Topic : « [Élite] Ce topic fera 5000 pages »
10 Février 1763 - Conquête Britannique "traité de Paris" Pour ceux qui disent que le Québec est contrôler par l’Angleterre parce que ils nous ont battue a la guerre, les anglais nous ont jamais battu par la force, même que on leurs a crisser une bonne volée au moins 2 fois (en 1759 et 1760) même après que les forces françaises soit reparti en Europe. Ils nous ont pas battu, ils nous ont acheter pour ben du $$ et les Antilles, pis une fois que la majorité de l’armée française était parti,ils sont venu, en criss de lâche, massacrer une coupes de colons français et le peu d’armée française qui ne voulaient pas abandonner le pays, juste pour se soulager de leurs anciennes défaites et faire comprendre qui est le boss. On a été vendu et abandonné, la décision a été prise de l'autre cote de l'atlantique
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>>kerabera
Cpo con ça. J'approuve

Citation de PseudoSimple
Vas retenir les pages aussibah faudrait que l'auteur du topic soit toujours actif et édite son premier message avec le recensement des pages importantes.
Cpo con ça. J'approuve


Galère à maintenir tout ça
Je fais la passe au suivant
C'est un blabla ce topic? 

Pour parler de tout et de rien, tant que ça fait venir des messages
Ya des salves de postes et plus rien
Mon enfance, celle de tous les possibles
J’ai eu une jeunesse plutôt classique, totalement heureuse. J’ai pratiqué de nombreuses activités (GRS, judo, basket, saxophone), peu importe à quel genre la société les liait traditionnellement. Enfant, je joue à raconter des histoires, à la marelle tracée à la craie sur le sol, au foot dans le quartier, à la corde à sauter, aux billes sur le relief des plaques d’égout de la cour de récré…
J’ai des ami•es, un petit copain, une sœur et des parents adorables, de mignonnes poupées, un mini-panneau de basket sur la porte de ma chambre, de bonnes notes.
J’aime lire, Ydriss, les bonbons, les vacances à la campagne chez mes grands-parents, les BN qui font un clin d’œil (parce qu’ils me donnent le droit d’en manger un en plus).
Je n’aime pas les WC à la turque en colonie de vacances, les animaux (désolé), l’heure de rentrer, « Chou de Bruxelles » (le grand méchant de la récré aux cheveux frisés), les quenelles, les BN à la fraise.
Sur mon petit chemin de vie, tout roule.
À l’adolescence, quelque chose cloche
Il faut bien qu’à un moment les choses se gâtent, non ?
À partir de 10-11 ans, j’ai l’impression constante et insidieuse que quelque chose d’absolument capital ne va pas chez moi… sans arriver à savoir quoi. Maintenant, je sais que de nombreuses personnes trans passent par cette période de tourmente sans nom.
Tu ne peux pas savoir que tu aimes le chocolat si tu ne sais pas que le chocolat existe. Tu ne sais pas que tu es trans si tu ne sais pas que tu peux t’identifier à autre chose qu’au genre qu’on t’a assigné à la naissance.
J’ai l’impression constante et insidieuse que quelque chose d’absolument capital ne va pas chez moi… sans arriver à savoir quoi.
Les choses se sont peut-être compliquées parce que la pression dans notre société atteint davantage les enfants au fur et à mesure qu’ils grandissent. Mais n’ayant pas des goûts stéréotypiquement « masculins » ni une éducation extrêmement genrée, je ne me suis confronté à aucune difficulté ou interdiction.
Alors qu’est-ce qui a changé dans ma vie à ce moment-là ? Rien ! J’ai toujours une sœur et des parents adorables, un groupe d’ami•es soudé, des étagères blindées de livres, un nouveau petit copain, des profs sympas, de bonnes notes, une excellente équipe de basket… mais quelque chose ne va décidément pas.
Sans entrer dans les détails, j’ai commencé à m’automutiler et à essayer de me suicider régulièrement. J’ai besoin d’extérioriser cette chose qui me pique sans cesse et que je ne vois nulle part. Ma sœur a peur de rester seule à la maison avec moi, mes parents s’inquiètent et je suis dans un flou total lorsqu’il s’agit d’expliquer mon mal-être.
big-automutilation-temoignage-psychologie
J’ai besoin d’extérioriser cette chose qui me pique sans cesse et que je ne vois nulle part.
