Chez les grecs anciens l’homme et la femme ne formaient qu’un seul corps, un être androgyne et monstrueux qui défiait les dieux. Pour le punir ces derniers le coupèrent en deux, deux moitiés incomplètes qui dès lors ne cherchèrent plus qu’à se retrouver et s’unir de nouveau.
Ma sœur et moi sommes des immigrés iraniens, nous avons toujours vécu en France mais les traditions sont dures à oublier. Dans notre pays le mariage incestueux est souvent politique, il renforce le poids de la famille au sein de la communauté. Mon père savait bien que ces traditions étaient interdites en France mais il nous incitait malgré tout à nous rapprocher. Nous prenions toujours nos bains ensembles et on pratiquait les mêmes activités sportives.
Un jour, en fouillant dans le grenier, j’avais dégoté un magnifique livre ancien, probablement du 19eme siècle avec la couverture encore en état: « du mythe de l’androgyne, procédé de complétion des corps unisexes et imparfaits ». Je trouvais le titre original et je voulais le lire avec ma sœur. Quand je suis descendu dans la chambre ma sœur y était, vêtue seulement de notre serviette de bain. Avant de lui parler du livre, je me suis déshabillé et je me suis glissé sous la couette. Nous avons partagé la serviette à deux et nous nous sommes enlacés. J’avais toujours ce fantasme de la fusion, j’aimais l’exotisme de ma sœur par rapport aux autres filles, elle avait des grands yeux noirs et des cheveux très raides et elle était plus grande que moi, quand elle m’enlaçait je me sentais protégé, un peu comme une fille. C’est une part de moi que je n’ai jamais su assumer sauf avec elle. Elle aussi d’ailleurs aimait m’entourer. Lors de nos longues étreintes sans bouger, on se tenait le sexe, j’étais dur et elle empoignait ma petite turgescence pendant que je gardais un doigt entre ses lèvres sans jamais rentrer. On se regardait alors fixement, je voyais sa bouille au dessus de moi me scruter, regarder l’état de ma peau, l’avancée de ma puberté, j’avais 23 ans mais mon visage était un peu difforme, le haut de mon visage avait fini sa croissance et j’avais l’avancée prognathe du mâle qui qui durcissait mon regard mais malheureusement ma mâchoire et mes lèvres peinaient à suivre le reste du visage, je donnais l’impression d’un dali raté qui aurait voulu s’essayer à l’art transsexuel.
« Tu as moins de points noirs que d’habitude » fit ma sœur, « Viens je vais te raser le sourcil ». Je la stoppai net, j’étais venu pour lire ce livre avec elle avant tout. Elle semblait d’accord et on commençait la lecture à voix haute des premières pages d’introduction.
Ce livre se présentait comme un manuel ancien qui permettrait à deux âmes sœurs de sexe opposé de s’unir et reformer l’androgyne originel que leurs âmes séparées convoitaient tant.
Pour cela il suffisait de lire les textes antiques traduits par le livre et nos âmes reconnaîtraient mutuellement qu’elles viennent de la même source, nos corps se mettraient alors à fusionner et recréer ainsi le monstre antique disparu
S’il ne s’est rien passé pendant les 6 premières pages d’introduction, tout a rapidement basculé par la suite.
Pendant que ma sœur lisait à haute voix, je commençais à avoir la nausée. J’ai toujours trouvé sa voix jolie mais en la regardant de profil avec ses longs sourcils noirs et fins et sa voix enjouée et jeune je commençais à sentir des palpitations inhabituelles dans le bras et dans le cœur.
J’ai voulu regarder ses fesses mais en levant la couette j’ai vu une énorme boursouflure poilue connectée à un long tuyau. Je me suis mis à hurler, surprise ma sœur s’est retournée et elle aussi a hurlé de stupeur en voyant son vagin énorme et gonflé entre ses fesses, il était relié à un gros tuyau qui se contractait au même rythme que mon cœur, c’était mon propre sexe !! Lui d’habitude si timide et petit il était devenu difforme et énorme, mes testicules gonflaient et se contractaient j’avais mal, je sentais un liquide traverser tout le tube qu’était devenu mon penis et s’injecter littéralement dans la boursouflure poilue et rougeâtre de ma sœur. Elle s’est mise à hurler de douleur, on voyait le liquide par transparence à travers les muqueuses de l’ancien vagin de ma sœur qui commençaient à se désolidariser du reste du derme. Nos sexes ont alors commencé à changer de couleur, ça y est le procédé de complétion commençait et je m’apprêtais à souffrir pendant des heures entières.
