Le bien ignoré
La clameur des combats acharnés,
Où sans cesse s'entremêle les cris désemparés,
Sous la lueur vacillante des étoiles sépulcrales,
Accompagne les guerriers voyageant vers l'astral.
Tandis que déferlent les cris bestiaux,
Abjects hurlements aussi indécents qu'immoraux,
Où l'on entend le désir salace d'aimer la guerre,
Que seuls les coups les plus meurtriers pourront faire taire.
Ô gloire dérisoire, qui les emporte !
Le bien et sa soi-disant ubiquité,
Ont-ils déjà été aussi superbement ignorés ?
Mais pour ces barbares, le profane exhorte.
Amour inachevé
Peau diaphane, sourire ravissant,
Ô toi ma muse aux charmes si attrayants,
T'offriras-tu à la chaleur de mes baisers,
Toi qui a su si longtemps te préserver ?
Ma main se pose sur la tienne,
Mon souffle rejoint ta chevelure obsidienne,
Dont j'hume avec plaisir les parfums frais,
Avant de tendrement t'embrasser.
Hélas, tu t'écartes avant même que je m'applique,
Car tu sais ce que l'amour implique,
Tu ne me laisseras point trop t'aimer,
Puisque tu sais notre amour être de courte durée.
L'hypothétique
Ô belle éternelle, qui si ardemment s'agite,
Aussi vivide que le sang qui palpite,
Tu fais naître en moi de sombres pulsions,
Qui agitent de noirs démons.
Tes cheveux si blonds,
Rendent le temps un peu plus long,
Et tes yeux si clairs,
Ont tout pour me plaire.
Devrais-je oublier mon sérieux,
Et à la solitude faire de courts adieux,
Pour le temps d'un soir,
Faire naître notre amour illusoire.
Bonheur hivernal
Sans agitation, mes doigts se faufilent,
Avec chaleur, dans les tiens ils se glissent,
Blottis l'un contre l'autre,
Dans ta douceur, je m'emporte.
Et si agréablement, si tendrement,
Tu me rends étonnamment aimant,
Tu fais battre avec animation dans mon cœur,
Une quiétude loin du monde et de ses lourdeurs.
Le son de ta voix perdure
Une plume glisse sur le papier,
Où sans cesse ton prénom apparaît,
Les traces d'encre s'agglutinent,
Pour rappeler ta voix séraphine,
Ta tendresse, ta présence,
Si touchantes, sur ma route d'errance.
Je me souviens de ton regard bien bleu,
De la dureté de tes yeux lors de nos adieux,
Et de ta chevelure d'un si doux châtain,
Devant demeurer loin de mon destin,
Qu'aurais-tu dis si je t'avais avoué,
Savoir ne jamais cesser de t'aimer ?
L'Art
L'art, l'art qui soulève et danse,
Faisant rentrer les corps en transe,
L'art qui fomente par ses lignes élégantes,
Et qui dans l'air dessine des arabesques éclatantes,
L'art qui transpire, qui déchire, qui exalte, qui happe,
Et qui de toute sa force, notre âme, frappe.
A-t-on jamais eu d'yeux,
Faits pour autre chose que le merveilleux ?
Lui seul sait métamorphoser en papillon,
Nos cils battants avec stupeur et émotion,
Tandis que notre esprit, de troubles s'agite,
Dans notre poitrine, l'admiration crépite.
Dernière étreinte
J'ai posé mes lèvres,
Sur ta peau si glacée,
Jadis de douceur ivre,
Maintenant si mortifiée.
As-tu ressenti mes larmes,
Glisser une ultime fois,
Sur ton corps qui charme,
Autrefois à moi ?
Les veuves des cimetières
L'air est ce soir vibrant,
De litanies égosillées,
Venant des veuves épleurées,
Rendant leur désarroi chantant.
Seul le monde des vivants,
Entend cette triste beauté,
Qui dans le calme résonnant,
La désolation, fait germer.
L'Arlésienne
D'un doux et tendre baiser,
J'imaginais t'enlacer,
Pour que ma vaine douleur,
Se colore de torpeur.
Dans tes crocs bien acérés,
Mon être devient brisé,
Sans une once de pudeur,
Tu te ris de ma stupeur.