J’ai réalisé que je préférais les filles (ce qui faisait de moi une « fille lesbienne » à l’époque) mais cette prise de conscience et acceptation progressive n’est pas le Graal libérateur espéré. Je n’éprouve pas les mêmes désirs que la majorité des femmes, mais finalement ça ne change pas grand-chose pour moi ou ma vie de tous les jours (tût tût les homophobes).
À 18 ans, je suis dépressive et je ne sais toujours pas ce qui cloche.
Mon genre et moi aux débuts de l’âge adulte
Après avoir emménagé seul•e pour débuter une classe préparatoire, je réalise que je suis totalement incapable de prendre soin de moi, je continue à avoir envie de me détruire et j’arrête même de manger (spoiler alert : ce n’est pas l’idée du siècle).
Un gros semestre de débandade culinaire ne m’empêche pas de devenir major de promo (mais quand on est mort•e, les bonnes notes ça sert pas à grand-chose). Je finis par être hospitalisé•e de force en hôpital psychiatrique. J’y suis resté•e un bon semestre.
Avec l’aide de certain•es psys, je finis bien par « guérir» autant qu’il se peut de mon anorexie. Mais je n’ai toujours aucune idée de pourquoi je me torture autant.
Quand j’y repense, je me dis que c’est assez fou : j’ai vu une bonne dizaine de psys de toutes sortes et aucun•e n’a vraiment questionné mon rapport au genre ! J’y suis sûrement pour quelque chose puisque je deviens une tombe lorsqu’il s’agit de parler de sujets intimes. Mais le manque de formation du personnel médical dans son ensemble sur le sujet y est sûrement aussi pour beaucoup.
J’ai vu une bonne dizaine de psys de toutes sortes et aucun•e n’a vraiment questionné mon rapport au genre !
Par exemple, je crois que certain•es ont mis le fait que je tende à me considérer comme un homme sur le compte de mon homosexualité. Alors qu’identité de genre et orientation sexuelle n’ont RIEN à voir !
On peut aimer jouer au cerf-volant, mais le faire depuis une plage de la Méditerranée ou au milieu d’un champ en Haute-Loire, ça change tout de même pas mal le tableau (ceci n’est pas une métaphore sexuelle) (enfin je ne crois pas).
La transidentité et moi, histoire d’une découverte
J’ai vu une psy pendant encore un an pour décortiquer tout ça, gérer le quotidien et ne pas retomber dans mes travers (de porc miam), parler de mon rapport à mon corps manifestement compliqué (d’où le symptôme anorexie)…
À côté de ça, je me suis cherché, j’ai fait des collages, des dessins, des tours de parc en courant et en parlant tout seul. J’ai continué à lire beaucoup pour me trouver dans les mots des autres. De même, j’ai continué mon énorme visionnage compulsif de films, documentaires, séries (même en japonais sous-titré allemand !).
Et j’ai fini par tomber sur des personnes trans !
Je découvre l’existence des personnes transgenres et surtout de quelques jeunes hommes trans.
Même si je ne m’identifiais pas particulièrement aux femmes trans représentées la plupart du temps (des personnes assignées homme à la naissance, ayant souvent deux à trois fois mon âge, et une situation bien différente et souvent caricaturale), j’ai au moins découvert l’existence des personnes transgenres et surtout de quelques jeunes hommes trans.
Mais ceux-ci aiment le foot et les tapes dans le dos, ont les cheveux très courts, refusent catégoriquement de porter des « vêtements de fille » depuis leur plus jeune âge…
Je me questionne : qu’ai-je à voir avec eux, moi qui suis plutôt un rat de bibliothèque, travaillant régulièrement en tailleur-jupe, préférant généralement la compagnie des femmes à celles des hommes, plus intéressé•e par les différents points de tricot que les noms des joueurs vendus pendant le mercato ? Pourquoi est-ce que ce ne serait pas plutôt ma sœur qui serait trans, elle qui aime le foot, adore faire de la moto, et traîner avec des mecs ?
Je réalise que je peux être un homme sans correspondre à tous les clichés du genre.
