Réalisées en 1937 et dissimulées aux Nazis pendant l’occupation allemande de la Norvège, ces photographies aériennes ont été exhumées par une équipe de chercheurs, et combinées avec des images satellite.
Le consul et armateur de baleiniers norvégien Lars Christensen a donné son nom à une côte et un pic de l’Antarctique, qu’il a sillonné et survolé lors de plusieurs expéditions menées entre les années 1920 et 1930, notamment dans le but de cartographier la partie orientale du continent, jusque-là très peu explorée. En 1937, il réalise une série de 2200 images depuis un hydravion, couvrant environ 2000 km de côtes.
Douze cartes topographiques sont produites à partir de ces images, mais il faudra attendre 1946 pour qu’elles soient publiées, en raison de l’occupation de la Norvège par l’Allemagne nazie. Les clichés d’origine, eux, sont très probablement dissimulés dans les archives de l’Institut polaire norvégien de Tromsø, afin de les soustraire aux Nazis.
128 clichés sélectionnés
Près d’un siècle plus tard, une équipe de chercheurs entend parler de l’expédition de 1936-37 et part à la recherche de ces images, les premières photographies aériennes jamais réalisées dans cette zone. Des archives de l’Institut polaire norvégien, ils exhument un matériau précieux, conservé dans des conditions optimales, pour qui veut étudier l’évolution des glaciers sur le temps long.
Pour leur étude, dont les résultats ont récemment été publiés dans Nature Communications, les chercheurs de l'Université de Copenhague, de l'Institut polaire norvégien, de l'Université arctique de Norvège et de l'Institut des géosciences de l'environnement en France (Grenoble) ont sélectionné 128 clichés, qu’ils ont complété par 165 images aériennes des mêmes glaciers provenant d’études australiennes menées entre 1950 et 1974. Ils ont enfin combiné ces images historiques avec des données issues de satellites, et pu modéliser les glaciers en 3D. Objectif : observer si et comment, entre 1937 et 2020, les glaciers ont reculé ou avancé, et s’ils se sont épaissis ou ont aminci.
Légère augmentation de la glace
Les résultats n’ont pas manqué de surprendre les chercheurs, tant le climat et les masses de glace de la planète sont dans une situation critique, en raison notamment de la hausse des températures. L’étude révèle en effet que la glace de l’Antarctique de l’Est est non seulement restée stable, mais qu'elle a légèrement augmenté au cours de la période étudiée, en partie en raison de l'augmentation des chutes de neige.
Cependant, les scientifiques ont également observé les premiers signes de changement dans la glace de mer, « qui rend les langues de glace flottantes des glaciers plus vulnérables (…). Nous savons, grâce à d'autres régions de l'Antarctique, que l'océan joue un rôle extrêmement important et qu'il est à l'origine de la fonte massive et croissante que nous observons, par exemple, dans l'Antarctique occidental », explique Mads Dømgaard, doctorant et premier auteur de l’étude.
Selon un rapport publié en 2019 dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), l’Antarctique renferme suffisamment de glace pour provoquer, dans l’hypothèse où elle venait à fondre complètement, une élévation de 57 m du niveau des mers. La très grande majorité de la glace est concentrée dans la partie orientale, avec de quoi faire monter les mers de 52 m en cas de fonte totale, contre 5 m pour la partie occidentale.


Le consul et armateur de baleiniers norvégien Lars Christensen a donné son nom à une côte et un pic de l’Antarctique, qu’il a sillonné et survolé lors de plusieurs expéditions menées entre les années 1920 et 1930, notamment dans le but de cartographier la partie orientale du continent, jusque-là très peu explorée. En 1937, il réalise une série de 2200 images depuis un hydravion, couvrant environ 2000 km de côtes.
Douze cartes topographiques sont produites à partir de ces images, mais il faudra attendre 1946 pour qu’elles soient publiées, en raison de l’occupation de la Norvège par l’Allemagne nazie. Les clichés d’origine, eux, sont très probablement dissimulés dans les archives de l’Institut polaire norvégien de Tromsø, afin de les soustraire aux Nazis.
128 clichés sélectionnés
Près d’un siècle plus tard, une équipe de chercheurs entend parler de l’expédition de 1936-37 et part à la recherche de ces images, les premières photographies aériennes jamais réalisées dans cette zone. Des archives de l’Institut polaire norvégien, ils exhument un matériau précieux, conservé dans des conditions optimales, pour qui veut étudier l’évolution des glaciers sur le temps long.
Pour leur étude, dont les résultats ont récemment été publiés dans Nature Communications, les chercheurs de l'Université de Copenhague, de l'Institut polaire norvégien, de l'Université arctique de Norvège et de l'Institut des géosciences de l'environnement en France (Grenoble) ont sélectionné 128 clichés, qu’ils ont complété par 165 images aériennes des mêmes glaciers provenant d’études australiennes menées entre 1950 et 1974. Ils ont enfin combiné ces images historiques avec des données issues de satellites, et pu modéliser les glaciers en 3D. Objectif : observer si et comment, entre 1937 et 2020, les glaciers ont reculé ou avancé, et s’ils se sont épaissis ou ont aminci.
Légère augmentation de la glace
Les résultats n’ont pas manqué de surprendre les chercheurs, tant le climat et les masses de glace de la planète sont dans une situation critique, en raison notamment de la hausse des températures. L’étude révèle en effet que la glace de l’Antarctique de l’Est est non seulement restée stable, mais qu'elle a légèrement augmenté au cours de la période étudiée, en partie en raison de l'augmentation des chutes de neige.
Cependant, les scientifiques ont également observé les premiers signes de changement dans la glace de mer, « qui rend les langues de glace flottantes des glaciers plus vulnérables (…). Nous savons, grâce à d'autres régions de l'Antarctique, que l'océan joue un rôle extrêmement important et qu'il est à l'origine de la fonte massive et croissante que nous observons, par exemple, dans l'Antarctique occidental », explique Mads Dømgaard, doctorant et premier auteur de l’étude.
Selon un rapport publié en 2019 dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), l’Antarctique renferme suffisamment de glace pour provoquer, dans l’hypothèse où elle venait à fondre complètement, une élévation de 57 m du niveau des mers. La très grande majorité de la glace est concentrée dans la partie orientale, avec de quoi faire monter les mers de 52 m en cas de fonte totale, contre 5 m pour la partie occidentale.





