Topic : « Des khey chaud pour se battre sur Pokemon Showdown ? »

Avatar de DisDonc DisDonc
Bon moi j'arrête, maintenant. C'est addictif. Et puis j'ai écrit ça.


Pokémon Showdown
Stratégie au tour par tour
2015-, Web, fan-made
~15h de jeu en février 2018

Pokémon Showdown est un jeu de combats Pokémon, une plate-forme en ligne sur laquelle des joueurs réels s'affrontent. Ce projet amateur gratuit, fluide et pas envahi de pubs est en "béta" prolongée depuis 2015.
Pas d'aventure ici, seul l'aspect combat des jeux Pokémon (et bien évidemment les dites créatures) est reproduit dans ce projet de fans américains. Le jeu met l'emphase sur la stratégie et il est hautement compétitif.
Showdown se joue simplement à partir d'un navigateur internet ou d'une application software légère. Au moment où je joue, l'application n'apporte rien de plus par rapport à la version web si ce n'est une interface un peu plus optimisée et la possibilité de bidouiller ses équipes sans connexion internet requise.

Showdown est seulement disponible en anglais (bien que son chat français soit l'une des rooms les plus populaires), ce qui est un peu problématique lorsque l'on a été habitué aux noms français des Pokémon et de leurs attaques.

Pokémon Showdown s'est rapidement mis à collaborer avec la Smogon University, la plus large communauté de Pokémon PvP compétitif, avec tournois et forums sur lesquels une mine d'informations est disponible.

Il s'agit toujours de combats d'équipes de 6 Pokémon chacune, avec deux principaux modes qui se distinguent : le mode aléatoire et le mode de composition d'équipe. Dans la Random Battle, les Pokémon reçus varient entre le niveau 60 et 90, pour permettre à la plupart des Pokémon "faibles" de plus ou moins compenser leur fragilité.
Chaque génération des jeux Pokémon est répertoriée avec ses propres données et éléments. Il est ainsi possible (et c'est très appréciable!) de jouer dans les standards d'une génération précédente. C'est ce que j'ai fait pour l'essentiel, m'adonnant au mode [Gen 1] Random Battle - puisque je connais à peine un tiers des Pokémon dont le total s'élève maintenant à plus de 800 créatures. Je suis devenu un vieux.
Pokémon Showdown met néanmoins avant tout en valeur la dernière génération en date. Celle-ci dispose en effet de nombreux modes supplémentaires : listes autorisant ou excluant des Pokémon dits Ubber ou légendaires , batailles avec 2 Pokémon par équipe sur le terrain en même temps (toujours 1v1 en termes de joueurs), équipes monotypes,...

Le matchmaking de Showdown possède un Ladder avec un système de MMR. Il permet de plus ou moins jouer contre des adversaires de son niveau et, surtout, de se situer par rapport aux autres et de gravir les échelons.
Il y a largement assez de monde sur Showdown pour le faire exister. En février 2018, le nombre de joueurs en ligne est constamment au-dessus de 10 000, il ne faut donc patienter que quelques secondes pour trouver un adversaire.

Le ladder permet également de se faire une idée des modes les plus populaires, et c'est assez intéressant. Les combats d'équipes aléatoires, instantanés, ont plus la cote que les combats d'équipes préconstruites et optimisées. Auprès du plus grand nombre en tout cas. La dernière Gen en date est de loin la plus jouée sur Showdown. En deuxième position arrive la Gen 1, la génération originale devançant toutes les autres.

Pokémon a toujours attiré pour son concept original servi par un design ultra mignon (et merchandising.) Mais s'ils font à chaque nouvelle génération revenir des joueurs et parle à des hardcore gamers, c'est aussi que les jeux sont très stratégiques, et ce bien que l'aventure classique des jeux reste elle simple, étant adressée avant tout aux enfants. La richesse et profondeur de la stratégie gonfle à chaque nouvelle génération amenant son lot de nouveautés : Pokémon, capacités, types, natures, talents, reproduction, objets tenus, méga-évolution,...
La chance est cependant un élément important des combats Pokémon. Entre les coups critiques, les ratés et les altérations de statut, ce facteur est considérable. Il n'est pas rare de perdre un combat qu'on aurait un peu mieux joué que l'adversaire, et inversement. Ce qui peut être frustrant. La composition aléatoire des équipes dans le mode attitré renforce encore ce facteur chance. Néanmoins, comme au Poker, un bon joueur aura en général assez de marge pour compenser la chance d'un mauvais et le battre. Le ladder de Showdown renseigne en effet que les meilleurs joueurs ont des taux de victoire supérieurs à 80%. Mon propre taux de victoires sur une centaine de parties jouées s'élève à 64%. Si la chance peut être déterminante, c'est avant tout la stratégie qui influence le déroulement des combats. Mon rapport conflictuel au facteur chance est une raison qui m'empêche de m'investir dans le jeu Pokémon compétitif, mais pas d'y prendre du plaisir en détente.