L'espoir volatilisé,
Me fait presque t'apprécier,
Toi, si pleine de laideur,
Dans ta superbe noirceur.
Abri
Tu déploies tes grandes ailes,
Qui protègent du froid d'hiver,
Chaque fois que je chancelle,
Elles empêchent la misère.
La plus aimante des mères,
Porte un amour sans pareil,
D'une force spectaculaire,
Sans le moindre sommeil, veille.
Métamorphose
Que pourrais-je te dire,
Ou même t'écrire,
Quand mon cœur est ailleurs,
Loin du dieu avaleur,
Qu'est la mort funeste,
M'inspirant mes écrits palimpsestes.
Je sais qu'un jour je serai détruit,
Plongé dans le lugubre oubli,
Alors j'ai envie d'avancer et de croire,
Qu'il faut écrire ma propre histoire,
La chaleur que je te porte, pourtant,
Demeure en moi à chaque instant.
Elle s'est insinuée,
Aux tréfonds de ma volonté,
Ô mon doux amour,
Peu importe le temps qui court,
Je garde les frissons et l'émotion,
De vouloir m'investir avec dévotion.
L'Espoir
Je suis perdu dans la brume,
Lourd comme une enclume,
Titubant dans le moindre pas,
Jusqu'à ce que tu m'agrippas.
Dès lors tout s'illumina tant,
Achevant l'ancien vent d'autan,
Le remède de tous mes maux,
Reposait dans mes idéaux.
Elle
L'Espoir m'a enlacé,
Comme une vieille amie,
Pour mon cœur sauver,
Et d'elle, je me suis épris.
Elle m'a donné envie de vivre,
En humant les fleurs,
En dévorant les livres,
Pour me rendre meilleur.
Ses doigts féeriques,
Ont insinué l'accalmie,
Et m'ont dévoilé l'onirique,
M'éloignant des insipides impies.
J'ai rêvé de créer tant d'amitiés,
De tisser un cocon prodigieux,
Où l'on pourrait être en entier,
Au point d'arborer des sourires radieux.
L
Lettre splendide,
Livide dans les écrits noirs,
Livrant les lois liberticides,
Logeant dans tous les labels notoires.
Lorgnant sur l'alphabet j'oublie, allègre,
L'utilité dans sa simple beauté,
Limpide, sa belle prononciation libère,
Légendaire, elle lègue la légèreté.
Plusieurs vies
Plusieurs vies se sont déroulées,
Insufflant leur grande sagesse,
Au sein de mon âme troublée,
Pour que sa force transparaisse.
J'ai connu les violent violents,
Et l'innocence à son apogée,
J'ai été tiraillé par mille tourments,
Puis apaisé comme jamais.
Mes yeux graves scrutent,
Les saisons qui font et défont,
Jusqu'à ce que change l'horizon,
Qui reflète la multitude de nos luttes.
Firmaments
Dans l'irrémédiable vicissitude,
Tu as tissé ta solitude,
Tes mots sont devenus effaçables,
Afin d'être irréfragables,
Accumulant les expédients,
Tu en as oublié d'être sapien.
La douleur t'a fait envier les déments,
Plutôt que de te faire envisager l'astringent,
Vois-tu, autour de toi, la lumière salutaire ?
Connais-tu ces cataplasmes vulnéraires,
Aux si grandes capacités,
Qu'on réalise que rien n'est voué à l'inanité ?
Ton potentiel n'a pour limite que le Ciel,
Car tu portes en toi cette étincelle,
Qui quand elle jaillit lorsqu'il fait nuit,
De merveilleuses constellations, produit,
Mon cœur bat en espérant,
Que tu vois la beauté de ces firmaments.
Je garde espoir,
D'un jour te voir,
Réaliser que la vérité que l'on assume,
Notre vitalité, rallume,
Ce qui pourrait t'animer,
Est voué à inspirer et à époustoufler.
Tu seras
Après avoir porté ta croix,
Tu deviendras roi,
Les horizons s'ouvriront,
Pour de gloire, couronner ton front.
Milles perles de sueur,
Témoigneront de ton ardeur,
Puis glissant sur ton poitrail,
Inspireront le marbre et les cisailles.
L'histoire chantera tes mérites,
S'évanouiront les mines circonscrites,
Au profit de sourires radieux,
Pour celui ayant offert le soleilleux.
