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Avatar de Jude-Rabbin Jude-Rabbin
Citation de MGGens
Sachez que quand vous allez sur un site porno, votre FAI le sait, il voit tout https://image.noelshack.com/minis/2017/19/1494275444-issoupeur.png
La grognasse qui répond au téléphone quand vous appelez votre FAI connait vos petites faiblesses pour les pieds féminins https://image.noelshack.com/minis/2017/19/1494277380-creepysueur.png

en effet :noelpipe:

https://guide.boum.org/to[...]n_ligne/unepage/#fnref101
Apercite https://guide.boum.org/tomes/2_en_ligne/unepage/#fnref101



Les journaux conservés par les fournisseurs d’accès Internet (FAI)

On a vu qu'on accédait à Internet par l'intermédiaire d'un fournisseur d'accès à Internet (FAI). Ce FAI est en général une société qui fournit une « box » connectée à Internet. Mais ça peut aussi être une association ou une institution publique (une université, par exemple, quand on utilise leurs salles informatiques). Les FAI sont eux aussi soumis à des lois concernant la rétention de données.

Au sein de l'Union Européenne, une directive oblige les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) à garder la trace de qui s’est connecté, quand, et depuis où. En pratique, cela consiste à enregistrer quelle adresse IP a été assignée à quel abonné pour quelle période108. Les institutions qui fournissent un accès à Internet, comme les bibliothèques et les universités, font de même : en général il faut se connecter avec un nom d'utilisateur et un mot de passe. On peut ainsi savoir qui utilisait quel poste à quel moment. La directive européenne précise que ces données doivent être conservées de 6 mois à 2 ans. En France, la durée légale est de un an109.

De plus, FAI et hébergeurs français sont tenus de conserver les « informations fournies lors de la souscription d'un contrat par un utilisateur ou lors de la création d'un compte » pendant un an après la fermeture du compte. « Lorsque la souscription du contrat ou du compte est payante », ils doivent aussi conserver les informations relatives au paiement110.

L'objectif des lois de rétention de données est donc de rendre facile, pour les autorités, d'associer un nom à tout geste effectué sur Internet.

Des flics qui enquêteraient par exemple sur un article publié sur un blog peuvent demander aux responsables du serveur hébergeant le blog l'adresse IP de la personne qui a posté l'article, ainsi que la date et l'heure correspondantes. Une fois ces informations obtenues, ils vont demander au fournisseur d'accès à Internet responsable de cette adresse IP à qui elle était assignée au moment des faits.

Quelle histoire ! Mais quel rapport avec nos bureaux ?
Et bien c'est également pour ça que je vous appelle. Ils affirment qu'ils ont toutes les preuves comme quoi ces documents ont été publiés depuis vos bureaux. Je leur ai dit que ce n'était pas moi, que je ne voyais pas de quoi ils parlaient.
C'est exactement de ça qu'il s'agit quand, dans notre histoire du début, la police prétend, traces à l'appui, que les relevés bancaires ont été postés depuis les bureaux rue Jaurès. Elle a au préalable obtenu auprès des hébergeurs du site de publication l'adresse IP qui correspond à la connexion responsable de la publication des documents incriminés. Cette première étape permet de savoir d'où, de quelle « box », provient la connexion. La requête auprès du FAI permet de savoir quel est le nom de l'abonné – adresse en prime – via son contrat, associé à l'adresse IP.

Requêtes légales

En France, lorsque les flics souhaitent accéder aux journaux prévus par les lois de rétention de données, ils sont supposés passer par une requête légale : une demande officielle qui oblige les personnes qui administrent un serveur à leur fournir les informations demandées... ou à désobéir. Ces requêtes légales sont supposées préciser les informations demandées. Mais elles ne le font pas toujours, et les fournisseurs de services Internet donnent parfois davantage d’informations que ce que la loi les oblige à fournir.

Voici l'extrait d'une requête légale reçue par un hébergeur de mail français, l'adresse mail du compte visé a été anonymisée en remplaçant l'identifiant par adresse. L'orthographe n'a pas été modifiée.

REQUISITION JUDICIAIRE

Lieutenant de Police En fonction à la B.R.D.P

Prions et, au besoin, requérons :

Monsieur le président de l'association GLOBENET 21ter, rue Voltaire 75011 Paris

à l'effet de bien vouloir :

Concernant l'adresse de messagerie adresse@no-log.org

Nous communiquer l'identité complète (nom, prénom date de naissance, filiation) et les coordonnées (postales, téléphoniques, électroniques et bancaires) de son titulaire

Nous indiquer les TRENTE dernières données de connexion (adresse IP, date heures et fuseau horaire) utilisées pour consulter, relever où envoyer des messages avec ladite adresse (Pop, Imap ou Webmail)

Nous indiquer si une redirection est active sur cette messagerie, et nous communiquer le ou les e-mails de destination, le cas échéant

Nous communiquer le numéro de téléphone à l'abonnement internet du compte no-log.org « adresse » et les trente dernières données de connexion qui lui sont relatives

Nous communiquer les TRENTES dernières données de connexion (adresse IP, date heure et fuseau horaire) aux pages d'aministration du compte no-log « adresse »

De plus, il est avéré que les flics demandent parfois de telles informations dans un simple courrier électronique, et il est probable que de nombreux fournisseurs de services Internet répondent directement à de telles requêtes officieuses, ce qui implique que n'importe qui peut obtenir de telles informations en se faisant passer pour la police.

Les requêtes légales sont monnaie courante. Les gros fournisseurs de services Internet ont désormais des services légaux dédiés pour y répondre, et une grille tarifaire chiffre chaque type de demande111. Depuis octobre 2013, en France, une grille tarifaire indexée par l'État vient même homogénéiser ces différentes prestations112 : identifier un abonné à partir de son adresse IP coûtait ainsi 4 € (tarifs en vigueur en octobre 2013). Au-delà de 20 demandes, ce tarif est réduit à 18 centimes.

Ainsi pour la première moitié de l'année 2016, Google a reçu chaque mois, en moyenne, 717 demandes de renseignements sur ses utilisateurs de la part de la France, concernant au total 5185 comptes – des chiffres en augmentation constante depuis 2009. Après analyse de la recevabilité des requêtes sur le plan juridique, la société a répondu à 60% d'entre elles113 : l'autre moitié des requêtes n'entrait donc pas dans le cadre de ce que l'entreprise s'estimait légalement contrainte de fournir.