Showdown ne restitue pas le côté pitoresque et enchanteur des jeux Pokémon officiels, il se rapproche plutôt d'un Pokémon Stadium 2.0, plus rapide et online. Au sein duquel les joueurs subliment la stratégie.
La simplicité graphique, la rapidité des combats, l'univers Pokémon au service de la stratégie et la compétition de Showdown a un effet particulièrement addictif sur moi. J'y ai joué plus de 12 heures en deux jours, sans voir les heures défiler... ou en les voyant et continuant quand même après m'être dit "dernière partie." C'est, comme Transformice, un jeu compétitif avec une architecture très simple, qui pourrait me "bouffer" énormément de temps.


++ la stratégie de Pokémon magnifiée
++ gratuit et pas envahi de pubs relous
+ du monde, pas d'attente ou presque
+ les différentes générations jouables
+ système avec MMR
+ petits pokémon avec lvl plus élevés donnent plus de diversité

-- timer laissé au joueur beaucoup trop long. J'aurais aimé un mode flash avec un max de 15s pour choisir son move; ce qui serait d'ailleurs plus réaliste.
- facteur chance important
- seulement en anglais, embêtant notamment pour les noms des Pokémon et attaques auxquels on est habitués
- menus fouillis
- Seulement deux thèmes musicaux.


Les fan-made Pokémon
Légalement ces projets dansent sur une corde. Les jeux de fan sont très nombreux dans la communauté Pokémon (notamment francophone) et parfois hautement qualitatifs comme comme je l'ai constaté moi-même ici, dans PokéMMO ou encore Pokémon Origins.

Le format des jeux Pokémon et leur support habituel sur console portable ont permis la prolifération de jeux amateurs. Depuis que l'émulation de jeux Pojémon a été possible sur PC, de nombreux hacks de ROM modifiées ont vu le jour, tel que Pokémon Prisme. Mais les outils du hackeur restaient limités.
La création de jeux de fan a été très facilitée avec l'arrivée de Pokémon Essentials, le RPG Maker qui reproduit les éléments des jeux Pokémon GBA dès 2007, graphismes et statistiques inclus. Cela a donné la possibilité à des gens de créer leur propre jeu sans connaissance en développement, et de raconter une histoire dans l'univers Pokémon qu'ils chérissent. Et fait émerger des gros succès comme Pokémon Uranium.
Le moteur 2D de Pokémon Essentials (à cheval entre la gen 3 et 4) date vraiment aujourd'hui, mais l'aspect nostalgique et l'identité des premiers jeux Pokémon GB restent un atout solide à son service. Ainsi que les vagues grandissantes indé et rétro. Et bien-sûr le succès persistant de la série.

Il semble que tant que ces fan-made ne rapportent pas d'argent à leurs créateurs de quelque manière que ce soit, généralement Nintendo les laisse vivre. Mais pas les projets qui prennent trop d'ampleur et marchent sur ses plates bandes, menaçant la prolifération de jeux Pokémon gratuits plus ou moins qualitatifs qui pourraient déservir à la série ou en tout cas aux profits de la marque.
Pokémon Uranium (2016, un travail de 9 ans réalisé par un duo), qui proposait une aventure inédite avec notamment pas moins de 150 Pokémon originaux, a ainsi sans doute été la victime de son succès : après avoir comptabilisé plus de 1.5 million de téléchargements en quelques semaines, ses créateurs ont été contraints de retirer leurs liens de téléchargement à la suite de courriers envoyés par les avocats de Nintendo.
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