Bonsoir Sprite (et les autres animateurs),
Je suis désolé que l'émission de ce soir ait fait un flop et je comprends la déception et la colère tant chez les animateurs que chez les auditeurs de la radio.
Tout d'abord, il faut savoir que c'est un nouveau projet fait par des débutants (c'est pas péjoratif), et en ce sens, il est normal de tomber dans les impairs que ne commettent plus, telle que le manque de préparation de l'émission, ou de se laisser submerger par les mauvais commentaires. Dieu sait qu'un animateur de radio FM ne verra pas les commentaires en direct en parlant, alors que vous nous lisez en même temps, et ça influe sur le programme.
Cependant, il faut savoir que la voix transmet beaucoup les émotions. Ainsi, si vous êtes stressés, vous passerez aussi le trac aux auditeurs. L'astuce est donc d'éviter le stress à l'antenne en évitant les "imprévus" en direct. Autrement dit, avoir assez de connaissances et de réparties sur le sujet traité pour ne pas être pris en défaut.
Ceci est d'ailleurs plus facile sur une interview ou un débat que sur un canular où l'on fait intervenir des éléments autres que les auditeurs ou les animateurs. Ainsi l'élément extérieur peut devenir l'élément perturbateur.
Outre la préparation générale inhérente à la conception d'une émission, la gestion de l'imprévu est donc un élément primordial pour que l'émission se passe bien. Et je pense que c'est sur ça que vous devez prendre de l'expérience. Et ça viendra avec le temps.
Aussi, comme chaque programme est différent d'un autre, il faut savoir s'adapter. Une programmation musicale n'implique pas forcément d'interactions avec votre public et peut plus ou moins se dérouler tranquillement en enchaînant chanson après chanson en annonçant les titres. Je pense que c'est pour ça que les programmes musicaux ont déjà du succès sur la radio, parce qu'il y a (je pense) moins d'imprévus à gérer.
Mais pour une émission de canulars, il faut déjà savoir si votre "victime" va répondre en ligne ou non pour éviter le blanc en direct. Une idée serait par exemple qu'un des animateurs (off air) appelle les numéros que vous pensez piéger avant de les rappeler en ligne (un des VDD l'avait suggéré plus haut). Pour ce qui est des interviews, le trac peut être diminué si tu interviewes des gens que tu connais déjà (comme avec ABC) et que tu as déjà entendu parler. Ensuite tu peux "monter le niveau" en interviewant des gens que tu ne connais pas forcément mais dont tu connais un minimum pour ne pas te retrouver en porte-à-faux.
Pour les débats, c'est pas beaucoup plus compliqué, il faut rajouter la connaissance du débat du jour. Par exemple, tu débats sur la Prusse sous Bismarck, tu potasses sur ce sujet pour ne pas dire qu'il a investi Hitler en 1933.
L'idée générale est qu'il faut se tenir à ce qui est annoncé pour le programme, et ne pas dévier de ce fil d'Ariane. Il faut vraiment s'accrocher à cette idée de fil d'Ariane pour ne pas se perdre et ne pas dériver sur d'autres sujets. Malheureusement, c'est ce qu'on a remarqué ici ce soir : les canulars n'ont pas marché, et vous avez dérivé au fur et à mesure sur une discussion entre lycéens qui n'intéresse pas les gens qui ne sont pas de votre groupe d'amis. Et quand on écoute une radio, on ne cherche pas à connaître les histoires entre potes en tenant la chandelle. Cette sensation d'être inclus dans une discussion dont on doit être à l'écart est désagréable, surtout dans une émission faite non pas pour un groupe d'amis (sinon, c'est une discussion Skype) mais pour l'ensemble d'une communauté. Et c'est cette sensation d'écouter un groupe de lycéens immatures racontant leur semaine de cours qui a déçu plus d'un auditeur, la sensation de ne pas être la cible de l'émission qu'on écoute.
En ce sens, l'idée du QQOQCCP (ou "Five W" en anglais) parfois enseignée dans le secondaire pour analyser des articles scientifiques ou de presse, mais aussi utilisé en journalisme peut vous aider. Elle se résume à ces mots :
- Qui ?
Suppose de savoir qui fait quoi dans l'émission (affectation des rôles, comme un chef, quelqu'un qui gère les appels hors-ligne ...). Ca suppose aussi de savoir pour qui l'émission est faite ? Donc le sujet doit s'adapter au public-cible
- Quoi ?
Quel est la problématique à traiter pendant l'émission ? Que fait-on pendant une heure ? C'est le fil conducteur qui te permet de te recentrer les hors-sujets et les débordements possibles.
- Où ?
Quelle plateforme utilises-tu pour faire l'émission ? Le cadre d'une radio communautaire te permet une liberté que tu n'aurais pas sur une station FM nationale
- Quand ?
L'heure, le jour et la durée de l'émission
- Comment ?
