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Avatar de Koda Koda
L'homme est-il un soleil laborieux

Jeté dans une mer de ténèbres oublieux,

Ou est-il cet éternel chien errant

Chassé, battu, traqué mais pensant,

A la recherche d'une fleur brisée,

Perdue dans la chevelure d'une piste ensablée ?

Un jour pourtant l'homme harassé

Se couche à l'ombre d'une croix oubliée

Et sentant le vent courir sur sa fosse,

Il regardera ses longues mains d'os

Comme un miroir de chair sans image,

Comme un grand livre sans page..

Il y cherchera longtemps, mais en vain,

Le sens de sa vie et de ses lendemains.

Écoutez dans le silence des vagues

Le chant des morts parmi les algues ;

Admirez dans la blancheur de l'écume

La pureté de leur innocence qui fume ;

Ô paysage désolé d'un amour sans nom

Tu as roulé au fond de mon cœur profond

Comme la vague immense de la vie

Qui emporte nos carcasses déjà noircies !



L'amour est-il cet élan d'orgueil

Jailli du fond d'un cœur trop seul,

Ou est-il ce fleuve-ouragan,

Sans cesse endigué, mais toujours débordant,

A la recherche d'une mer délaissée

Sur la plage d'un conte de Fée ?

Une nuit pourtant l'amour ne sera plus

Qu'un baiser déçu, qu'un baiser perdu,

Dévalant la pente d'un pauvre espoir,

En fermé au creux d'un mouchoir,

Comme une larme qu'on veut oublier,

Comme une fleur qu'on veut sécher..

Il criera l'inutilité de la vie

Et glacera l'amour avec l'envie.

Écoutez dans le déploiement d'un mouchoir

La pluie de larmes qui s'en échappe un soir ;

Admirez sur la blancheur d'un corps

Ces tâches rouges qui souffrent encore ;

Ô Amour jamais atteint, pétri

Dans une mare toujours jaunie,

Tu n'es plus qu'un roulement de tambour

Aux oreilles désolées d'un sourd !



La mort est-elle cette puissante vérité

Brassée dans un remous d'illusions trompées,

Ou est-elle cet impatient drapeau noir

Qu'on arrache à la vague d'un soir

Comme une amarre lorsqu'il est temps de partir

Et que le bonheur s'épargne au souvenir ?

Un soir la grande ombre du désespoir

Flottera sur une trop belle histoire

Et la mort ne sera qu'un drapeau sans retour

Planté par l'égoïsme au sommet de l'amour,

Comme un dernier défi jeté à l'humanité,

Comme un souvenir livré à l'éternité,

Elle emportera une moissons e saisons

Vers une autre vie, vers d'autres horizons.

Écoutez le silence de celui qui meurt,

Il a perdu son amour et n'a pas de rancœur ;

Admirez dans ses sursauts de démence

La grandeur de son geste immense ;

Ô Mort, suprême vérité des vérités,

Toujours chérie des cœurs désertés,

Tu es plus belle que l'amour,

Tu es plus vraie que le mot toujours.

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