L'exquise douceur
La beauté de tes doigts albâtres,
Font sur moi l'émoi s'abattre,
Tes hanches courbées,
Tes jambes galbées,
Ne sont rien à côté de ton rire,
Qui est à l'origine de mon désir.
Quand j'entends son insouciance,
Le monde se pose en suspens,
Le mal s'incline et cesse,
Quand sur ma poitrine je te presse,
De tes doux baisers,
Je n'ai jamais cessé de rêver.
La chaleur sous ma peau,
Ma quête sans repos,
N'a jamais eu autant de sens,
Depuis que j'ai terminé mon errance,
Pour enfin élargir mon cœur,
Et t'aimer un peu plus chaque heure.
Elle est partie
Elle s'est enfuie,
Sans faire aucun bruit,
Ses lèvres tremblèrent,
Quand ses souliers se détournèrent.
Le bruit de ses pas,
En moi fut un fracas,
Pourtant, demeurant silencieux,
Je ne lui fis pas mes adieux.
Était-ce un de ces cauchemars,
Qui nous viennent bien tard,
Mais dont on peut se réveiller,
En se sachant encore aimé ?
Pourtant son parfum, déjà ancien,
De réalité et de fin était empreint,
Je n'ai pas su comment la retenir,
Ou ne serait-ce que la savoir partir.
Seul dans l'arène
Son esprit était vif et assuré,
Suscitant une admiration avérée,
Sa verve était irréfragable,
Et sa plume prolifique, peu affable.
Les mots qu'il utilisait avec puissance,
Véhiculaient un goût de scintillance,
Où rien n'était jamais vrai,
Car un combat, il menait.
La poussière de la rage et la vaillance,
Se mêlaient à son élangance,
Pourtant les arènes étaient vides,
Car il y a longtemps qu'il n'était plus lucide.
Les combats qu'il avait entrepris,
L'avaient mené loin de la vie,
Et finalement lâchant ses armes,
Il réalisa d'où provenait son vacarme.
Langue de miel
Sa langue de miel,
Réserve bien des merveilles,
Belle et rose,
Sur bien des lèvres se pose.
Hélas ! N'a-t-on pas compris,
Que celle qui œuvre n'est point l'envie ?
Dans un décompte sinistre,
Se relève la mort illustre.
Charmante nymphomane vicieuse,
Elle aspire même les âmes pieuses,
Qui de bien de chagrins sont accablés,
De voir son horrible visage émacié.
Ceux qui croyent en l'éternel,
Découvrent son odeur pestilentielle,
Et de douleur odieuse se tordent,
Quand sa bouche, d'écume fermentée, déborde.
Il y a
Il y a des raisons de vivre,
De se gorger de doux rêves,
Pour toujours les poursuivre,
Loin des paroles qui endêvent.
Il y a des bruits que jamais l'on n'oublie,
Des visions qui toujours émeuvent,
Ton rire qui résonne, jamais ne faiblit,
Quand ma main se rappelle tes cheveux.
L'éclat de mes jours est parsemé,
Du présent et de son insouciance,
J'ai su et je continue à aimer,
Et tendrement, floraît ma revivance.
Violence
La vie arrache, broie et brise,
Il n'y a rien qui immunise,
Du désir de vouloir accomplir,
Que rien ne pourra assouvir.
Les cris des hommes moyens étouffent,
Ils tuent le noble et désirent l'esbroufe,
Comment ferment-ils les yeux sur le laid ?
Et adulent-ils le vulgaire de l'incomplet ?
Mes entrailles se tordent de répulsion,
Être la plus ignoble des aberrations,
Une maladie n'ayant nul autre remède,
Que l'aimable poison qui rend raide.
Charmé
Le son de ta voix,
Me fait fermer les yeux et aimer,
Sa beauté enchanteresse me laisse coi,
Quand avec immensité, tu la fais résonner.
Ce son si plaisant et pur,
Que tu sais pourtant rendre si dur,
A quelque chose de blessant,
Lorsque s'esquisse ton sourire glaçant.
Tes incisives plongent dans ma chair,
Rugissent alors les bruits de mastication,
Lorsque que tu dévores avec application,
Belle sirène, si peu sincère.