Comment celui qui gère l'émission arrivera t'il à faire passer ses canulars, à rendre une interview intéressante, ou à mener les intervenants d'un débat à un consensus final à un débat.
- Combien ?
Implique le nombre d'animateurs (tu peux amener une spécialité par animateur, par exemple) mais aussi celui d'auditeurs (existe-t'il une masse critique d'auditeurs pour les faire participer ?), mais aussi l'implication du chef du débat (doit-il intervenir plus souvent, ou laisser plus de liberté aux animateurs ?) pour réguler son émission.
- Pourquoi ?
Implique de savoir pourquoi l'on anime une émission, et savoir à quoi elle peut bien servir (ex : divertir les auditeurs, leur apprendre des choses, les informer ...)
Pour résumer un peu tout ça, il faut savoir qu'en tant que débutants, l'effort de se concentrer sur un sujet précis peut être très difficile pour des animateurs néophytes. C'est normal et je ne vous blâme pas pour ça, car tout s'apprend et s'acquiert avec l'expérience. Cependant, il ne faut pas oublier ce fil d'Ariane qui consiste à ne pas s'écarter de la problématique de base à traiter. Il vous faut planifier ce que vous voulez faire dans l'émission, de manière assez précise pour s'en servir comme repères, sans pour autant être enfermé par des carcans trop rigides. Il faut donc (même si c'est très difficile) savoir allier rigueur pour traiter un sujet, et flexibilité pour improviser intelligemment quand on sort un peu des sentiers battus, pour pouvoir mieux se recentrer sur le sujet.
Bref, comme je te l'ai dit, l'idée n'est pas de dire que tout est mauvais. Rien que d'avoir le courage de prendre le micro est déjà très bien pour animer notre forum, et je pense que la qualité augmentera avec le temps. Il faut savoir que la prise de parole en public est un exercice difficile, et que nombre d'entre nous ne se sont pas présentés car ils ne pensaient pas arriver à le faire correctement. Même si la sous-estimation de soi peut jouer dans le fait de ne pas avoir plus d'animateurs, le fait d'oser est déjà quelque chose de bien pour faire de la radio. Il faut que vous sachiez que préparer une émission avec du discours est différent d'une émission simplement musicale et que leurs difficultés sont différentes. Le succès des programmes musicaux ne doit pas vous faire faiblir ou vous décourager, mais au contraire vous amener à rivaliser de qualité avec eux. Et n'oubliez pas que patience est mère de vertu.
Je suis désolé que l'émission de ce soir ait fait un flop et je comprends la déception et la colère tant chez les animateurs que chez les auditeurs de la radio.
Tout d'abord, il faut savoir que c'est un nouveau projet fait par des débutants (c'est pas péjoratif), et en ce sens, il est normal de tomber dans les impairs que ne commettent plus, telle que le manque de préparation de l'émission, ou de se laisser submerger par les mauvais commentaires. Dieu sait qu'un animateur de radio FM ne verra pas les commentaires en direct en parlant, alors que vous nous lisez en même temps, et ça influe sur le programme.
Cependant, il faut savoir que la voix transmet beaucoup les émotions. Ainsi, si vous êtes stressés, vous passerez aussi le trac aux auditeurs. L'astuce est donc d'éviter le stress à l'antenne en évitant les "imprévus" en direct. Autrement dit, avoir assez de connaissances et de réparties sur le sujet traité pour ne pas être pris en défaut.
Ceci est d'ailleurs plus facile sur une interview ou un débat que sur un canular où l'on fait intervenir des éléments autres que les auditeurs ou les animateurs. Ainsi l'élément extérieur peut devenir l'élément perturbateur.
Outre la préparation générale inhérente à la conception d'une émission, la gestion de l'imprévu est donc un élément primordial pour que l'émission se passe bien. Et je pense que c'est sur ça que vous devez prendre de l'expérience. Et ça viendra avec le temps.
Aussi, comme chaque programme est différent d'un autre, il faut savoir s'adapter. Une programmation musicale n'implique pas forcément d'interactions avec votre public et peut plus ou moins se dérouler tranquillement en enchaînant chanson après chanson en annonçant les titres. Je pense que c'est pour ça que les programmes musicaux ont déjà du succès sur la radio, parce qu'il y a (je pense) moins d'imprévus à gérer.
Mais pour une émission de canulars, il faut déjà savoir si votre "victime" va répondre en ligne ou non pour éviter le blanc en direct. Une idée serait par exemple qu'un des animateurs (off air) appelle les numéros que vous pensez piéger avant de les rappeler en ligne (un des VDD l'avait suggéré plus haut). Pour ce qui est des interviews, le trac peut être diminué si tu interviewes des gens que tu connais déjà (comme avec ABC) et que tu as déjà entendu parler. Ensuite tu peux "monter le niveau" en interviewant des gens que tu ne connais pas forcément mais dont tu connais un minimum pour ne pas te retrouver en porte-à-faux.
