Dans nombre de cités grecques, à Athènes même, les lois étaient parfois gravées sur des axones ou des kyrbeis, stèles pyramidales qui auraient servi de support aux plus anciennes lois d'Athènes, pouvant être considérées comme des représentations symboliques de la divinité ; cela témoignait vraisemblablement de leur caractère sacré. Bonne lecture.
Au VIe siècle av. J.-C., pour publier sa législation, Solon utilisa des axones, panneaux de bois exposés dans l'espace public durant près de deux siècles. Nous disposons de quelques sources littéraires, épigraphiques et iconographiques comme le fond d'une coupe de Brisbeis, datant des années 480-470 av. J.-C., montrant un jeune homme debout devant une curieuse structure en bois qu'il semble considérer avec attention. Le peintre a voulu représenter ces axones et l'historien Ronald Stroud a pu donc en proposer un modèle.
Axones et kyrbeis se trouvaient d'abord à l'Acropole et ce n'est qu'en 461av. J.-C. qu'Ephialte les aurait fait déplacer. Les axiones auraient alors trouvé refuge au Prytanée où ils auraient pu survivre, au moins en partie, jusqu'à l'époque de Pausanias. Mais c'est à l'agora qu'on aurait placé les kyrbeis, les rendant ainsi plus accessibles au public athénien. Les documents originaux étaient peut-être des axones de bois. Plus tard, probablement après 480, Athènes aurait fait transcrire les lois de Dracon et de Solon sur des supports façonnés dans un matériau susceptible de résister aux intempéries.
On gravait les textes à publier sur chaque face de poutres fixées à deux montants verticaux faits de bois ou de pierre. Pour faciliter la lecture de l'ensemble des textes, un axe de fixation entraînait la rotation de ces poutres. Cela permettait au lecteur de feuilleter en quelque sorte chacun des éléments du document. Le texte était sans doute écrit boustrophédon : dans ce système, la première ligne est normalement inscrite de gauche à droite, la seconde de droite à gauche, pour faciliter la continuité d'écriture et de lecture ; à chaque ligne le regard du lecteur change de sens.
Si cette reconstitution est exacte, une telle façon de publier les textes officiels témoigne de ce que le premier des fondateurs de la démocratie athénienne tenait pour absolument nécessaire une publicité les rendant facilement accessibles à une lecture libre.
Cette structure était relativement fragile et les auteurs du IVe siècle la considéraient comme quasiment détruite. Néanmoins, c'est en faisant référence à cette "édition originale" que l'on republia, en 409, la loi sur l'homicide, seul texte que Solon avait conservé de la législation de Dracon.
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Sources classiques :
💥 Jeune homme devant les axones, Coupe attique à figure rouge ; diamètre : 23,2 cm, vers 480–470 av. J.-C.., attribuée à Brisbeis, New York, The Metropolitan Museum of Art 27.74.
https://collectionapi.met[...]252891/1356760/main-image
💥 Aristote, Constitution d'Athènes, VII, I.
https://remacle.org/blood[...]Aristote/constitution.htm
💥 Anaximène, FGrHist 72 F13 : τoὺς ἄξovας καὶ τoὺς κὺρβεις ἅνωθεν ἐκ τῆς ἀκροπóλεως εἰς τò βουλευτήριον καὶ τὴν ἀγορὰν µετέστησεν Ἐφιάλτης. "Éphialte a transféré les axones et les kyrbeis de l’Acropole vers le Bouleutérion et l’agora."
https://archive.org/detai[...]rH%202A/page/122/mode/2up
💥 Pollux, Onomasticon, VIII, 128 : Άπέкειντо δὲ οἷ τε кύρβεις кαὶ οἱ ἄξоνες ἐν ἀкρоπόλει πάλαι · αὖθις δᾢ ἵνα πᾶσιν ἐξῇ ἐντυγχάνειν, εἰ ς τò πρυτανεῖον кαì τὴν ἀγορὰν μετεкομίσθησαν· διὰ τοῦτο ἔλεγον τòν кάτωθεν νόμον ἀντιτιθέντες πρòς τὴν ἀкρόπολιν. " Autrefois, les kyrbeis comme les axones étaient conservés sur l’Acropole mais plus tard afin que tous puissent les consulter ils ont été transférés au Prytaneion et sur l’agora. C’est pour cette raison qu’on dit les lois d’en bas par opposition à celles de l’Acropole. "
https://archive.org/detai[...]lluoft/page/n547/mode/2up
💥 Plutarque, Vie de Solon, XXXIV.