Hors chemin
Les mois perpétuels,
S'enchaînent, tels des illusions cruelles,
Une fois mon masque et cœur brisés,
J'ai admis que je ne pourrais t'oublier.
Mais à quoi bon se souvenir,
Quand on ne peut plus agir ?
Sombrement, je retiens mes pulsions,
Qui voudraient ma mort, en toute saison.
Mes mains ont des spasmes frénétiques,
Quand vogue vers toi mon esprit erratique,
Je hais sentir ce lien obsessionnel,
Aussi douloureux qu'irrationel.
Je ne peux qu'aimer et entreprendre,
Pour éviter de trop ma vie suspendre,
J'ai accepté de devoir me forcer à avancer,
Me mouvant, tel un fiévreux animal atterré.
L'homme-araignée
Il était une fois l'histoire,
D'un homme-araignée,
Qui se pensait esseulé,
Derrière lui les mensonges péremptoires,
S'accumulaient sans trêves,
Condamnant tous ses rêves.
Son cœur s'était emmêlé,
Dans les mensonges qu'il avait tissé,
Sans que nul n'ose apercevoir,
La profondeur de son désespoir,
Il savait qu'il désirait accomplir,
Mais de ses peurs, ne pouvait s'affranchir.
Sa tendresse, son sérieux et son humanité,
Étaient aussi grands que touchants,
Mais en lui demeurait aussi le néant,
Ainsi qu'un égo blessé,
Ayant scindé son être,
Pour le pousser dans le paraître.
S'étant habitué à l'obscurité,
Il en vient à aimer la souffrance,
La pensant être sa délivrance,
Et ne voulant pas admettre sa lâcheté,
Il se décrivait volontiers comme maudit,
Alors qu'il évitait simplement ses soucis.
Pourtant, ses fils coruscants,
Peuvent s'étendre loin dans le vent,
Pour l'emmener hors des ténèbres,
Sans la désolation qui l'encombre,
Il peut trouver sa substantiation,
Pour voler vers l'élévation.
La mort requiert moins de force,
Que de porter en soi l'Espoir,
Brûlant aussi fort qu'une torche,
Faisceau de la raison permettant de voir,
Il éclaire les nuits les plus obscures,
Où sans lui, le vide, toujours perdure.
Tendre Éros
Ton souffle court,
Qui respire l'amour,
Me fait désirer chaque seconde,
Remplie de caresses fécondes.
J'ai goûté à ta bouche,
Qui sans pareille, fait mouche,
Ton souffle s'est mêlé au mien,
Quand tu me sentis en ton sein.
Mes doigts ont frôlé,
Chaque parcelle désirée,
De ton admirable être,
Jusqu'à ton extase, faire naître.
Ta voix qui rugit de plaisir,
À n'en plus finir,
Et tes yeux qui roulent,
Plaisent autant que chamboulent.
Mes yeux voilés de désir,
De t'admirer, ne peuvent s'abstenir,
Jusqu'à te voir trembler de vie,
Tandis qu'en union, mon âme s'enfuit.
Amour sérotinal
Le soleil qui illumine tes pupilles,
Tes doigts agiles,
Tes cheveux parfumés,
Et tes rires en joie quintessenciés,
M'ont fait tourner la tête,
Toi, ma belle toute coquette.
Je veux m'imprégner,
De ce qui me fait te désirer,
Sentir sur moi ta chaleur,
Respirer à pleins poumons ton odeur,
Ressentir ta douceur dans mes bras,
Tandis que tu m'aimeras.
Joie éphémère, vouée à se volatiser,
Tu es collée à moi, comme magnétisée,
Une part de toi aime mon innocence,
Faisant écho à ta presque insouciance,
Quant à l'autre partie de ton être,
Elle aime l'amour que je laisse paraître.
Malgré tout, je suis loin de me sentir fort,
Quand je vois le monde de dehors,
Constitué de lourde froideur,
Emplissant l'espace de sa laideur,
Je suis paralysé, presque désespéré,
Je lutte pour ne pas sombrer.
Assurément, l'amour n'est pas évident,
Et laisse un goût sanglant,
Je n'ai jamais aimé sans être triste,
Car je savais être le seul qui résiste,
Qui continue à vouloir accomplir,
Quand l'autre délaisse son envie de bâtir.