Pour les débats, c'est pas beaucoup plus compliqué, il faut rajouter la connaissance du débat du jour. Par exemple, tu débats sur la Prusse sous Bismarck, tu potasses sur ce sujet pour ne pas dire qu'il a investi Hitler en 1933.
L'idée générale est qu'il faut se tenir à ce qui est annoncé pour le programme, et ne pas dévier de ce fil d'Ariane. Il faut vraiment s'accrocher à cette idée de fil d'Ariane pour ne pas se perdre et ne pas dériver sur d'autres sujets. Malheureusement, c'est ce qu'on a remarqué ici ce soir : les canulars n'ont pas marché, et vous avez dérivé au fur et à mesure sur une discussion entre lycéens qui n'intéresse pas les gens qui ne sont pas de votre groupe d'amis. Et quand on écoute une radio, on ne cherche pas à connaître les histoires entre potes en tenant la chandelle. Cette sensation d'être inclus dans une discussion dont on doit être à l'écart est désagréable, surtout dans une émission faite non pas pour un groupe d'amis (sinon, c'est une discussion Skype) mais pour l'ensemble d'une communauté. Et c'est cette sensation d'écouter un groupe de lycéens immatures racontant leur semaine de cours qui a déçu plus d'un auditeur, la sensation de ne pas être la cible de l'émission qu'on écoute.
En ce sens, l'idée du QQOQCCP (ou "Five W" en anglais) parfois enseignée dans le secondaire pour analyser des articles scientifiques ou de presse, mais aussi utilisé en journalisme peut vous aider. Elle se résume à ces mots :
- Qui ?
Suppose de savoir qui fait quoi dans l'émission (affectation des rôles, comme un chef, quelqu'un qui gère les appels hors-ligne ...). Ca suppose aussi de savoir pour qui l'émission est faite ? Donc le sujet doit s'adapter au public-cible
- Quoi ?
Quel est la problématique à traiter pendant l'émission ? Que fait-on pendant une heure ? C'est le fil conducteur qui te permet de te recentrer les hors-sujets et les débordements possibles.
- Où ?
Quelle plateforme utilises-tu pour faire l'émission ? Le cadre d'une radio communautaire te permet une liberté que tu n'aurais pas sur une station FM nationale
- Quand ?
L'heure, le jour et la durée de l'émission
- Comment ?
Comment celui qui gère l'émission arrivera t'il à faire passer ses canulars, à rendre une interview intéressante, ou à mener les intervenants d'un débat à un consensus final à un débat.
- Combien ?
Implique le nombre d'animateurs (tu peux amener une spécialité par animateur, par exemple) mais aussi celui d'auditeurs (existe-t'il une masse critique d'auditeurs pour les faire participer ?), mais aussi l'implication du chef du débat (doit-il intervenir plus souvent, ou laisser plus de liberté aux animateurs ?) pour réguler son émission.
- Pourquoi ?
Implique de savoir pourquoi l'on anime une émission, et savoir à quoi elle peut bien servir (ex : divertir les auditeurs, leur apprendre des choses, les informer ...)
Pour résumer un peu tout ça, il faut savoir qu'en tant que débutants, l'effort de se concentrer sur un sujet précis peut être très difficile pour des animateurs néophytes. C'est normal et je ne vous blâme pas pour ça, car tout s'apprend et s'acquiert avec l'expérience. Cependant, il ne faut pas oublier ce fil d'Ariane qui consiste à ne pas s'écarter de la problématique de base à traiter. Il vous faut planifier ce que vous voulez faire dans l'émission, de manière assez précise pour s'en servir comme repères, sans pour autant être enfermé par des carcans trop rigides. Il faut donc (même si c'est très difficile) savoir allier rigueur pour traiter un sujet, et flexibilité pour improviser intelligemment quand on sort un peu des sentiers battus, pour pouvoir mieux se recentrer sur le sujet.
Bref, comme je te l'ai dit, l'idée n'est pas de dire que tout est mauvais. Rien que d'avoir le courage de prendre le micro est déjà très bien pour animer notre forum, et je pense que la qualité augmentera avec le temps. Il faut savoir que la prise de parole en public est un exercice difficile, et que nombre d'entre nous ne se sont pas présentés car ils ne pensaient pas arriver à le faire correctement. Même si la sous-estimation de soi peut jouer dans le fait de ne pas avoir plus d'animateurs, le fait d'oser est déjà quelque chose de bien pour faire de la radio. Il faut que vous sachiez que préparer une émission avec du discours est différent d'une émission simplement musicale et que leurs difficultés sont différentes. Le succès des programmes musicaux ne doit pas vous faire faiblir ou vous décourager, mais au contraire vous amener à rivaliser de qualité avec eux. Et n'oubliez pas que patience est mère de vertu.