Un article ma fois bien intéressant, pour ceux qui aiment lire. Morceaux choisis:
Loin de rester confinée aux départements de littérature, d'études de genre ou d'études post-coloniales, cette idéologie a progressivement conquis le champ universitaire dans son ensemble ; elle inspire désormais la stratégie électorale de nombreux partis de gauche en Occident. La stratégie en question, ... , a consisté à abandonner la défense des intérêts de la classe ouvrière pour tâcher de reconstituer une majorité électorale réunissant les femmes, les jeunes, et les minorités ethniques ou sexuelles. En France, c'est en 2011, à la suite d'un rapport du think tank Terra Nova, que ce renversement des alliances fut officialisé.
Par opposition au militantisme syndical ou partisan traditionnel, ce progressisme identitaire repose sur un vivier d'associations et de groupes chargés de politiser des communautés spécifiques contre la domination raciale ou patriarcale dont elles seraient victimes. Plutôt que d'accéder au pouvoir en emportant l'adhésion de leurs concitoyens, ils ont effectivement décidé d'établir leur hégémonie culturelle sur l'université, puis par effet de capillarité sur les médias et la justice.
En cherchant moins à convaincre leurs semblables qu'à persuader les juges de prendre des décisions conformes à leurs idées, ou les journalistes de rapporter les faits selon l'angle qui est le leur, ces militants identitaires ont en réalité diminué, au sein de l'opinion, le crédit des institutions sur lesquelles s'exerçait leur influence.
Elle a aussi incité les associations et groupes militants qui constituent la colonne vertébrale de ce nouveau militantisme à radicaliser le sentiment d'injustice de chacune de ces communautés afin d'en augmenter le potentiel de mobilisation politique.
Ce militantisme émotionnel, fondé sur le fantasme d'une société malfaisante dissimulant des structures de domination visant au contrôle et à l'oppression des dominés, a contribué à une bipolarisation aiguë du champ politique.
http://www.lepoint.fr/inv[...]9-07-2018-2234344_420.php
Loin de rester confinée aux départements de littérature, d'études de genre ou d'études post-coloniales, cette idéologie a progressivement conquis le champ universitaire dans son ensemble ; elle inspire désormais la stratégie électorale de nombreux partis de gauche en Occident. La stratégie en question, ... , a consisté à abandonner la défense des intérêts de la classe ouvrière pour tâcher de reconstituer une majorité électorale réunissant les femmes, les jeunes, et les minorités ethniques ou sexuelles. En France, c'est en 2011, à la suite d'un rapport du think tank Terra Nova, que ce renversement des alliances fut officialisé.
Par opposition au militantisme syndical ou partisan traditionnel, ce progressisme identitaire repose sur un vivier d'associations et de groupes chargés de politiser des communautés spécifiques contre la domination raciale ou patriarcale dont elles seraient victimes. Plutôt que d'accéder au pouvoir en emportant l'adhésion de leurs concitoyens, ils ont effectivement décidé d'établir leur hégémonie culturelle sur l'université, puis par effet de capillarité sur les médias et la justice.
En cherchant moins à convaincre leurs semblables qu'à persuader les juges de prendre des décisions conformes à leurs idées, ou les journalistes de rapporter les faits selon l'angle qui est le leur, ces militants identitaires ont en réalité diminué, au sein de l'opinion, le crédit des institutions sur lesquelles s'exerçait leur influence.
Elle a aussi incité les associations et groupes militants qui constituent la colonne vertébrale de ce nouveau militantisme à radicaliser le sentiment d'injustice de chacune de ces communautés afin d'en augmenter le potentiel de mobilisation politique.
Ce militantisme émotionnel, fondé sur le fantasme d'une société malfaisante dissimulant des structures de domination visant au contrôle et à l'oppression des dominés, a contribué à une bipolarisation aiguë du champ politique.
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