J'ai peur du sérieux que j'abrite,
De mon dévouement qui irrite,
Ma solitude est immense,
Tandis que résolument, j'avance,
J'ai oublié ce qu'était la fragilité,
Tant ma chair s'est maintes fois brisée.
Je n'ai pas le choix,
Il n'y a que cette voie,
Je redoute le monde des Hommes,
Tout comme l'amour sans continuum,
Si loins de toutes mes vertus,
Et si proches du mal-être qui me tue.
Où sans cesse s'entremêle les cris désemparés,
Sous la lueur vacillante des étoiles sépulcrales,
Accompagne les guerriers voyageant vers l'astral.
Tandis que déferlent les cris bestiaux,
Abjects hurlements aussi indécents qu'immoraux,
Où l'on entend le désir salace d'aimer la guerre,
Que seuls les coups les plus meurtriers pourront faire taire.
Ô gloire dérisoire, qui les emporte !
Le bien et sa soi-disant ubiquité,
Ont-ils déjà été aussi superbement ignorés ?
Mais pour ces barbares, le profane exhorte.
Amour inachevé
Ô toi ma muse aux charmes si attrayants,
T'offriras-tu à la chaleur de mes baisers,
Toi qui a su si longtemps te préserver ?
Ma main se pose sur la tienne,
Mon souffle rejoint ta chevelure obsidienne,
Dont j'hume avec plaisir les parfums frais,
Avant de tendrement t'embrasser.
Hélas, tu t'écartes avant même que je m'applique,
Car tu sais ce que l'amour implique,
Tu ne me laisseras point trop t'aimer,
Puisque tu sais notre amour être de courte durée.
L'hypothétique
Aussi vivide que le sang qui palpite,
Tu fais naître en moi de sombres pulsions,
Qui agitent de noirs démons.
Tes cheveux si blonds,
Rendent le temps un peu plus long,
Et tes yeux si clairs,
Ont tout pour me plaire.
Devrais-je oublier mon sérieux,
Et à la solitude faire de courts adieux,
Pour le temps d'un soir,
Faire naître notre amour illusoire.
Bonheur hivernal
Avec chaleur, dans les tiens ils se glissent,
Blottis l'un contre l'autre,
Dans ta douceur, je m'emporte.
Et si agréablement, si tendrement,
Tu me rends étonnamment aimant,
Tu fais battre avec animation dans mon cœur,
Une quiétude loin du monde et de ses lourdeurs.
Le son de ta voix perdure
Où sans cesse ton prénom apparaît,
Les traces d'encre s'agglutinent,
Pour rappeler ta voix séraphine,
Ta tendresse, ta présence,
Si touchantes, sur ma route d'errance.
Je me souviens de ton regard bien bleu,
De la dureté de tes yeux lors de nos adieux,
Et de ta chevelure d'un si doux châtain,
Devant demeurer loin de mon destin,
Qu'aurais-tu dis si je t'avais avoué,
Savoir ne jamais cesser de t'aimer ?
L'Art
Faisant rentrer les corps en transe,
L'art qui fomente par ses lignes élégantes,
Et qui dans l'air dessine des arabesques éclatantes,
L'art qui transpire, qui déchire, qui exalte, qui happe,
Et qui de toute sa force, notre âme, frappe.
A-t-on jamais eu d'yeux,
Faits pour autre chose que le merveilleux ?
Lui seul sait métamorphoser en papillon,
Nos cils battants avec stupeur et émotion,
Tandis que notre esprit, de troubles s'agite,
Dans notre poitrine, l'admiration crépite.
Dernière étreinte
Sur ta peau si glacée,
Jadis de douceur ivre,
Maintenant si mortifiée.
As-tu ressenti mes larmes,
Glisser une ultime fois,
Sur ton corps qui charme,
Autrefois à moi ?
Les veuves des cimetières
De litanies égosillées,
Venant des veuves épleurées,
Rendant leur désarroi chantant.
Seul le monde des vivants,
Entend cette triste beauté,
Qui dans le calme résonnant,
La désolation, fait germer.
L'Arlésienne
J'imaginais t'enlacer,
Pour que ma vaine douleur,
Se colore de torpeur.
