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XVIII. - Songer en t'arrêtant à chacun des objets qui tombent sous tes sens, qu'il se dissout déjà, qu'il se transforme et qu'il est comme atteint par la putréfaction et par la dispersion ; ou bien, envisager que tout est né pour mourir .


XVII. - Le temps de la vie de l'homme, un instant ; sa substance, fluente ; ses sensations, indistinctes ; l'assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion .

Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée . Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli .

Qu'est-ce donc qui peut nous guider? Une seule et unique chose : la philosophie . Et la philosophie consiste en ceci : à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans dommage, et soit au dessus des plaisirs et des peines ; à ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu'il ne s'attache point à ce que les autres font ou ne font pas.

Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d'où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant .

Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n'y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution? C'est selon la nature.

Marc Aurèle

Pdf : http://ugo.bratelli.free.[...]ele/MarcAurelePensees.pdf
Apercite http://ugo.bratelli.free.fr/MarcAurele/MarcAurelePensees.pdf


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