Citation de POK
Je vais te donner une preuve du fonctionnement de "sélection du milieu" ou "sélection naturelle".
La sélection naturelle c'est ce qui explique qu'à travers l'évolution, les individus sont de plus en plus adaptés à leur milieu, c'est un peu le moteur de l'évolution : la théorie de l'évolution c'est qu'on est tous issu d'un individu et que par des mutations successives on développe des caractéristiques différentes que l'on transmet à la descendance et au fil du temps ces caractéristiques sont de plus en plus performantes ou se modifient etc... La sélection naturelle c'est ce qui explique pourquoi certaines caractéristiques se développent au fil des générations et pourquoi d'autres disparaissent. En gros c'est simple : un individu qui survit bien dans son milieu a plus de chances de se reproduire. Si une nouvelle caractéristique apparait : elle peut avoir 3 impacts différents : un impact neutre, un impact positif et un impact négatif. Si elle a un impact positif l'individu a plus de chances que ses congénères de se reproduire, et donc de transmettre à sa descendance sa caractéristique nouvelle. Sa descendance sera elle aussi avantagée et se reproduira mieux que les autres, et colonisera plus facilement le milieu. Si c'est neutre ben il va se reproduire comme les autres et transmettre cette caractéristique sans que ça ait vraiment d'impact sur sa descendance. Si c'est désavantageux déjà il a moins de chances de se reproduire mais ensuite si il se reproduit, sa descendance aussi aura plus de mal à se reproduire et finira par disparaitre.
Maintenant venons-en à l'exemple concret. Cet exemple c'est la résistance aux antibiotiques par les bactéries.
C'est simple un antibiotique comme la pénicilline, va s'attacher à des protéines de la membrane de la bactérie, pour détruire cette membrane et empêcher tuer la bactérie. Certaines bactéries, très rares au début, produisent molécules capable d'empêcher la pénicilline de fonctionner et de détruire la membrane. Ce sont des enzymes qui vont littéralement détruire la molécule de pénicilline, ont dit qu'elles produisent des pénicillinases. Admettons j'ai une infection bactérienne et je suis traité à la pénicilline. Toutes les bactéries vont crever, sauf celles qui produisent des pénicillinases, et qui sont donc résistantes. Il faut comprendre qu'à la base elle sont extrêmement minoritaire, 99,99% des bactéries ne produisent pas ces pénicillinases et ne sont pas résistantes.
Donc je suis traité mettons sur une longue durée. Les bactéries classiques meurent donc rapidement, plus rapidement en tout cas que les bactéries résistantes. Là ou le milieu était envahit par les bactéries classiques, ces dernières disparaissent, et les bactéries résistantes n'ont donc plus de compétition pour accéder aux nutriments et se développer. Et elles vont donc coloniser le milieu : elles étaient 0,01% au départ, progressivement ce taux augmente, et elles sont de plus en plus nombreuses, jusqu'à ce que le milieu en soit totalement envahit. Il y a eu une sélection sur le milieu, les bactéries résistantes ont été sélectionnées. Et si on veut continuer à me traiter on va devoir trouver un autre antibiotique pour le faire, parce que désormais mes bactéries résistent.
C'est simplifié, en réalité il y a d'autres mécanismes en jeu dans les résistances aux antibiotiques : les bactéries ont la capacité de partager leur génome entre elles et non seulement à leur descendance : quand une bactérie meurt, son matériel génétique se retrouve dans le milieu, et une autre bactérie peut l'intégrer à son génome. Ainsi quand une bactérie résistante meurt, une bactérie différente peut acquérir cette résistance si elle intègre à son génome la partie du génome de l'ancienne bactérie qui code pour le production de pénicillinases. C'est pour ça qu'on dit de suivre les traitements antibiotiques jusqu'au bout : les antibiotiques empêchent d'abord aux bactéries de se reproduire, puis les détruisent. Si on arrête le traitement trop tôt, le risque c'est que la bactérie pathogène ne soit pas totalement éradiquée, qu'elle recommence à se reproduire et, qu'elle intègre la résistance d'une bactérie saine du milieu, qui était résistante de base. Si on reprend le traitement, on se retrouve avec des bactéries pathogènes qui ont acquis la résistance, et le traitement sera inefficace.
Pourquoi on a heureusement pas toujours des bactéries résistantes : en général la résistance ça demande plus d'énergie à une bactérie. Elle doit consacrer de l'énergie à sa survie, à l'intégration de nourriture, à sa reproduction, et à la production de pénicillinases. Sans antibiotiques, elle se reproduit donc moins vite que les autres, et donc par compétition, finit par disparaitre du milieu.
Dajack ne nie pas la sélection naturelle mais la manière dont la théorie de l'évolution explique le passage d'une espèce à une autre.