Dans le même temps, j’entame une relation amoureuse avec une femme ouverte d’esprit. Avec elle, je peux expérimenter sans être jugé•e mon rapport à mon corps (les vêtements, avoir un torse plat, le fait d’être ou non tactile…), mon rapport au langage (nommer ses ressentis et envies, être genré au masculin…) par exemple.
En fait, je suis incapable de dire comment j’ai eu « la révélation » car elle est venue très progressivement. Je réalise que je peux être un homme sans correspondre à tous les clichés du genre (qui y correspond vraiment, d’ailleurs ?).
onc pas de révélation en forme de feu d’artifice, un matin au réveil, mais une identification qui a fait son chemin et germé sur la durée. J’ai mis longtemps à accepter l’idée d’être différent, d’être très critiquable voire incompréhensible pour la majorité des gens.
Mais à partir du moment où j’ai accepté de me regarder en face et de me laisser exister, je ne me suis plus jamais fait de mal. Coïncidence ? Je ne crois pas !
La transition de genre à l’échelle sociale
En transpirant 5 litres à chaque fois, j’ai donc commencé à faire mon (deuxième) coming-out — à ma sœur, puis mes parents, puis mes différents cercles d’ami•es.
Les membres de ma famille, inquiets, ont mis un peu plus d’un an à réaliser que cette prise de conscience signait la fin des problèmes cités plus haut et n’en était pas un nouveau ou une fuite en avant. C’est surtout voir tout le reste de notre famille être en mode « peace & love, sois qui tu es » qui les a fait avancer.
Au niveau de mes ami•es, j’ai fait un petit tri au passage et tout s’est plutôt bien passé : il y a bien eu quelques imbéciles, mais vraiment moins que ce que je pensais.
Pour ce qui est des bisous entre adultes consentants (l’amour, le sexe, tout ça)… rassure-toi, j’ai toujours autant de propositions indécentes qu’avant !
Je dirais que 90% des gens n’ont aucun problème avec la transidentité… lorsqu’ils sont bien informés.
Aujourd’hui, je ressens vraiment que j’agis plus naturellement, que je suis moins tendu, et ça se répercute dans ma vie sociale. En me basant sur les échos d’autres personnes concernées et sur mon expérience, je dirais que 90% des gens n’ont aucun problème avec la transidentité… lorsqu’ils sont bien informés.
Le problème, c’est que 99% des Français•es sont mal informé•es sur tout ce qui touche au genre, même si le féminisme et la lutte contre les LGBT-phobies permettent déjà d’aborder le sujet ! Du coup, j’ai le sentiment d’être passé de « j’ai un problème avec moi-même » à « les autres ont un problème avec moi / j’ai un problème avec les autres ».
Cependant, je reste particulièrement mal à l’aise dans la sphère publique, notamment à cause de mon cis-passing qui reste relativement aléatoire.
On parle de « (cis)passing » pour décrire le fait d’être vu par les autres comme un homme ou une femme « cisgenre », donc qui s’identifie à son genre déclaré à la naissance — l’inverse de transgenre, donc.
Par exemple, des hommes m’interpellent très souvent dans la rue ou les transports en commun pour me demander « T’es un homme ou une femme ? » — et en bonus « T’aimes les hommes ou les femmes ? ». Toute personne ayant déjà été harcelée dans la rue mesure le niveau d’oppressante bêtise de ce genre d’énergumènes.
Avec le temps, j’ai appris à être moins déstabilisé par ces micro-attaques parce que j’ai réussi à gagner en confiance en moi… mais on ne s’y habitue vraiment jamais.
La transidentité VS l’administration
Une des grandes (la pire ?) difficultés quand on est trans, c’est de ne plus avoir de papiers concordants avec son apparence physique.
J’ai eu une jeunesse plutôt classique, totalement heureuse. J’ai pratiqué de nombreuses activités (GRS, judo, basket, saxophone), peu importe à quel genre la société les liait traditionnellement. Enfant, je joue à raconter des histoires, à la marelle tracée à la craie sur le sol, au foot dans le quartier, à la corde à sauter, aux billes sur le relief des plaques d’égout de la cour de récré…
J’ai des ami•es, un petit copain, une sœur et des parents adorables, de mignonnes poupées, un mini-panneau de basket sur la porte de ma chambre, de bonnes notes.