Le livre est formel après l’union des sexes, la complétion se fait de l’extérieur vers l’intérieur puis les organes restants après la fusion migrent et se positionnent à leur nouvelle place. La peau était donc après nos sexes le premier organe à fusionner. Ma sœur était au-dessus de moi ses mains collées sur ma poitrine elle me regardait en pleurant, elle essayait de parler mais n’y arrivait pas. Excités incapables de nous contrôler nous avons commencé à nous embrasser, je léchais l’intérieur de sa cavité buccale comme pour tester la compatibilité génétique de l’âme sœur à compléter, elle faisait de même. Nos étreintes étaient saccadées et furieuses, on ressemblait à un jouet cassé qui vibrait par intermittence avant de décharger sa pile. On se mordait la face en pleurant, on ne se reconnaissait plus. Je l’aimais ma sœur, j’ai toujours eu envie d’elle et de son corps, j’ai toujours voulu la voir se coucher contre moi et m’embrasser dans le cou ou mettre un doigt dans mes fesses, près de la prostate. Je le savais maintenant. On se crachait dessus mécaniquement on se mordait quitte à s’arracher la peau, chacun faisait des ronds sur le visage de l’autre avec sa langue avant de gober une partie saillante du visage et la sucer.
Au bout d’une dizaine de minutes, les contractions de nos sexes commençaient à agiter nos corps entiers. Nous commencions à avoir très chaud et mal, nos peaux suintaient, les poils tombaient y compris les cheveux, je m’étais déjà rasé mais ma sœur jamais et en la voyant chauve je remarquais les étonnantes imperfections de la forme de son crâne, ça me dégoûtait. Les bulbes du derme profondément ancrés dans la peau commençaient à migrer vers la surface, libérés du poids du cheveu ils pouvaient enfin sortir à l’air libre, fini le sébum oppressant. Notre peau devenait un tissu vierge, comme du cuir pas encore tanné, il était prêt à se détacher des tissus plus profonds.
Pendant 10mns ma sœur et moi souffrions le martyr, toute la peau de nos corps se détachait. Le visage de ma sœur se métamorphosait, je voyais au-dessus de moi un tissu blanc informe se mouvoir tout seul, elle tentait de parler mais sa bouche n’était plus qu’une cavité dans un renflement de peau. Tout à coup, la peau des parties de nos corps qui se faisaient face se déchirait et venait se coudre à celle de l’autre corps. De l’extérieur nous n’étions plus qu’une masse de peau mais à l’intérieur la lumière passait au travers du derme et je voyais le visage affreux de ma sœur qui se cachait derrière l’organe superficiel. Un amas de tissus rouges et mobiles connectés à des parties dures et blanches, probablement l’os, les beaux yeux exotiques n’étaient plus que deux globes sans peau ni paupière qui me fixaient sans la moindre expression. J’étais terrorisé mais je devais lui donner la même impression, il est vrai que nos sentiments se communiquent grâce à la peau, au plissement des sourcils ou de la bouche, dans notre état il était impossible de communiquer nos émotions, nous n’étions que des squelettes s’agitant dans un amas de peau.
Sa bouche n’était plus qu’un alignement de dents, elle s’est mise à ouvrir sa gueule en grand et sa langue qui gigotait de façon chaotique à l’intérieur de sa bouche s’est mise à se raidir puis à se détendre brusquement dans ma propre bouche. Elle était si puissante qu’elle vint déchausser mes incisives et se blottir dans le fond de ma gorge. Nos deux visages étaient alors collés et les tendons en surface commençaient à se décrocher de leurs assises osseuses avant de s’entrelacer et trouver un nouveau support pour s’attacher. La chaleur était insoutenable, même si ma peau était détachée du corps, il y avait encore des terminaisons nerveuses qui parcouraient le tissu extérieur qui nous entourait et faisaient sentir à mon cerveau la chaleur extrême que dégageait l’opération de complétion.
Doucement on commençait à fusionner, si j’étais aveugle mes oreilles fonctionnaient encore et j’entendais les craquements de nos os qui venaient s’accrocher les uns aux autres et former le nouveau squelette.
De l’extérieur les os de la cage thoracique ressortaient particulièrement bien sous la masse de peau et donnaient l’impression qu’une gigantesque arachnoïde était en train d’éclore de sous la peau.
Brutalement les tissus internes se recomposaient jusqu’à l’échelle cellulaire, nos brins d’ADN pourtant si proches fusionnaient et se débarrassaient des séquences en doublon de nos génomes.
