J'imagine mon corps dans un cercueil, plongeant vers les éternelles ténèbres. Ma bouche serait alors à jamais ouverte pour laisser l'ombre immonde de l'Oubli se déverser en elle. Quant à mes yeux, globes oculaires rigides, ils n'accueilleraient plus la moindre larme, ou ne serait-ce qu'un éclat. Au lieu de ça, ils seraient destinés à être dégustés par la vermine.
Les vers grouilleraient dans mon thorax, qui se soulèverait au gré de leurs indécentes ondulations. Alors, la blancheur éclatante de mes ossements se dévoilerait, perçant les vils lambeaux de ce qui était autrefois une peau humaine et chaude.
Mais qui pourrait imaginer la noirceur qui habite mon esprit, quand avec tant de chaleur je m'efforce de vivre en créant, simplement pour tâcher d'oublier le néant ?