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1) Une élève stigmatise une partie de la population devant le reste de la classe. Elle fait preuve clairement de racisme manifeste. Cela se traduit par des insultes visant un groupe de personnes qui ne lui a rien fait. Il s'agit là clairement d'identités attribuées et d'un manque d'empathie. Cette élève n'est clairement pas dans un cadre de décentration; elle n'a visiblement pas conscience de ses propres préjugés. Le fait que 100% des vendeurs de drogue le long des quais du Rhône à Genève soient d'origine africaine ne change rien. Elle ne peut pas affirmer que tous les Africains sont des vendeurs de drogue sur ce seul exemple. Elle commet l'erreur d'amalgamer des stéréotypes racistes et pour cela, il faudra lui faire prendre conscience de ses erreurs pour l'amener à pousser la réflexion plus loin.



2) Pour combattre ce racisme, il faut d'aborder une posture professionnelle adéquate qui consisterait à adopter une position scientifique. Comme dans tout débat d'idées, outil fondamental de la démocratie, il faut placer un contradicteur. Un élève avance des opinions, il faut donc les traiter une par une et les discuter. A travers les chiffres, l'expérience du terrain, les faits, on pourra lui donner raison ou tort. Pour pouvoir le contredire ou l'approuver, il faut passer par ces processus intellectuels. Un autre point tout-à-fait critique concernant ce thème est de réussir à mettre de côté ses préjugés, ses partis pris. Cela n'est pas toujours facile mais si on est capable de ne pas se murer dans une posture dogmatique, on pourra faire évoluer ses positions dans le cas où certains faits nous donnerait tort.



On peut commencer par donner en exemple à cette élève les Italiens des années 1960 qui ont mal été accueillis dans notre pays, sujets qu'ils étaient à des stéréotypes. Avec le temps, ils se sont parfaitement intégrés et ne collent pas du tout à l'image qu'elle se fait des étrangers.



On peut ensuite développer ce dialogue pour remédier à ces stéréotypes racistes à travers plusieurs points. Le premier est évidement de promouvoir le vivre-ensemble. Avec un apport de cultures différentes, il faut prendre conscience que les pays s'enrichissent, se renforcent. La mixité, l'inclusion permettent d'élargir les champs de vision de citoyens et de voyager vers de nouveaux horizons. Dans le cas présent, il s'agit d'une élève individuelle. C'est regrettable mais on peut encore travailler dessus. En revanche, cela devient réellement dangereux quand le racisme est institutionnalisé. Quand l'état lui-même rejette un groupe pour des raisons racistes, cela prend une toute autre tournure. Un exemple frappant est le sort réservé aux pauvres éthiopiens de confession juive qui se voient interdire les mêmes droits que les citoyens israéliens d'origine européenne ou hébraïque. En effet si Israël autorise les juifs du monde entier à venir s'installer en vertu de sa loi du retour, elle n’accorde en revanche pas ce droit aux personnes connues sous le nom de Falash Mura, des Ethiopiens cherchant à vivre en Israël. Il faut donc relativiser l'ampleur des propos de cette élève même s'ils sont évidemment regrettables. Côtoyer, vivre aux côtés de ces étrangers qu'elle insulte serait un premier pas vers la tolérance.



Un deuxième axe sur lequel travailler est de valoriser les différences entre les cultures, comme source d'échanges et d'épanouissement. A travers les cours d'histoire ou même des cours spécifiques mis en place, les élèves peuvent comprendre les différents peuples et accepter les différences qui sont un enrichissement culturel évident. L'important ici est bien de ne surtout pas être centré sur un seul continent. Tous ont quelque chose à apporter, à montrer au monde. En effet, pourquoi ne parler que du château de Chambord, de l'Iliade, de la cotte de maille, toutes créations européennes ? Pourquoi ne pas également parler des sorciers pétomanes komas, cette vaillante tribu camerounaise qui perpétue des danses rituelles depuis des siècles ou de la lapidation traditionnelle saoudienne envers les femmes infidèles ? Ces coutumes sont ancrées dans chez ces peuples depuis des lustres et nous pencher dessus permettra aux élèves de saisir toute la subtilité des cultures qui viennent nous enrichir.



Ce deuxième axe donne immédiatement une possibilité d'aller encore plus loin. Vivre la diversité par la diversité permettra de complètement familiariser les élèves avec les cultures du monde entier. J'ai déjà parler de cours d'histoire mais pourquoi ne pas aller plus loin ? En géographie nous pourrions par exemple étudier des pays comme le Congo, l'Afghanistan, la République centrafricaine pour montrer aux élèves que les stéréotypes racistes n'ont pas lieu d'être. Cela permettrait aux enfants de se familiariser avec la diversité.





3) Le défi de l’éducation dans la lutte contre les racismes et les discriminations est multiple. En premier lieu, il faut faire prendre conscience aux gens que le racisme n'est pas une fatalité. Par le dialogue, les échanges, par la confrontation d'idées, on peut se rendre compte de ce que l'autre peut nous apporter. Imaginer que l'étranger est un parasite uniquement parce que c'est un étranger ne mène qu'à la haine et à la violence. Les peuples doivent comprendre que le vivre-ensemble et l'interculturalité sont une force et non un handicap. Pour prendre un exemple, si les noirs sud-africains se rendaient compte des bienfaits que peuvent leur apporter les fermiers blancs, à travers leurs outils agricoles et leur savoir-faire, ils comprendraient certainement que les tuer n'est pas la bonne solution.