Deux intestins c’était bien trop pour un seul androgyne et ce fut mon rectum qui fut scellé puis connecté à l’intestin grêle de ma sœur puis des profondes contractions des nouveaux muscles de l’intestin firent sortir la merde inutile de mon intestin. De l’extérieur un jet noirâtre sortait de la masse de peau qui n’en finissait plus de gigoter bruyamment.
Je sentais que le procédé touchait à sa fin, mes sens étaient tous déconnectés je me sentais coupé du monde extérieur mais c’était un stade temporaire, doucement je sentais le champ de ma conscience s’élargir mais aussi se diluer dans quelque chose de nouveau, des sensations que je n’avais jamais senties et qui paradoxalement étaient familières: nos cerveaux commençaient à fusionner eux-aussi et ces nouvelles sensations étaient les sens de ma sœur et la façon dont son cerveau les traitent. C’était donc vrai les humains vivent tous le monde différemment et j’étais en train de voir et entendre comme ma sœur voyait et entendait depuis sa naissance. Après la fusion des lobes occipitaux et temporaux les lobes frontaux pourtant collés ont commencé eux-aussi à se mélanger et à partir de maintenant il m’est difficile de parler à la première personne tant je devenais réellement elle et elle devenait réellement moi.
Au bout de 10h de complétion interminables, l’androgyne était complet. La créature nouvelle était bien la fusion des anciens corps, certains organes inutiles ont effectivement été jetés, le sol et le lit sont recouverts de sang, de merde et de tissus morts déjà en décomposition, mais les organes restants ont finalement trouvés leurs places. 4 yeux sortent du nouveau crâne chauve. 4 jambes 4 bras 4 narines tous disposés de sorte à ce que ce nouveau corps soit d’une nouvelle nature géométrique. Nous les humains unisexes avons des plans de symétrie, deux yeux deux oreilles deux narines tous symétriques par rapport à un plan qui viendrait nous trancher dans le sens de la longueur, cette nouvelle créature a adopté une symétrie de révolution, vue du dessus elle est parfaitement symétrique selon cette fois un axe qui viendrait la percer en son milieu.
Cette créature a des airs vaguement arachnoïde et se déplace d’une façon ridicule en jetant ses quatre jambes dans une seule direction quand son corps semble être fait pour les rotations.
La créature se regarde dans le miroir et sa bouche circulaire située sur le sommet du crâne s’ouvre en grand comme pour mimer une expression d’horreur.
L’androgyne est un monstre antique et maudit des dieux, jamais nous aurions dû lire ce livre.
Ma sœur et moi sommes des immigrés iraniens, nous avons toujours vécu en France mais les traditions sont dures à oublier. Dans notre pays le mariage incestueux est souvent politique, il renforce le poids de la famille au sein de la communauté. Mon père savait bien que ces traditions étaient interdites en France mais il nous incitait malgré tout à nous rapprocher. Nous prenions toujours nos bains ensembles et on pratiquait les mêmes activités sportives.
Un jour, en fouillant dans le grenier, j’avais dégoté un magnifique livre ancien, probablement du 19eme siècle avec la couverture encore en état: « du mythe de l’androgyne, procédé de complétion des corps unisexes et imparfaits ». Je trouvais le titre original et je voulais le lire avec ma sœur. Quand je suis descendu dans la chambre ma sœur y était, vêtue seulement de notre serviette de bain. Avant de lui parler du livre, je me suis déshabillé et je me suis glissé sous la couette. Nous avons partagé la serviette à deux et nous nous sommes enlacés. J’avais toujours ce fantasme de la fusion, j’aimais l’exotisme de ma sœur par rapport aux autres filles, elle avait des grands yeux noirs et des cheveux très raides et elle était plus grande que moi, quand elle m’enlaçait je me sentais protégé, un peu comme une fille. C’est une part de moi que je n’ai jamais su assumer sauf avec elle. Elle aussi d’ailleurs aimait m’entourer. Lors de nos longues étreintes sans bouger, on se tenait le sexe, j’étais dur et elle empoignait ma petite turgescence pendant que je gardais un doigt entre ses lèvres sans jamais rentrer. On se regardait alors fixement, je voyais sa bouille au dessus de moi me scruter, regarder l’état de ma peau, l’avancée de ma puberté, j’avais 23 ans mais mon visage était un peu difforme, le haut de mon visage avait fini sa croissance et j’avais l’avancée prognathe du mâle qui qui durcissait mon regard mais malheureusement ma mâchoire et mes lèvres peinaient à suivre le reste du visage, je donnais l’impression d’un dali raté qui aurait voulu s’essayer à l’art transsexuel.
