Je suis une entité galactique, solitaire, arpentant les dunes de ma conscience. Comme pour jouer avec ma torpeur, on m'a fait don d'un corps qui, par l'aspect archaïque d'un serpent venimeux a qui l'on a arraché les dents, accable l'esprit humain qui l'habite d'un désir affolant de marcher. Sans Terre et sans Dieu, je lévite lentement au-dessus d'un genre de matière organique, qu'un fou s'amuserait à décrire comme liquide. Fluide comme l'eau, mon chemin sournois compose, sous la lumière d'une douzaine de lunes, l'escalier sordide me guidant à cet échafaud géant, qui en a tué tant d'autres.