mahomet étaient des chefs de peuples qui donnèrent des lois et régirent les affaires de ce monde. «Le glaive est la clef du ciel, dit le Prophète ; qui périt dans le combat absous de ses péchés ; les ailes des anges remplacent les membres perdus dans la bataille ; l'encensoir est inséparable du glaive !» Il fit au tribut, détruire la puissance de l’idolâtrie parce qu'elle est un outrage à Dieu, est écrit dans toutes les pages du Coran. Jamais les Moslems ne se soumirent sincèrement à la puissance d'aucun prince idolâtre.»
Source : mémoires de Napoléon tome 2 la campagne d'Égypte pages 231, 232, 233 et 234 éditions tallandier
Voilà une vrai citation sur son rapport aux religions.