Citation de AlgerianTheory
Je donne un exemple de cete quête stérile pour "le progrès" et la "surenchère" : le piano. Le piano est de plus en plus brillant, martelant. Moi j'associe ça vraiment à l'occidentalisme : toujours cet "optimisme" politique et artistique, où on peut faire encore plus virtuose, plus survolté que le précédent compositeur
J'ai d'abracadabrantes théories sur le piano. Le clavicorde - qui présentait la particularité de pouvoir appuyer sur la corde et en hausser légèrement la tonalité, comme les asiatiques peuvent appuyer sur les cordes des instruments de la famille des guzheng ou gayageum -, ancêtre premier du piano était très discret, présentait des dynamiques sonores mais très serrées puisque volume bas de toute façon. Ensuite le clavecin n'offrait aucune dynamique dans le volume, le piano-forte en ramène, le piano en a finalement encore beaucoup plus.
Ces claviers voient une évolution vers des sons plus ronds et liquides offrant de grandes amplitudes de volume, en partant à l'origine de sons très métalliques avec assez peu ou pas de dynamiques
La musique baroque au clavecin ne pouvant jouer sur le volume, doit présenter des motifs mélodiques et rythmiques captivants, puisqu'elle ne peut créer ce qui allait devenir des "ambiances" avec les possibilités de volumes.
La musique romantique au piano peut jouer sur de très grandes différences de volume, créer des ambiances. Le rythme en vient à devenir secondaire, et les mélodies (forcément dans une relation symbiotique avec les motifs rythmiques) n'ont plus tant d'importance que ces ambiances.
La musique dégénère dans de longs rubatos homosexuels et les concertistes en sont venus pendant un temps à tout jouer sauce romantique ce qui est parfaitement ignoble.
J'ai presque horreur du piano, de ces sons gras et mouillés, du volume infernal qu'il génère. J'adore le clavecin, surtout Couperin, Scarlatti et Rameau.
On peut livrer des analyses proches sur la musique symphonique: multiplication des pupitres d'un même instrument, afin de fournir plus de volume. Délire allant avec la naissance proche de la classe bourgeoise. Concerts extravagants où la bonne société peut se sentir transportée par des masses de sons, parfois jusqu'à l'évanouissement.
Sachant qu'un groupe n'est jamais meilleur que son plus mauvais élément on peut se demander si l'orchestre symphonique est une bonne idée.
Au niveau humain on constate évidemment que non: les chefs d'orchestre sont cinglés et vicieux, les musiciens jouant du même instrument entretiennent des jalousies. Ca ne peut que se ressentir esthétiquement même si c'est évidemment indescriptible.
Après la période baroque: catastrophe jusqu'à Debussy
Enfin je fais le malin mais je n'y connais pas grand'chose en fait, mais si je sais quelque chose c'est mon inappétence pour Mozart Beethoven etc et mon dégoût total pour la musique romantique à part Chopin peut-être, que je tente de justifier par des théories esthétiques