Dans tes crocs bien acérés,
Mon être devient brisé,
Sans une once de pudeur,
Tu te ris de ma stupeur.
L'espoir volatilisé,
Me fait presque t'apprécier,
Toi, si pleine de laideur,
Dans ta superbe noirceur.
Abri
Qui protègent du froid d'hiver,
Chaque fois que je chancelle,
Elles empêchent la misère.
La plus aimante des mères,
Porte un amour sans pareil,
D'une force spectaculaire,
Sans le moindre sommeil, veille.
Métamorphose
Ou même t'écrire,
Quand mon cœur est ailleurs,
Loin du dieu avaleur,
Qu'est la mort funeste,
M'inspirant mes écrits palimpsestes.
Je sais qu'un jour je serai détruit,
Plongé dans le lugubre oubli,
Alors j'ai envie d'avancer et de croire,
Qu'il faut écrire ma propre histoire,
La chaleur que je te porte, pourtant,
Demeure en moi à chaque instant.
Elle s'est insinuée,
Aux tréfonds de ma volonté,
Ô mon doux amour,
Peu importe le temps qui court,
Je garde les frissons et l'émotion,
De vouloir m'investir avec dévotion.
L'Espoir
Lourd comme une enclume,
Titubant dans le moindre pas,
Jusqu'à ce que tu m'agrippas.
Dès lors tout s'illumina tant,
Achevant l'ancien vent d'autan,
Le remède de tous mes maux,
Reposait dans mes idéaux.
Elle
Comme une vieille amie,
Pour mon cœur sauver,
Et d'elle, je me suis épris.
Elle m'a donné envie de vivre,
En humant les fleurs,
En dévorant les livres,
Pour me rendre meilleur.
Ses doigts féeriques,
Ont insinué l'accalmie,
Et m'ont dévoilé l'onirique,
M'éloignant des insipides impies.
J'ai rêvé de créer tant d'amitiés,
De tisser un cocon prodigieux,
Où l'on pourrait être en entier,
Au point d'arborer des sourires radieux.
L
Livide dans les écrits noirs,
Livrant les lois liberticides,
Logeant dans tous les labels notoires.
Lorgnant sur l'alphabet j'oublie, allègre,
L'utilité dans sa simple beauté,
Limpide, sa belle prononciation libère,
Légendaire, elle lègue la légèreté.
Plusieurs vies
Insufflant leur grande sagesse,
Au sein de mon âme troublée,
Pour que sa force transparaisse.
J'ai connu les violent violents,
Et l'innocence à son apogée,
J'ai été tiraillé par mille tourments,
Puis apaisé comme jamais.
Mes yeux graves scrutent,
Les saisons qui font et défont,
Jusqu'à ce que change l'horizon,
Qui reflète la multitude de nos luttes.
Firmaments
Tu as tissé ta solitude,
Tes mots sont devenus effaçables,
Afin d'être irréfragables,
Accumulant les expédients,
Tu en as oublié d'être sapien.
La douleur t'a fait envier les déments,
Plutôt que de te faire envisager l'astringent,
Vois-tu, autour de toi, la lumière salutaire ?
Connais-tu ces cataplasmes vulnéraires,
Aux si grandes capacités,
Qu'on réalise que rien n'est voué à l'inanité ?
Ton potentiel n'a pour limite que le Ciel,
Car tu portes en toi cette étincelle,
Qui quand elle jaillit lorsqu'il fait nuit,
De merveilleuses constellations, produit,
Mon cœur bat en espérant,
Que tu vois la beauté de ces firmaments.
Je garde espoir,
D'un jour te voir,
Réaliser que la vérité que l'on assume,
Notre vitalité, rallume,
Ce qui pourrait t'animer,
Est voué à inspirer et à époustoufler.
Tu seras
Tu deviendras roi,
Les horizons s'ouvriront,
Pour de gloire, couronner ton front.
Milles perles de sueur,
Témoigneront de ton ardeur,
Puis glissant sur ton poitrail,
Inspireront le marbre et les cisailles.
L'histoire chantera tes mérites,
S'évanouiront les mines circonscrites,
Au profit de sourires radieux,
Pour celui ayant offert le soleilleux.
L'exquise douceur
Font sur moi l'émoi s'abattre,
Tes hanches courbées,
Tes jambes galbées,
Ne sont rien à côté de ton rire,
Qui est à l'origine de mon désir.