J’aime lire, Ydriss, les bonbons, les vacances à la campagne chez mes grands-parents, les BN qui font un clin d’œil (parce qu’ils me donnent le droit d’en manger un en plus).
Je n’aime pas les WC à la turque en colonie de vacances, les animaux (désolé), l’heure de rentrer, « Chou de Bruxelles » (le grand méchant de la récré aux cheveux frisés), les quenelles, les BN à la fraise.
Sur mon petit chemin de vie, tout roule.
À l’adolescence, quelque chose cloche
Il faut bien qu’à un moment les choses se gâtent, non ?
À partir de 10-11 ans, j’ai l’impression constante et insidieuse que quelque chose d’absolument capital ne va pas chez moi… sans arriver à savoir quoi. Maintenant, je sais que de nombreuses personnes trans passent par cette période de tourmente sans nom.
Tu ne peux pas savoir que tu aimes le chocolat si tu ne sais pas que le chocolat existe. Tu ne sais pas que tu es trans si tu ne sais pas que tu peux t’identifier à autre chose qu’au genre qu’on t’a assigné à la naissance.
J’ai l’impression constante et insidieuse que quelque chose d’absolument capital ne va pas chez moi… sans arriver à savoir quoi.
Les choses se sont peut-être compliquées parce que la pression dans notre société atteint davantage les enfants au fur et à mesure qu’ils grandissent. Mais n’ayant pas des goûts stéréotypiquement « masculins » ni une éducation extrêmement genrée, je ne me suis confronté à aucune difficulté ou interdiction.
Alors qu’est-ce qui a changé dans ma vie à ce moment-là ? Rien ! J’ai toujours une sœur et des parents adorables, un groupe d’ami•es soudé, des étagères blindées de livres, un nouveau petit copain, des profs sympas, de bonnes notes, une excellente équipe de basket… mais quelque chose ne va décidément pas.
Sans entrer dans les détails, j’ai commencé à m’automutiler et à essayer de me suicider régulièrement. J’ai besoin d’extérioriser cette chose qui me pique sans cesse et que je ne vois nulle part. Ma sœur a peur de rester seule à la maison avec moi, mes parents s’inquiètent et je suis dans un flou total lorsqu’il s’agit d’expliquer mon mal-être.
big-automutilation-temoignage-psychologie
J’ai besoin d’extérioriser cette chose qui me pique sans cesse et que je ne vois nulle part.
J’ai réalisé que je préférais les filles (ce qui faisait de moi une « fille lesbienne » à l’époque) mais cette prise de conscience et acceptation progressive n’est pas le Graal libérateur espéré. Je n’éprouve pas les mêmes désirs que la majorité des femmes, mais finalement ça ne change pas grand-chose pour moi ou ma vie de tous les jours (tût tût les homophobes).
À 18 ans, je suis dépressive et je ne sais toujours pas ce qui cloche.
Mon genre et moi aux débuts de l’âge adulte
Après avoir emménagé seul•e pour débuter une classe préparatoire, je réalise que je suis totalement incapable de prendre soin de moi, je continue à avoir envie de me détruire et j’arrête même de manger (spoiler alert : ce n’est pas l’idée du siècle).
Un gros semestre de débandade culinaire ne m’empêche pas de devenir major de promo (mais quand on est mort•e, les bonnes notes ça sert pas à grand-chose). Je finis par être hospitalisé•e de force en hôpital psychiatrique. J’y suis resté•e un bon semestre.
Avec l’aide de certain•es psys, je finis bien par « guérir» autant qu’il se peut de mon anorexie. Mais je n’ai toujours aucune idée de pourquoi je me torture autant.
Quand j’y repense, je me dis que c’est assez fou : j’ai vu une bonne dizaine de psys de toutes sortes et aucun•e n’a vraiment questionné mon rapport au genre ! J’y suis sûrement pour quelque chose puisque je deviens une tombe lorsqu’il s’agit de parler de sujets intimes. Mais le manque de formation du personnel médical dans son ensemble sur le sujet y est sûrement aussi pour beaucoup.
J’ai vu une bonne dizaine de psys de toutes sortes et aucun•e n’a vraiment questionné mon rapport au genre !
