Citation de Raditzytb
Oui mais mon clé
Faut pas oublier le Zafunu , demande à @B2S
Je t'ai déjà répondu là-dessus, je te c/c ma réponse de la dernière fois.
Le prince zafunu qui aurait humilié le prince almoravide ?
Oublies-tu de préciser, mon cher Raditz, que le prince almoravide, dont fait référence le syrien Yaqut, était à l'image des roitelets mérovingiens tonsurés ? Il ne régnait sur plus aucun territoire. Les Almoravides étaient totalement aux fraises devant la déferlante almohade menée par Ibn Tumart puis 'Abd al-mumine. Les rapports de force se sont inversés au Maroc, et ce sont les Almohades qui dominaient la partie au XIIe-XIIIe siècle.
"Mais, attends, b2s, tu vas pas commencer : l'auteur parle de "amir al mouminine" ("prince des croyants" en arabe), ça veut dire qu'il reconnait que c'était le roi du Maroc, t'es de mauvaise foi b2s!"

Sauf qu'il faut apporter quelques éléments de contexte : Yaqut était un auteur syrien, sous l'autorité du califat abbasside, qui a toujours rejeté le titre califale des almohades marocains car dans la tradition sunnite, il ne doit y avoir qu'un seul qu'un calife du dar al-islam. D'où le fait que l'auteur légitime la dynastie rivale et fantoche almoravide qui ne contrôlait plus rien au temps du royaume zafunu car il ne fallait absolument pas reconnaître l'autorité almohade, alors beaucoup plus puissante.
Par ailleurs, les Almoravides, au moment de cette visite, avaient besoin du soutien des Zanufu soninké qui avaient pignon sur rue dans le Soudan occidental à ce moment là (et ça n'a pas duré longtemps d'ailleurs).
Pourquoi ce soutien? Parce que l'archéologie, les sources épigraphiques, littéraires (ibn idhari, Yaqut, Bakri de tête, mais d'autres également...) attestent que la route directe nord-sud dans le commerce de l'or à cette époque démarrait de Sijilmassa (Maroc) à destination du royaume zafunu.
Ces révérences ne témoignent donc pas d'un pouvoir démesuré de ce que tu appelles exagérément un "empire" :

Ces révérences témoignent probablement d'une stratégie pour obtenir un possible soutien financier (voir plus) du royaume soninké pour que les Almoravides puissent, au mieux, juguler les factieux almohades au Maroc.
C'est donc un cas d'école de la diplomatie ouest-africaine médiévale de tenir le chaud et le froid afin de garantir l'artère commercial saharienne. Et ce mépris du roi soninké peut largement s'expliquer par le fait qu'il sait que ce ne sont plus les Almoravides qui mènent le bal dans la région.
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