https://remacle.org/blood[...]riens/Plutarque/solon.htm
💥 Aristote, Constitution d'Athènes, XXXV, II.
https://remacle.org/blood[...]ristote/constitution1.htm
Travaux modernes :
💥 Ronald Stroud, The Axones and Kyrbeis of Drakon and Solon, Berkeley- Los Angeles-Londres, University of California Press, 1979, p 46, fig. 1.
💥 Christophe Pébarte, "Inscriptions et régime politique : le cas athénien" In : L’écriture publique du pouvoir [en ligne]. Pessac : Ausonius Éditions, 2005. Lien
http://books.openedition.org/ausonius/9287
💥 Elizabeth A. Meyer. (2016). Posts, Kurbeis, Metopes: The Origins of the Athenian “Documentary” Stele. Hesperia: The Journal of the American School of Classical Studies at Athens, 85(2), 323–383. Lien
https://doi.org/10.2972/hesperia.85.2.0323
Au VIe siècle av. J.-C., pour publier sa législation, Solon utilisa des axones, panneaux de bois exposés dans l'espace public durant près de deux siècles. Nous disposons de quelques sources littéraires, épigraphiques et iconographiques comme le fond d'une coupe de Brisbeis, datant des années 480-470 av. J.-C., montrant un jeune homme debout devant une curieuse structure en bois qu'il semble considérer avec attention. Le peintre a voulu représenter ces axones et l'historien Ronald Stroud a pu donc en proposer un modèle.
Axones et kyrbeis se trouvaient d'abord à l'Acropole et ce n'est qu'en 461av. J.-C. qu'Ephialte les aurait fait déplacer. Les axiones auraient alors trouvé refuge au Prytanée où ils auraient pu survivre, au moins en partie, jusqu'à l'époque de Pausanias. Mais c'est à l'agora qu'on aurait placé les kyrbeis, les rendant ainsi plus accessibles au public athénien. Les documents originaux étaient peut-être des axones de bois. Plus tard, probablement après 480, Athènes aurait fait transcrire les lois de Dracon et de Solon sur des supports façonnés dans un matériau susceptible de résister aux intempéries.
AristoteLes lois nouvelles furent inscrites sur des tables triangulaires qu'on exposa clans le Portique Royal, et tous jurèrent de les observer. Les neuf archontes prêtèrent serment sur la pierre et s'engagèrent à offrir une statue d'or dans le cas où ils en violeraient quelqu'une. De cette époque date cet engagement qui se trouve encore dans le serment qu'ils prêtent aujourd'hui. La durée des lois fut fixée par Solon lui-même à cent ans.
AnaximèneÉphialte a transféré les axones et les kyrbeis de l’Acropole vers le Bouleutérion et l’agora.
Pollux: Autrefois, les kyrbeis comme les axones étaient conservés sur l’Acropole mais plus tard afin que tous puissent les consulter ils ont été transférés au Prytaneion et sur l’agora. C’est pour cette raison qu’on dit les lois d’en bas par opposition à celles de l’Acropole.
On gravait les textes à publier sur chaque face de poutres fixées à deux montants verticaux faits de bois ou de pierre. Pour faciliter la lecture de l'ensemble des textes, un axe de fixation entraînait la rotation de ces poutres. Cela permettait au lecteur de feuilleter en quelque sorte chacun des éléments du document. Le texte était sans doute écrit boustrophédon : dans ce système, la première ligne est normalement inscrite de gauche à droite, la seconde de droite à gauche, pour faciliter la continuité d'écriture et de lecture ; à chaque ligne le regard du lecteur change de sens.
