Un autre passage bien sympa, notamment sur les relations entre femme, sexe et argent 
La fascination du pauvre, ou plutôt du riche, c’est l’argent. C’est le secret de la prostitution, bien sûr, mais pas seulement. On n’a jamais vu une actrice au bras d’un garçon boucher. Mais on voit souvent des garçons fort laids, au volant de fort belles voitures de sport, au côté de ravissantes personnes de sexe féminin. Les cruelles statistiques montrent que le divorce, demandé par la femme, s’intensifie lorsque l’homme est au chômage. Et pourtant la femme travaille, gagne sa vie. Ce n’est donc pas une question matérielle, alimentaire. Mais notre société nie la subtilité de ces rapports au nom de l’égalité et du respect, tue-désir de masse. On a vu que la prostitution était devenue un des moyens qu’ont trouvé les hommes pour retrouver une supériorité — et donc leur désir — dans la société du respect et de l’égalité. Pour la même raison, d’autres vont en Thaïlande ou à Cuba. Ces hommes occidentaux, beaucoup d’Allemands et d’Américains qui viennent de contrées où les féministes ont été particulièrement virulentes, fuient les femmes blanches, leurs égales, trop respectables, qu’ils n’osent donc pas désirer. Ces hommes « aiment » leurs femmes, mais justement les aiment trop, les respectent trop, les admirent trop, les craignent trop pour les désirer encore. Exactement comme les hommes du xrxe siècle se rendaient au bordel, baiser des putains ou des courtisanes, tandis qu’ils « respectaient » leur femme sanctifiée par la religion catholique.
