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Avatar de Kangissou Kangissou
Les frissons que ce poème symphonique m'a transmis :

(pour les fainéants regardez de 13:20 à 14:50, vous aurez un aperçu du génie de Rachmaninov)

Allongé, à moitié assoupi, des formes horribles ont commencé à hanter mes songes. Un voyage terrible, au gré de l'eau sur une barque, des formes fantasques apparaissaient sous la mer ténébreuse. Au ciel, des volatiles à la forme étrange dessinaient des tourbillons au dessus de moi. Je ne savais qui j'étais, un voile couvrait ma mémoire. Je ne savais pourquoi j'étais ici, un homme simple se tenait derrière moi, conduisant cette barque sur l'eau infernal.
Soudain émergeait une île des océans, alors l'eau s'agitait, révélant les carcasses qui y baignaient. Paniqué, je me tournais vers mon navigateur, lequel, insensible, ne daignait m'adresser un regard. Nous accostions sur l'île, là le passeur repartit, me laissant seul un instant. Une lumière bleutée jaillit sur le sol, au loin près des pins, et semblable à des empreintes de pas, se rapprochait lentement de moi, traçant une ligne azurée sur le sol.
Lors, sans parole ni geste, je me mettais à suivre ces pas qui m'amenaient vers l'intérieur des terres. Traversant la forêt de pins, troublé par la dimension gigantesque des yeux jaunes qui nous épiaient dans l'obscure forêt, je sentis un froid contact contre le bas de mes jambes, couleuvres et vipères serpentaient autour de moi, de toute part.
Au sortir de la forêt, damné que je fus, un banc de marbre blanc se découvrait seul au milieu d'une clairière, les empreintes de pas bleus m'incitaient à m'y asseoir. Sans parole ni geste, ma fin était venu, je le compris alors. En ce lieu fantasques et terrifiant, puissé-je trouver une mort rapide et paisible, je priai une dernière fois pour que mon corps ne pourrisse pas comme ces carcasses longeant la côte de l'île, perdus à jamais dans cette eau noir. Que ces immenses pupilles dorés ne deviennent pas mienne, que je ne sois pas réduit à l'état de rampant, que je ne devins pas un charognard, oiseau de malheur qui se repait de la dépouille des braves!
Que mon âme soit apaisée, que mon corps soit lavé et traité dignement, telle était l'humble demande que je fis, avant de prendre place sur ce banc, ce banc qui fus mon lit funéraire. https://image.noelshack.com/minis/2017/39/3/1506524542-ruth-perplexev2.png