PlutarqueIl ne donna de force à toutes ses lois que pour cent ans, et les fit écrire sur des rouleaux de bois en forme d'essieux, qui tournaient dans des cadres où ils étaient enchâssés. On en conserve encore des fragments dans le Prytanée ; et, suivant Aristote, on les appelait « cyrbes ».
Si cette reconstitution est exacte, une telle façon de publier les textes officiels témoigne de ce que le premier des fondateurs de la démocratie athénienne tenait pour absolument nécessaire une publicité les rendant facilement accessibles à une lecture libre.
Cette structure était relativement fragile et les auteurs du IVe siècle la considéraient comme quasiment détruite. Néanmoins, c'est en faisant référence à cette "édition originale" que l'on republia, en 409, la loi sur l'homicide, seul texte que Solon avait conservé de la législation de Dracon.
AristoteAu début cependant ils firent preuve de modération à l'égard des citoyens, et, affectant d'observer les traditions politiques des ancêtres, ils supprimèrent de l'Aréopage les lois d'Ephialte et d'Archestratos contre les Aréopagites ; ils abolirent de même toutes celles des lois de Solon dont l'interprétation prêtait aux discussions, et enlevèrent ainsi aux juges le droit de trancher souverainement les contestations.
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Sources classiques :
💥 Jeune homme devant les axones, Coupe attique à figure rouge ; diamètre : 23,2 cm, vers 480–470 av. J.-C.., attribuée à Brisbeis, New York, The Metropolitan Museum of Art 27.74.

https://collectionapi.met[...]252891/1356760/main-image
💥 Aristote, Constitution d'Athènes, VII, I.
https://remacle.org/blood[...]Aristote/constitution.htm💥 Anaximène, FGrHist 72 F13 : τoὺς ἄξovας καὶ τoὺς κὺρβεις ἅνωθεν ἐκ τῆς ἀκροπóλεως εἰς τò βουλευτήριον καὶ τὴν ἀγορὰν µετέστησεν Ἐφιάλτης. "Éphialte a transféré les axones et les kyrbeis de l’Acropole vers le Bouleutérion et l’agora."
https://archive.org/detai[...]rH%202A/page/122/mode/2up💥 Pollux, Onomasticon, VIII, 128 : Άπέкειντо δὲ οἷ τε кύρβεις кαὶ οἱ ἄξоνες ἐν ἀкρоπόλει πάλαι · αὖθις δᾢ ἵνα πᾶσιν ἐξῇ ἐντυγχάνειν, εἰ ς τò πρυτανεῖον кαì τὴν ἀγορὰν μετεкομίσθησαν· διὰ τοῦτο ἔλεγον τòν кάτωθεν νόμον ἀντιτιθέντες πρòς τὴν ἀкρόπολιν. " Autrefois, les kyrbeis comme les axones étaient conservés sur l’Acropole mais plus tard afin que tous puissent les consulter ils ont été transférés au Prytaneion et sur l’agora. C’est pour cette raison qu’on dit les lois d’en bas par opposition à celles de l’Acropole. "
https://archive.org/detai[...]lluoft/page/n547/mode/2up💥 Plutarque, Vie de Solon, XXXIV.
https://remacle.org/blood[...]riens/Plutarque/solon.htm💥 Aristote, Constitution d'Athènes, XXXV, II.
https://remacle.org/blood[...]ristote/constitution1.htmTravaux modernes :
💥 Ronald Stroud, The Axones and Kyrbeis of Drakon and Solon, Berkeley- Los Angeles-Londres, University of California Press, 1979, p 46, fig. 1.
💥 Christophe Pébarte, "Inscriptions et régime politique : le cas athénien" In : L’écriture publique du pouvoir [en ligne]. Pessac : Ausonius Éditions, 2005. Lien
http://books.openedition.org/ausonius/9287💥 Elizabeth A. Meyer. (2016). Posts, Kurbeis, Metopes: The Origins of the Athenian “Documentary” Stele. Hesperia: The Journal of the American School of Classical Studies at Athens, 85(2), 323–383. Lien
https://doi.org/10.2972/hesperia.85.2.0323







