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Avatar de SasukeNihiliste SasukeNihiliste
L'humain est doté de plusieurs mécanismes primitifs favorables à sa survie. Il possède par exemple la capacité de ressentir la douleur déclenchant un réflexe ou son attention pour y remédier. La sensation en est très désagréable mais elle existe pour le préserver.

Ce jour là était mon dernier jour. Mon amertume perpétuelle m'avait guidé vers une recherche acharnée de la mort que je percevais en libération.

Ce jour là, je m'apprêtais à endurer l'un des mécanismes précédement évoqués. L'un des mécanismes les plus puissants, le moteur de l'espérance, le créateur de l'angoisse, celui qui, face au danger, puise dans les dernières ressources pour accomplir un dernier effort: l'instinct de survie.

Je m'étais menottés aux rails d'un train et attendais l'arrivée de ce faucheur mécanique dont le passage serait la fin de mes souffrances et ma délivrance de cette cruelle existence.

Mon dégout de structures objectives et intangibles de la vie m'avait amené à en préférer la fuite mais le dit mécanisme fit ressentir sa présence lorsque je m'y vis confronté.

Il commença par submerger mes pensées de ce que j'allais quitter par ses murmures. J'y vis les membres de ma famille, j'y vis mon cercle d'amis, j'y vis les joies, j'y vis les rires, j'y vis les plaisirs, j'y vis l'amour et sa douceur qui réchauffe le cœur, l'espoir d'une vie meilleure, mes projets inachevés, j'y vis l'ensemble de mes regrets que cette pulsion qui me connaissait à merveille avait peint minitieusement.

Je finis par ne plus supporter la vision de ce tableau de souvenirs atroces qui se troubla bientot par mes premières larmes. J'aurais désespérément voulu revenir sur mes pas comme toutes les autres fois mais je n'en étais plus capable.

Les murmures étaient maintenant des cris qui m'imploraient de me battre pour survivre mais il était trop tard. La violente douleur qui lacérait mon cœur tendait à présent vers une rage folle. J'en voulais à la Terre entière, j'en voulais à la vie, j'en voulais à son essence abjecte, j'en voulais à tout ce qui m'avait poussé à chuter en ce cauchemard.

Les hurlements acharnés étouffaient ma raison et m'avait réduit à mon état le plus primitif. Je n'étais plus qu'une bète animée par une féroce angoisse et colère effroyable. Retentit soudainement le vacarme de mon bourreau aveugle qui venait à grand pas. Ce qui restait de moi se donna corps et âme pour fuir cette mort certaine mais cet ultime déchainement ne servait plus à rien. Mon execution était inéluctable.