Quand j'entends son insouciance,
Le monde se pose en suspens,
Le mal s'incline et cesse,
Quand sur ma poitrine je te presse,
De tes doux baisers,
Je n'ai jamais cessé de rêver.
La chaleur sous ma peau,
Ma quête sans repos,
N'a jamais eu autant de sens,
Depuis que j'ai terminé mon errance,
Pour enfin élargir mon cœur,
Et t'aimer un peu plus chaque heure.
Elle est partie
Sans faire aucun bruit,
Ses lèvres tremblèrent,
Quand ses souliers se détournèrent.
Le bruit de ses pas,
En moi fut un fracas,
Pourtant, demeurant silencieux,
Je ne lui fis pas mes adieux.
Était-ce un de ces cauchemars,
Qui nous viennent bien tard,
Mais dont on peut se réveiller,
En se sachant encore aimé ?
Pourtant son parfum, déjà ancien,
De réalité et de fin était empreint,
Je n'ai pas su comment la retenir,
Ou ne serait-ce que la savoir partir.
Seul dans l'arène
Suscitant une admiration avérée,
Sa verve était irréfragable,
Et sa plume prolifique, peu affable.
Les mots qu'il utilisait avec puissance,
Véhiculaient un goût de scintillance,
Où rien n'était jamais vrai,
Car un combat, il menait.
La poussière de la rage et la vaillance,
Se mêlaient à son élangance,
Pourtant les arènes étaient vides,
Car il y a longtemps qu'il n'était plus lucide.
Les combats qu'il avait entrepris,
L'avaient mené loin de la vie,
Et finalement lâchant ses armes,
Il réalisa d'où provenait son vacarme.
Langue de miel
Réserve bien des merveilles,
Belle et rose,
Sur bien des lèvres se pose.
Hélas ! N'a-t-on pas compris,
Que celle qui œuvre n'est point l'envie ?
Dans un décompte sinistre,
Se relève la mort illustre.
Charmante nymphomane vicieuse,
Elle aspire même les âmes pieuses,
Qui de bien de chagrins sont accablés,
De voir son horrible visage émacié.
Ceux qui croyent en l'éternel,
Découvrent son odeur pestilentielle,
Et de douleur odieuse se tordent,
Quand sa bouche, d'écume fermentée, déborde.
Il y a
De se gorger de doux rêves,
Pour toujours les poursuivre,
Loin des paroles qui endêvent.
Il y a des bruits que jamais l'on n'oublie,
Des visions qui toujours émeuvent,
Ton rire qui résonne, jamais ne faiblit,
Quand ma main se rappelle tes cheveux.
L'éclat de mes jours est parsemé,
Du présent et de son insouciance,
J'ai su et je continue à aimer,
Et tendrement, floraît ma revivance.
Violence
Il n'y a rien qui immunise,
Du désir de vouloir accomplir,
Que rien ne pourra assouvir.
Les cris des hommes moyens étouffent,
Ils tuent le noble et désirent l'esbroufe,
Comment ferment-ils les yeux sur le laid ?
Et adulent-ils le vulgaire de l'incomplet ?
Mes entrailles se tordent de répulsion,
Être la plus ignoble des aberrations,
Une maladie n'ayant nul autre remède,
Que l'aimable poison qui rend raide.
Charmé
Me fait fermer les yeux et aimer,
Sa beauté enchanteresse me laisse coi,
Quand avec immensité, tu la fais résonner.
Ce son si plaisant et pur,
Que tu sais pourtant rendre si dur,
A quelque chose de blessant,
Lorsque s'esquisse ton sourire glaçant.
Tes incisives plongent dans ma chair,
Rugissent alors les bruits de mastication,
Lorsque que tu dévores avec application,
Belle sirène, si peu sincère.
Hors chemin
S'enchaînent, tels des illusions cruelles,
Une fois mon masque et cœur brisés,
J'ai admis que je ne pourrais t'oublier.
Mais à quoi bon se souvenir,
Quand on ne peut plus agir ?
Sombrement, je retiens mes pulsions,
Qui voudraient ma mort, en toute saison.
