Au fond, ce n'est pas le nombre d'années mais l'injustice vécue qui confère la maturité. Ainsi, on observe souvent ce paradoxe dans les familles : l'aîné se croit plus mature que ses frères de par son âge supérieur mais il a tendance à méconnaître l'injustice car il n'a personne au-dessus de lui pour venir l'embêter. Alors, un redoutable cercle vicieux se met en place : l'immaturité de l'enfant aîné l'empêche d'écouter les sages paroles de ses petits frères et devient ainsi de plus en plus immature et menteur en grandissant tandis qu'il développe un profond sentiment d'injustice à l'égard de ces derniers, sentiment qui lui donne l'impression d'être mature donc, alimentant ainsi le mécanisme d'inversion, et ce jusqu'à sa mort.