Par exemple, je crois que certain•es ont mis le fait que je tende à me considérer comme un homme sur le compte de mon homosexualité. Alors qu’identité de genre et orientation sexuelle n’ont RIEN à voir !
On peut aimer jouer au cerf-volant, mais le faire depuis une plage de la Méditerranée ou au milieu d’un champ en Haute-Loire, ça change tout de même pas mal le tableau (ceci n’est pas une métaphore sexuelle) (enfin je ne crois pas).
La transidentité et moi, histoire d’une découverte
J’ai vu une psy pendant encore un an pour décortiquer tout ça, gérer le quotidien et ne pas retomber dans mes travers (de porc miam), parler de mon rapport à mon corps manifestement compliqué (d’où le symptôme anorexie)…
À côté de ça, je me suis cherché, j’ai fait des collages, des dessins, des tours de parc en courant et en parlant tout seul. J’ai continué à lire beaucoup pour me trouver dans les mots des autres. De même, j’ai continué mon énorme visionnage compulsif de films, documentaires, séries (même en japonais sous-titré allemand !).
Et j’ai fini par tomber sur des personnes trans !
Je découvre l’existence des personnes transgenres et surtout de quelques jeunes hommes trans.
Même si je ne m’identifiais pas particulièrement aux femmes trans représentées la plupart du temps (des personnes assignées homme à la naissance, ayant souvent deux à trois fois mon âge, et une situation bien différente et souvent caricaturale), j’ai au moins découvert l’existence des personnes transgenres et surtout de quelques jeunes hommes trans.
Mais ceux-ci aiment le foot et les tapes dans le dos, ont les cheveux très courts, refusent catégoriquement de porter des « vêtements de fille » depuis leur plus jeune âge…
Je me questionne : qu’ai-je à voir avec eux, moi qui suis plutôt un rat de bibliothèque, travaillant régulièrement en tailleur-jupe, préférant généralement la compagnie des femmes à celles des hommes, plus intéressé•e par les différents points de tricot que les noms des joueurs vendus pendant le mercato ? Pourquoi est-ce que ce ne serait pas plutôt ma sœur qui serait trans, elle qui aime le foot, adore faire de la moto, et traîner avec des mecs ?
Je réalise que je peux être un homme sans correspondre à tous les clichés du genre.
Dans le même temps, j’entame une relation amoureuse avec une femme ouverte d’esprit. Avec elle, je peux expérimenter sans être jugé•e mon rapport à mon corps (les vêtements, avoir un torse plat, le fait d’être ou non tactile…), mon rapport au langage (nommer ses ressentis et envies, être genré au masculin…) par exemple.
En fait, je suis incapable de dire comment j’ai eu « la révélation » car elle est venue très progressivement. Je réalise que je peux être un homme sans correspondre à tous les clichés du genre (qui y correspond vraiment, d’ailleurs ?).
onc pas de révélation en forme de feu d’artifice, un matin au réveil, mais une identification qui a fait son chemin et germé sur la durée. J’ai mis longtemps à accepter l’idée d’être différent, d’être très critiquable voire incompréhensible pour la majorité des gens.
Mais à partir du moment où j’ai accepté de me regarder en face et de me laisser exister, je ne me suis plus jamais fait de mal. Coïncidence ? Je ne crois pas !
La transition de genre à l’échelle sociale
En transpirant 5 litres à chaque fois, j’ai donc commencé à faire mon (deuxième) coming-out — à ma sœur, puis mes parents, puis mes différents cercles d’ami•es.
Les membres de ma famille, inquiets, ont mis un peu plus d’un an à réaliser que cette prise de conscience signait la fin des problèmes cités plus haut et n’en était pas un nouveau ou une fuite en avant. C’est surtout voir tout le reste de notre famille être en mode « peace & love, sois qui tu es » qui les a fait avancer.
Au niveau de mes ami•es, j’ai fait un petit tri au passage et tout s’est plutôt bien passé : il y a bien eu quelques imbéciles, mais vraiment moins que ce que je pensais.
Pour ce qui est des bisous entre adultes consentants (l’amour, le sexe, tout ça)… rassure-toi, j’ai toujours autant de propositions indécentes qu’avant !
Je dirais que 90% des gens n’ont aucun problème avec la transidentité… lorsqu’ils sont bien informés.