« Tu as moins de points noirs que d’habitude » fit ma sœur, « Viens je vais te raser le sourcil ». Je la stoppai net, j’étais venu pour lire ce livre avec elle avant tout. Elle semblait d’accord et on commençait la lecture à voix haute des premières pages d’introduction.
Ce livre se présentait comme un manuel ancien qui permettrait à deux âmes sœurs de sexe opposé de s’unir et reformer l’androgyne originel que leurs âmes séparées convoitaient tant.
Pour cela il suffisait de lire les textes antiques traduits par le livre et nos âmes reconnaîtraient mutuellement qu’elles viennent de la même source, nos corps se mettraient alors à fusionner et recréer ainsi le monstre antique disparu
S’il ne s’est rien passé pendant les 6 premières pages d’introduction, tout a rapidement basculé par la suite.
Pendant que ma sœur lisait à haute voix, je commençais à avoir la nausée. J’ai toujours trouvé sa voix jolie mais en la regardant de profil avec ses longs sourcils noirs et fins et sa voix enjouée et jeune je commençais à sentir des palpitations inhabituelles dans le bras et dans le cœur.
J’ai voulu regarder ses fesses mais en levant la couette j’ai vu une énorme boursouflure poilue connectée à un long tuyau. Je me suis mis à hurler, surprise ma sœur s’est retournée et elle aussi a hurlé de stupeur en voyant son vagin énorme et gonflé entre ses fesses, il était relié à un gros tuyau qui se contractait au même rythme que mon cœur, c’était mon propre sexe !! Lui d’habitude si timide et petit il était devenu difforme et énorme, mes testicules gonflaient et se contractaient j’avais mal, je sentais un liquide traverser tout le tube qu’était devenu mon penis et s’injecter littéralement dans la boursouflure poilue et rougeâtre de ma sœur. Elle s’est mise à hurler de douleur, on voyait le liquide par transparence à travers les muqueuses de l’ancien vagin de ma sœur qui commençaient à se désolidariser du reste du derme. Nos sexes ont alors commencé à changer de couleur, ça y est le procédé de complétion commençait et je m’apprêtais à souffrir pendant des heures entières.
Le livre est formel après l’union des sexes, la complétion se fait de l’extérieur vers l’intérieur puis les organes restants après la fusion migrent et se positionnent à leur nouvelle place. La peau était donc après nos sexes le premier organe à fusionner. Ma sœur était au-dessus de moi ses mains collées sur ma poitrine elle me regardait en pleurant, elle essayait de parler mais n’y arrivait pas. Excités incapables de nous contrôler nous avons commencé à nous embrasser, je léchais l’intérieur de sa cavité buccale comme pour tester la compatibilité génétique de l’âme sœur à compléter, elle faisait de même. Nos étreintes étaient saccadées et furieuses, on ressemblait à un jouet cassé qui vibrait par intermittence avant de décharger sa pile. On se mordait la face en pleurant, on ne se reconnaissait plus. Je l’aimais ma sœur, j’ai toujours eu envie d’elle et de son corps, j’ai toujours voulu la voir se coucher contre moi et m’embrasser dans le cou ou mettre un doigt dans mes fesses, près de la prostate. Je le savais maintenant. On se crachait dessus mécaniquement on se mordait quitte à s’arracher la peau, chacun faisait des ronds sur le visage de l’autre avec sa langue avant de gober une partie saillante du visage et la sucer.
Au bout d’une dizaine de minutes, les contractions de nos sexes commençaient à agiter nos corps entiers. Nous commencions à avoir très chaud et mal, nos peaux suintaient, les poils tombaient y compris les cheveux, je m’étais déjà rasé mais ma sœur jamais et en la voyant chauve je remarquais les étonnantes imperfections de la forme de son crâne, ça me dégoûtait. Les bulbes du derme profondément ancrés dans la peau commençaient à migrer vers la surface, libérés du poids du cheveu ils pouvaient enfin sortir à l’air libre, fini le sébum oppressant. Notre peau devenait un tissu vierge, comme du cuir pas encore tanné, il était prêt à se détacher des tissus plus profonds.
