J'ai écouté l'homélie du père Attali et je suis encore un peu ébloui. Il y a les méchants et les gentils. Il y a les vilains qui veulent la pureté, la purification, l’horreur, quasiment le nazisme. Et puis il y a les gentils qui sont bienveillants, qui sont altruistes. C’est beau. C’est beau, sauf que ça n’existe pas Monsieur Attali. Surtout, ça fait fi, de ce qu’on est, non pas de ce qu’on devient, mais de ce qu’on est. Auguste Compte disait «Les morts gouvernent les vivants» Monsieur Attali, et Raymond Aron ajoutait «L’Histoire est tragique». Et ça vous l’oubliez. Vous parlez pour un Homme hors sol, vous parlez pour un Homme qui passe sa vie dans les aéroports, mais ça, il n’existe pas à part vous, Monsieur Attali. Il y a des gens qui sont là depuis 1000 ans, et qui ont envie d’être là encore 1000 ans, et qui n’ont pas envie d’être métissés Monsieur Attali, excusez-les. Excusez-les, ils n’ont pas envie. Ils n’ont pas envie d’être submergés, ils n’ont pas envie d’être remplacés. C’est con, je reconnais. C’est bas. C’est bas et c’est pas tellement altruiste. Mais, c’est leur vie. Vous comprenez. Et ils n’ont pas envie que Monsieur Attali, le Père Attali, vienne leur dire vous êtes des nuls, vous êtes des médiocres, vous êtes des racistes, vous êtes des xénophobes, vous n’êtes pas des bienveillants. Eh bien non. Ils ne sont pas bienveillants, parce que les autres non plus ne sont pas bienveillants.