Aujourd’hui, je ressens vraiment que j’agis plus naturellement, que je suis moins tendu, et ça se répercute dans ma vie sociale. En me basant sur les échos d’autres personnes concernées et sur mon expérience, je dirais que 90% des gens n’ont aucun problème avec la transidentité… lorsqu’ils sont bien informés.
Le problème, c’est que 99% des Français•es sont mal informé•es sur tout ce qui touche au genre, même si le féminisme et la lutte contre les LGBT-phobies permettent déjà d’aborder le sujet ! Du coup, j’ai le sentiment d’être passé de « j’ai un problème avec moi-même » à « les autres ont un problème avec moi / j’ai un problème avec les autres ».
Cependant, je reste particulièrement mal à l’aise dans la sphère publique, notamment à cause de mon cis-passing qui reste relativement aléatoire.
On parle de « (cis)passing » pour décrire le fait d’être vu par les autres comme un homme ou une femme « cisgenre », donc qui s’identifie à son genre déclaré à la naissance — l’inverse de transgenre, donc.
Par exemple, des hommes m’interpellent très souvent dans la rue ou les transports en commun pour me demander « T’es un homme ou une femme ? » — et en bonus « T’aimes les hommes ou les femmes ? ». Toute personne ayant déjà été harcelée dans la rue mesure le niveau d’oppressante bêtise de ce genre d’énergumènes.
Avec le temps, j’ai appris à être moins déstabilisé par ces micro-attaques parce que j’ai réussi à gagner en confiance en moi… mais on ne s’y habitue vraiment jamais.
La transidentité VS l’administration
Une des grandes (la pire ?) difficultés quand on est trans, c’est de ne plus avoir de papiers concordants avec son apparence physique.
Je dois bâcler ma proposition de thèse en moins d'une heure parce que j'ai pas envie de bosser ce weekend
Je me demande comment les gens peuvent encore accorder de la valeur à un master
C'est sans espoir
>>Max
L'élite hein

Mon enfance, celle de tous les possibles
J’ai eu une jeunesse plutôt classique, totalement heureuse. J’ai pratiqué de nombreuses activités (GRS, judo, basket, saxophone), peu importe à quel genre la société les liait traditionnellement. Enfant, je joue à raconter des histoires, à la marelle tracée à la craie sur le sol, au foot dans le quartier, à la corde à sauter, aux billes sur le relief des plaques d’égout de la cour de récré…
J’ai des ami•es, un petit copain, une sœur et des parents adorables, de mignonnes poupées, un mini-panneau de basket sur la porte de ma chambre, de bonnes notes.
J’aime lire, Ydriss, les bonbons, les vacances à la campagne chez mes grands-parents, les BN qui font un clin d’œil (parce qu’ils me donnent le droit d’en manger un en plus).
Je n’aime pas les WC à la turque en colonie de vacances, les animaux (désolé), l’heure de rentrer, « Chou de Bruxelles » (le grand méchant de la récré aux cheveux frisés), les quenelles, les BN à la fraise.
Sur mon petit chemin de vie, tout roule.
À l’adolescence, quelque chose cloche
Il faut bien qu’à un moment les choses se gâtent, non ?
À partir de 10-11 ans, j’ai l’impression constante et insidieuse que quelque chose d’absolument capital ne va pas chez moi… sans arriver à savoir quoi. Maintenant, je sais que de nombreuses personnes trans passent par cette période de tourmente sans nom.
Tu ne peux pas savoir que tu aimes le chocolat si tu ne sais pas que le chocolat existe. Tu ne sais pas que tu es trans si tu ne sais pas que tu peux t’identifier à autre chose qu’au genre qu’on t’a assigné à la naissance.
J’ai l’impression constante et insidieuse que quelque chose d’absolument capital ne va pas chez moi… sans arriver à savoir quoi.
Les choses se sont peut-être compliquées parce que la pression dans notre société atteint davantage les enfants au fur et à mesure qu’ils grandissent. Mais n’ayant pas des goûts stéréotypiquement « masculins » ni une éducation extrêmement genrée, je ne me suis confronté à aucune difficulté ou interdiction.
Alors qu’est-ce qui a changé dans ma vie à ce moment-là ? Rien ! J’ai toujours une sœur et des parents adorables, un groupe d’ami•es soudé, des étagères blindées de livres, un nouveau petit copain, des profs sympas, de bonnes notes, une excellente équipe de basket… mais quelque chose ne va décidément pas.
