Par Etienne Gilson:
Les servantes de la sagesse.
Ces parole sont claires, mais troublantes. La logique et la métaphysique sont au premier rang de ces servantes que, selon la parole des Proverbes, la Sagesse invite à travailler à la tour. Après l'avoir fait pendant près de deux mille ans, les servantes sont excusables de se demander ce qui ne va pas... Ont-elles échoué jusqu'ici à trouver des démonstration concluantes de l'existence de Dieu ? Si tel est le cas, quel espoir leur reste-t-il de convaincre nos contemporains qu'ils ont l'obligation de ne pas laisser leur esprit s'en tenir aux conclusions que la science peut démontrer et de pousser au contraire au-delà, jusqu'à des affirmations justifiées par leur seule nécessité logique et métaphysique. L'obligation de découvrir une "nouvelle affirmations de Dieu" est particulière-ment troublante, car si les anciennes ne sont pas convaincantes, qu'elle chance avons-nous d'en trouver une qui le soit ?
Un simple professeur de philosophie, s'il a travaillé pendant plus de soixante ans au service de ses nobles servantes, ne manquera pas de se sentir personnellement mis au défi par la solennelle exhortation du pape. Et pourtant, si nous sommes tous invités à trouver en logique et en métaphysique, au delà de la science, une preuve contraignante de l'existence de Dieu, comment se fait-il que je sente moi-même une sorte de découragement au moment de me mettre à l'ouvrage ? Si j'ai pour moi des preuves qui me satisfassent, pourquoi ce qui est convaincant pour moi ne l'est-il pas pour l'esprit des autres ? En réponse à ces questions, je suggère que nous attendons peut-être de la servante plus de services qu'elle n'en peut rendre, surtout étant donné les circonstances ou nous l'obligeons aujourd'hui à travailler
- L'athéisme difficile
Je m'attaque au topic centrale
Les servantes de la sagesse.
Ces parole sont claires, mais troublantes. La logique et la métaphysique sont au premier rang de ces servantes que, selon la parole des Proverbes, la Sagesse invite à travailler à la tour. Après l'avoir fait pendant près de deux mille ans, les servantes sont excusables de se demander ce qui ne va pas... Ont-elles échoué jusqu'ici à trouver des démonstration concluantes de l'existence de Dieu ? Si tel est le cas, quel espoir leur reste-t-il de convaincre nos contemporains qu'ils ont l'obligation de ne pas laisser leur esprit s'en tenir aux conclusions que la science peut démontrer et de pousser au contraire au-delà, jusqu'à des affirmations justifiées par leur seule nécessité logique et métaphysique. L'obligation de découvrir une "nouvelle affirmations de Dieu" est particulière-ment troublante, car si les anciennes ne sont pas convaincantes, qu'elle chance avons-nous d'en trouver une qui le soit ?
Un simple professeur de philosophie, s'il a travaillé pendant plus de soixante ans au service de ses nobles servantes, ne manquera pas de se sentir personnellement mis au défi par la solennelle exhortation du pape. Et pourtant, si nous sommes tous invités à trouver en logique et en métaphysique, au delà de la science, une preuve contraignante de l'existence de Dieu, comment se fait-il que je sente moi-même une sorte de découragement au moment de me mettre à l'ouvrage ? Si j'ai pour moi des preuves qui me satisfassent, pourquoi ce qui est convaincant pour moi ne l'est-il pas pour l'esprit des autres ? En réponse à ces questions, je suggère que nous attendons peut-être de la servante plus de services qu'elle n'en peut rendre, surtout étant donné les circonstances ou nous l'obligeons aujourd'hui à travailler
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