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Avatar de Louable Louable
En le débouchant, crûment, d'un son, l'âcre odeur se déversa.
Ainsi, mes sens frémir.
Le solvant s’immisça au sein de mes paumes, l'équivalent d'un bouchon, au cœur de chacune. Et l'acide, mouvant, dans le creux de mes mains, les rougirent, et les adoucirent par leurs tiédeur.

D'un bref mouvement, je les déposèrent, chacune, au coin de mes lèvres avec mes doigts poisseux, et la chaleur alla du menton au front.
Je saignais. La coulée des légers filets de sang m'enivrais.

Déjà nostalgique. La limite, le point de non-retour était dépassé, une douce nostalgie.

Les morceaux de ma peau, charnus et sanglants, suintèrent sur la sueur et les graisses dégagées. À travers une très fine vapeur, je discernais, fugacement, des amas boursouflés, de rouge, de rose et de jaune.
Par cette vue de nuances, la réalité me percuta, et avec elle, la douleur, malgré mes excédents d'analgésiques.
Je séchais, et des élancements aigus m’assaillirent.

La chaleur de la vie s'échappait, le mal emplissait, mais mon masque tombait.
Ma joie fondait.

Pourtant endolori, le supplice continua, celui d'être une flamme pour savoir.
Comme si c'était un blasphème, une calomnie.
Une erreur satanique ?
Qu'ai-je fait...

L'acide brûla mon visage, mon cartilage et mes cris. Assourdit, la vue flou, le souffle rauque, j'inhalais mes cendres.
Je doutais, je fulminais.

Mes mains, dans mes pommettes, soudées à elles.
Mes gencives crépitaient, ma fièvre se haussait.
À force de respirer, je suffoquais et crevais.
Les fantômes des murs m'attaquaient, je hurlais, et ils me firent chanceler.
Écroulé et presque étouffé, sur les lattes de mon parquet.

Enfin, la douleur s'atténua, j'allais savoir, vraiment voir.
Ma fièvre lancinante, m'emporta là, je ne me sentais plus, mais je saurais.
#3149768