Sans entrer dans les détails, j’ai commencé à m’automutiler et à essayer de me suicider régulièrement. J’ai besoin d’extérioriser cette chose qui me pique sans cesse et que je ne vois nulle part. Ma sœur a peur de rester seule à la maison avec moi, mes parents s’inquiètent et je suis dans un flou total lorsqu’il s’agit d’expliquer mon mal-être.
big-automutilation-temoignage-psychologie
J’ai besoin d’extérioriser cette chose qui me pique sans cesse et que je ne vois nulle part.
J’ai réalisé que je préférais les filles (ce qui faisait de moi une « fille lesbienne » à l’époque) mais cette prise de conscience et acceptation progressive n’est pas le Graal libérateur espéré. Je n’éprouve pas les mêmes désirs que la majorité des femmes, mais finalement ça ne change pas grand-chose pour moi ou ma vie de tous les jours (tût tût les homophobes).
À 18 ans, je suis dépressive et je ne sais toujours pas ce qui cloche.
Mon genre et moi aux débuts de l’âge adulte
Après avoir emménagé seul•e pour débuter une classe préparatoire, je réalise que je suis totalement incapable de prendre soin de moi, je continue à avoir envie de me détruire et j’arrête même de manger (spoiler alert : ce n’est pas l’idée du siècle).
Un gros semestre de débandade culinaire ne m’empêche pas de devenir major de promo (mais quand on est mort•e, les bonnes notes ça sert pas à grand-chose). Je finis par être hospitalisé•e de force en hôpital psychiatrique. J’y suis resté•e un bon semestre.
Avec l’aide de certain•es psys, je finis bien par « guérir» autant qu’il se peut de mon anorexie. Mais je n’ai toujours aucune idée de pourquoi je me torture autant.
Quand j’y repense, je me dis que c’est assez fou : j’ai vu une bonne dizaine de psys de toutes sortes et aucun•e n’a vraiment questionné mon rapport au genre ! J’y suis sûrement pour quelque chose puisque je deviens une tombe lorsqu’il s’agit de parler de sujets intimes. Mais le manque de formation du personnel médical dans son ensemble sur le sujet y est sûrement aussi pour beaucoup.
J’ai vu une bonne dizaine de psys de toutes sortes et aucun•e n’a vraiment questionné mon rapport au genre !
Par exemple, je crois que certain•es ont mis le fait que je tende à me considérer comme un homme sur le compte de mon homosexualité. Alors qu’identité de genre et orientation sexuelle n’ont RIEN à voir !
On peut aimer jouer au cerf-volant, mais le faire depuis une plage de la Méditerranée ou au milieu d’un champ en Haute-Loire, ça change tout de même pas mal le tableau (ceci n’est pas une métaphore sexuelle) (enfin je ne crois pas).
La transidentité et moi, histoire d’une découverte
J’ai vu une psy pendant encore un an pour décortiquer tout ça, gérer le quotidien et ne pas retomber dans mes travers (de porc miam), parler de mon rapport à mon corps manifestement compliqué (d’où le symptôme anorexie)…
À côté de ça, je me suis cherché, j’ai fait des collages, des dessins, des tours de parc en courant et en parlant tout seul. J’ai continué à lire beaucoup pour me trouver dans les mots des autres. De même, j’ai continué mon énorme visionnage compulsif de films, documentaires, séries (même en japonais sous-titré allemand !).
Et j’ai fini par tomber sur des personnes trans !
Je découvre l’existence des personnes transgenres et surtout de quelques jeunes hommes trans.
Même si je ne m’identifiais pas particulièrement aux femmes trans représentées la plupart du temps (des personnes assignées homme à la naissance, ayant souvent deux à trois fois mon âge, et une situation bien différente et souvent caricaturale), j’ai au moins découvert l’existence des personnes transgenres et surtout de quelques jeunes hommes trans.
