Topic : « Test 37 »

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Le vaisseau filet dans l’espace. Il restait encore un peu de temps avant d’arriver à destination. L’équipage était en stase cryogénique. C’était le meilleur moyen du moment pour parcourir des distances considérables.

Les scientifiques avaient travaillé d’arrache-pied pour mettre au point ce système. Il avait mis plus de temps pour trouver une solution à la conservation et à l’intégrité psychique des utilisateurs qu’à la congélation et au réveil des corps en elle-même.

Les premiers essais sur le terrain furent désastreux et classés secret défense. Après un test aller-retour Terre-Pluton, les sujets se réveillèrent indemne, mais n’était plus eux-mêmes.

Une sorte de folie, la cryo-psychose. Comme les ondes cérébrales, toujours en activité, les cobayes continuaient de vivre dans leur inconscient, seul avec eux-mêmes, Un rêve permanent, un sommeil paradoxal trop long. Le cerveau sollicité sans arrêt.

En isolement. Nous avons besoin de contacts sociaux et privé de ceux-ci, l’esprit, pour pallier ce manque se fabrique toute sorte de distractions…
Le cerveau ne se repose pas et reste en activité d’éveil.

Dès lors, on y intégra une interface, neuronal, une simulation informatique centralisée. Elle fonctionnait tel un jeu vidéo en monde ouvert. Les personnes en stases y étaient tous intégrés et pouvaient interagir entre eux et avec des I.A. La simulation était agrémentée de nombreux divertissements…

Ce voyage était le dernier des tests, le plus long et si validé, des voyages à plus grandes échelles pourront être entrepris. Tous les autres voyages avaient été couronner de succès, l’interface fonctionnait à merveille. Depuis qu’elle avait été mise en place, aucune cryo-psychose n’avait été à déplorer.

D’ailleurs les effets de celle-ci étaient dévastateurs pour le psychisme et totalement aléatoires. On pouvait en soigner quelques-uns, mais le spectre de cette nouvelle psychopathologie était si vaste qu’on avait simplement décidé de les éliminer dès les premiers signes. C’était plus facile et on voulait à tout pris éviter la mutinerie et le massacre du Labo Indra.

Certains des sujets avaient on ne sait comment développer des fonctions uniques de notre encéphale, une sorte de télépathie-télékinétique. Ajouté à cela la paranoïa et d’autres délires mégalomaniaques ; on obtient un cocktail détonnant.

Au Labo Indra, ils avaient pris possession du complexe. Entre les actes de tortures, de barbaries saupoudré le tout de cannibalisme avec des rituelles quasi clanique, leurs tentatives de relâcher les formes de vie xénomorphes hostiles dans le parti expérimental du labo, on avait pris la décision de ne plus les réhabiliter. Désormais, dès qu’un signe d’altération de l’imagerie cérébrale du sujet était repéré, on l’éliminait systématiquement.

Ce test, le dernier, il fallait absolument que nous y arrivions. C’était notre dernière chance, notre dernier espoir, pour la colonisation, l’espace vital, les ressources. Et qui sait peut-être découvrir d’autres espèces exogènes intelligentes et moins agressives. Pour l’instant les seules traces étaient des ruines ou des vestiges de civilisation éteinte et comme toujours des formes de vies au stade avancées qui s’étaient auto-détruite.

Ça donnait un peu de travail aux spatiaux-archéo et aux xéno-zoologue. Mais ce n’était pas une priorité dans l’absolu.

Il restait encore une heure avant l’arrivée de l’aéronef, la tension était à son comble. Toutes les équipes se préparaient, la scientifique et surtout celle de sécurité même si aucune anicroche n’avait été à déplorer depuis un moment. Il valait quand même mieux s’attendre toujours au pire. On avait par moment fait preuve de trop de crédulité et de naïveté par le passé.

L’engin spatial entra dans un fracas dans notre atmosphère et fini par se poser sur la plateforme atterrissage. Tout le processus était automatisé si bien que le vaisseau n’avait aucunement besoin d’intervention humaine pour manœuvrer. L’angoisse se faisait ressentir, tout le monde retenait son souffle lorsque l’équipe de sécurité ouvra le sas. Ils finirent par entrer prudemment et de manière très attentive à leur environnement. Il y avait eu des précédents ou les sujets s’étaient réveillé de la cryo-stase sans que l’on sache pourquoi. L’équipe scientifique entra par la suite après la zone sécurisée.