Mes mains ont des spasmes frénétiques,
Quand vogue vers toi mon esprit erratique,
Je hais sentir ce lien obsessionnel,
Aussi douloureux qu'irrationel.
Je ne peux qu'aimer et entreprendre,
Pour éviter de trop ma vie suspendre,
J'ai accepté de devoir me forcer à avancer,
Me mouvant, tel un fiévreux animal atterré.
L'homme-araignée
D'un homme-araignée,
Qui se pensait esseulé,
Derrière lui les mensonges péremptoires,
S'accumulaient sans trêves,
Condamnant tous ses rêves.
Son cœur s'était emmêlé,
Dans les mensonges qu'il avait tissé,
Sans que nul n'ose apercevoir,
La profondeur de son désespoir,
Il savait qu'il désirait accomplir,
Mais de ses peurs, ne pouvait s'affranchir.
Sa tendresse, son sérieux et son humanité,
Étaient aussi grands que touchants,
Mais en lui demeurait aussi le néant,
Ainsi qu'un égo blessé,
Ayant scindé son être,
Pour le pousser dans le paraître.
S'étant habitué à l'obscurité,
Il en vient à aimer la souffrance,
La pensant être sa délivrance,
Et ne voulant pas admettre sa lâcheté,
Il se décrivait volontiers comme maudit,
Alors qu'il évitait simplement ses soucis.
Pourtant, ses fils coruscants,
Peuvent s'étendre loin dans le vent,
Pour l'emmener hors des ténèbres,
Sans la désolation qui l'encombre,
Il peut trouver sa substantiation,
Pour voler vers l'élévation.
La mort requiert moins de force,
Que de porter en soi l'Espoir,
Brûlant aussi fort qu'une torche,
Faisceau de la raison permettant de voir,
Il éclaire les nuits les plus obscures,
Où sans lui, le vide, toujours perdure.
Tendre Éros
Qui respire l'amour,
Me fait désirer chaque seconde,
Remplie de caresses fécondes.
J'ai goûté à ta bouche,
Qui sans pareille, fait mouche,
Ton souffle s'est mêlé au mien,
Quand tu me sentis en ton sein.
Mes doigts ont frôlé,
Chaque parcelle désirée,
De ton admirable être,
Jusqu'à ton extase, faire naître.
Ta voix qui rugit de plaisir,
À n'en plus finir,
Et tes yeux qui roulent,
Plaisent autant que chamboulent.
Mes yeux voilés de désir,
De t'admirer, ne peuvent s'abstenir,
Jusqu'à te voir trembler de vie,
Tandis qu'en union, mon âme s'enfuit.
Amour sérotinal
Tes doigts agiles,
Tes cheveux parfumés,
Et tes rires en joie quintessenciés,
M'ont fait tourner la tête,
Toi, ma belle toute coquette.
Je veux m'imprégner,
De ce qui me fait te désirer,
Sentir sur moi ta chaleur,
Respirer à pleins poumons ton odeur,
Ressentir ta douceur dans mes bras,
Tandis que tu m'aimeras.
Joie éphémère, vouée à se volatiser,
Tu es collée à moi, comme magnétisée,
Une part de toi aime mon innocence,
Faisant écho à ta presque insouciance,
Quant à l'autre partie de ton être,
Elle aime l'amour que je laisse paraître.
Malgré tout, je suis loin de me sentir fort,
Quand je vois le monde de dehors,
Constitué de lourde froideur,
Emplissant l'espace de sa laideur,
Je suis paralysé, presque désespéré,
Je lutte pour ne pas sombrer.
Assurément, l'amour n'est pas évident,
Et laisse un goût sanglant,
Je n'ai jamais aimé sans être triste,
Car je savais être le seul qui résiste,
Qui continue à vouloir accomplir,
Quand l'autre délaisse son envie de bâtir.
J'ai peur du sérieux que j'abrite,
De mon dévouement qui irrite,
Ma solitude est immense,
Tandis que résolument, j'avance,
J'ai oublié ce qu'était la fragilité,
Tant ma chair s'est maintes fois brisée.
Je n'ai pas le choix,
Il n'y a que cette voie,
Je redoute le monde des Hommes,
Tout comme l'amour sans continuum,
Si loins de toutes mes vertus,
Et si proches du mal-être qui me tue.