Mais ceux-ci aiment le foot et les tapes dans le dos, ont les cheveux très courts, refusent catégoriquement de porter des « vêtements de fille » depuis leur plus jeune âge…
Je me questionne : qu’ai-je à voir avec eux, moi qui suis plutôt un rat de bibliothèque, travaillant régulièrement en tailleur-jupe, préférant généralement la compagnie des femmes à celles des hommes, plus intéressé•e par les différents points de tricot que les noms des joueurs vendus pendant le mercato ? Pourquoi est-ce que ce ne serait pas plutôt ma sœur qui serait trans, elle qui aime le foot, adore faire de la moto, et traîner avec des mecs ?
Je réalise que je peux être un homme sans correspondre à tous les clichés du genre.
Dans le même temps, j’entame une relation amoureuse avec une femme ouverte d’esprit. Avec elle, je peux expérimenter sans être jugé•e mon rapport à mon corps (les vêtements, avoir un torse plat, le fait d’être ou non tactile…), mon rapport au langage (nommer ses ressentis et envies, être genré au masculin…) par exemple.
En fait, je suis incapable de dire comment j’ai eu « la révélation » car elle est venue très progressivement. Je réalise que je peux être un homme sans correspondre à tous les clichés du genre (qui y correspond vraiment, d’ailleurs ?).
onc pas de révélation en forme de feu d’artifice, un matin au réveil, mais une identification qui a fait son chemin et germé sur la durée. J’ai mis longtemps à accepter l’idée d’être différent, d’être très critiquable voire incompréhensible pour la majorité des gens.
Mais à partir du moment où j’ai accepté de me regarder en face et de me laisser exister, je ne me suis plus jamais fait de mal. Coïncidence ? Je ne crois pas !
La transition de genre à l’échelle sociale
En transpirant 5 litres à chaque fois, j’ai donc commencé à faire mon (deuxième) coming-out — à ma sœur, puis mes parents, puis mes différents cercles d’ami•es.
Les membres de ma famille, inquiets, ont mis un peu plus d’un an à réaliser que cette prise de conscience signait la fin des problèmes cités plus haut et n’en était pas un nouveau ou une fuite en avant. C’est surtout voir tout le reste de notre famille être en mode « peace & love, sois qui tu es » qui les a fait avancer.
Au niveau de mes ami•es, j’ai fait un petit tri au passage et tout s’est plutôt bien passé : il y a bien eu quelques imbéciles, mais vraiment moins que ce que je pensais.
Pour ce qui est des bisous entre adultes consentants (l’amour, le sexe, tout ça)… rassure-toi, j’ai toujours autant de propositions indécentes qu’avant !
Je dirais que 90% des gens n’ont aucun problème avec la transidentité… lorsqu’ils sont bien informés.
Aujourd’hui, je ressens vraiment que j’agis plus naturellement, que je suis moins tendu, et ça se répercute dans ma vie sociale. En me basant sur les échos d’autres personnes concernées et sur mon expérience, je dirais que 90% des gens n’ont aucun problème avec la transidentité… lorsqu’ils sont bien informés.
Le problème, c’est que 99% des Français•es sont mal informé•es sur tout ce qui touche au genre, même si le féminisme et la lutte contre les LGBT-phobies permettent déjà d’aborder le sujet ! Du coup, j’ai le sentiment d’être passé de « j’ai un problème avec moi-même » à « les autres ont un problème avec moi / j’ai un problème avec les autres ».
Cependant, je reste particulièrement mal à l’aise dans la sphère publique, notamment à cause de mon cis-passing qui reste relativement aléatoire.
On parle de « (cis)passing » pour décrire le fait d’être vu par les autres comme un homme ou une femme « cisgenre », donc qui s’identifie à son genre déclaré à la naissance — l’inverse de transgenre, donc.
Par exemple, des hommes m’interpellent très souvent dans la rue ou les transports en commun pour me demander « T’es un homme ou une femme ? » — et en bonus « T’aimes les hommes ou les femmes ? ». Toute personne ayant déjà été harcelée dans la rue mesure le niveau d’oppressante bêtise de ce genre d’énergumènes.
Avec le temps, j’ai appris à être moins déstabilisé par ces micro-attaques parce que j’ai réussi à gagner en confiance en moi… mais on ne s’y habitue vraiment jamais.
La transidentité VS l’administration
Une des grandes (la pire ?) difficultés quand on est trans, c’est de ne plus avoir de papiers concordants avec son apparence physique.
L'élite hein