Pendant 10mns ma sœur et moi souffrions le martyr, toute la peau de nos corps se détachait. Le visage de ma sœur se métamorphosait, je voyais au-dessus de moi un tissu blanc informe se mouvoir tout seul, elle tentait de parler mais sa bouche n’était plus qu’une cavité dans un renflement de peau. Tout à coup, la peau des parties de nos corps qui se faisaient face se déchirait et venait se coudre à celle de l’autre corps. De l’extérieur nous n’étions plus qu’une masse de peau mais à l’intérieur la lumière passait au travers du derme et je voyais le visage affreux de ma sœur qui se cachait derrière l’organe superficiel. Un amas de tissus rouges et mobiles connectés à des parties dures et blanches, probablement l’os, les beaux yeux exotiques n’étaient plus que deux globes sans peau ni paupière qui me fixaient sans la moindre expression. J’étais terrorisé mais je devais lui donner la même impression, il est vrai que nos sentiments se communiquent grâce à la peau, au plissement des sourcils ou de la bouche, dans notre état il était impossible de communiquer nos émotions, nous n’étions que des squelettes s’agitant dans un amas de peau.
Sa bouche n’était plus qu’un alignement de dents, elle s’est mise à ouvrir sa gueule en grand et sa langue qui gigotait de façon chaotique à l’intérieur de sa bouche s’est mise à se raidir puis à se détendre brusquement dans ma propre bouche. Elle était si puissante qu’elle vint déchausser mes incisives et se blottir dans le fond de ma gorge. Nos deux visages étaient alors collés et les tendons en surface commençaient à se décrocher de leurs assises osseuses avant de s’entrelacer et trouver un nouveau support pour s’attacher. La chaleur était insoutenable, même si ma peau était détachée du corps, il y avait encore des terminaisons nerveuses qui parcouraient le tissu extérieur qui nous entourait et faisaient sentir à mon cerveau la chaleur extrême que dégageait l’opération de complétion.
Doucement on commençait à fusionner, si j’étais aveugle mes oreilles fonctionnaient encore et j’entendais les craquements de nos os qui venaient s’accrocher les uns aux autres et former le nouveau squelette.
De l’extérieur les os de la cage thoracique ressortaient particulièrement bien sous la masse de peau et donnaient l’impression qu’une gigantesque arachnoïde était en train d’éclore de sous la peau.
Brutalement les tissus internes se recomposaient jusqu’à l’échelle cellulaire, nos brins d’ADN pourtant si proches fusionnaient et se débarrassaient des séquences en doublon de nos génomes.
Deux intestins c’était bien trop pour un seul androgyne et ce fut mon rectum qui fut scellé puis connecté à l’intestin grêle de ma sœur puis des profondes contractions des nouveaux muscles de l’intestin firent sortir la merde inutile de mon intestin. De l’extérieur un jet noirâtre sortait de la masse de peau qui n’en finissait plus de gigoter bruyamment.
Je sentais que le procédé touchait à sa fin, mes sens étaient tous déconnectés je me sentais coupé du monde extérieur mais c’était un stade temporaire, doucement je sentais le champ de ma conscience s’élargir mais aussi se diluer dans quelque chose de nouveau, des sensations que je n’avais jamais senties et qui paradoxalement étaient familières: nos cerveaux commençaient à fusionner eux-aussi et ces nouvelles sensations étaient les sens de ma sœur et la façon dont son cerveau les traitent. C’était donc vrai les humains vivent tous le monde différemment et j’étais en train de voir et entendre comme ma sœur voyait et entendait depuis sa naissance. Après la fusion des lobes occipitaux et temporaux les lobes frontaux pourtant collés ont commencé eux-aussi à se mélanger et à partir de maintenant il m’est difficile de parler à la première personne tant je devenais réellement elle et elle devenait réellement moi.
Au bout de 10h de complétion interminables, l’androgyne était complet. La créature nouvelle était bien la fusion des anciens corps, certains organes inutiles ont effectivement été jetés, le sol et le lit sont recouverts de sang, de merde et de tissus morts déjà en décomposition, mais les organes restants ont finalement trouvés leurs places. 4 yeux sortent du nouveau crâne chauve. 4 jambes 4 bras 4 narines tous disposés de sorte à ce que ce nouveau corps soit d’une nouvelle nature géométrique. Nous les humains unisexes avons des plans de symétrie, deux yeux deux oreilles deux narines tous symétriques par rapport à un plan qui viendrait nous trancher dans le sens de la longueur, cette nouvelle créature a adopté une symétrie de révolution, vue du dessus elle est parfaitement symétrique selon cette fois un axe qui viendrait la percer en son milieu.
Cette créature a des airs vaguement arachnoïde et se déplace d’une façon ridicule en jetant ses quatre jambes dans une seule direction quand son corps semble être fait pour les rotations.
La créature se regarde dans le miroir et sa bouche circulaire située sur le sommet du crâne s’ouvre en grand comme pour mimer une expression d’horreur.
L’androgyne est un monstre antique et maudit des dieux, jamais nous aurions dû lire ce livre.