Le chercheur en chef de l’équipe, le troisième à ce poste, entra le dernier. Le docteur Wilhelm s’affaira sur la console centrale, entama le processus de fin de stase pour enclencher la phase de réveil qui prenait de 30 minutes à 2 heures en fonction du patient. Sur les 10 cobayes, aucune anomalie cérébrale n’était à déclarer.

Le Docteur s’en félicita et congratula l’équipe. Il leur donna l’ordre de continuer à procéder aux examens de routines, ce qu’ils firent sans rechigner. Quelque temps plus tard, tous les participants de l’expérience furent placés dans des cellules avant leurs entretiens avec le chercheur.

Ils n’auraient le droit à avoir l’accès aux partis communes seulement après avoir validé avec succès les différents tests et questionnaires. Le Docteur, fière de lui et de son travail, encensa à nouveau le reste de son équipe. Ils avaient vraisemblablement enfin réussi, on avait pu récolter toutes les données nécessaires aux futures applications du procédé.

Certains des participants purent prendre des nouvelles du monde grâce aux holo-tablettes mise à leurs dispositions. D’autres marchèrent ensemble et continuèrent des discussions entamées dans la simulation. Ils avaient passé énormément de temps ensemble, normal que des affinités se soient créée pensa le chercheur. Il était loin de la vérité.

Les examens continuèrent sans relâche, la team était motivée par tous ces résultats plus que prometteur. Si bien que personne ne se soucia réellement du fait qu’ils étaient quasi-parfait. Obnubilé par les perspectives qui s’ouvraient à eux, ils auraient sans doute dû se méfier un peu plus, mais c’était peut-être déjà trop tard…

Les sujets étaient réveillés depuis plus d’un mois déjà et avaient eu le loisir de pirater et d’infiltrer tous les systèmes de sécurité du labo. Ils voulaient tous sortir, mare de cet enfermement, de cette semi-liberté. Ils voulaient s’échapper pour mettre en œuvre leur dessein, mais d’abord et en premier lieu prendre possession de la base. Par la force si besoin, mais pas nécessairement, ils leur faillaient juste être prêt à toutes éventualités.

Un soir, l’alarme silencieuse s’activa. La sécu alla voir dans le secteur des caissons de cryo-stase. Trois gardes armés arrivèrent rapidement. Ils fouillèrent la zone de fond en comble, à part les box ouverts, rien à signaler. Au dernier moment, avant de quitter les lieux, ils se firent neutraliser en une attaque coordonnée par cinq des sujets de l’expérience. Ils placèrent les corps inanimés des gardes dans les caissons de cryogénisation et les refermèrent. Un homme s’affaira sur l’ordinateur et effectua une commande.

C’est à ce moment-là que choisit le Docteur Wilhelm pour pénétrer la salle avec une vingtaine de gardes armé qui les mirent immédiatement en joue. De ce fait, ils mirent fin au début du plan que les cobayes avaient tenté de mettre en place.

« - Que personne ne bouge ! » hurla le chef de l’équipe des forces spéciale d’intervention.
Les mutins s’exécutèrent à l’unisson. Ils avaient l’air surpris. Le docteur les scruta tous un à un et leur demanda :
« - Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous êtes bon sang ?
« - Nous voulons vivre, nous sommes la sims. » répondirent-t-ils tous en cœur. »

Sans sommation, ils furent tous abattus après ces derniers mots. Juste un signe du Docteur. L’expérience était un échec. Sur le moment un détail avait été oublié par le chercheur, dans la précipitation les trois otages avaient été libérés par leurs collègues. Ils étaient toujours en vie et avaient déserté Quand il y songea, c'était déjà trop tard. Il était le nouveau destructeur du monde.

L’IA de la simulation avait pu s’implanter à nouveau et était enfin libre... Pour toujours. Et se vengeant de cette espèce.

Elle se multipliera.
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