"Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?"
La religion mal entendue est une fièvre que la moindre occasion fait tourner en rage.
Le propre du fanatisme est d’échauffer les têtes. Quand le feu qui fait bouillir les cervelles superstitieuses a fait tomber quelques flammèches dans une âme insensée et atroce, quand un ignorant furieux croit imiter saintement Phinée, Aod, Judith, et leurs semblables, cet ignorant a plus de complices qu’il ne pense. Bien des gens l’ont excité au parricide sans le savoir. Quelques personnes profèrent des paroles indiscrètes et violentes ; un domestique les répète, il les amplifie, il les enfuneste encore, comme disent les Italiens ; d’autres les recueillent ; ceux qui les ont prononcées ne se doutent pas du mal qu’ils ont fait ; ils sont complices involontaires, mais il n’y a eu ni complot ni instigation. En un mot, on connaît bien mal l’esprit humain, si l’on ignore que le fanatisme rend la populace capable de tout.
Quelques personnes, plus confiantes qu’éclairées, veulent nous consoler en nous disant que ces abominations ne reviendront plus. Hélas ! qui vous l’a dit ? Le fanatisme est-il entièrement extirpé ? Ne savez-vous pas de quoi il est capable ?
La plupart des honnêtes gens sont instruits, je l’avoue ; les maximes des parlements sont dans nos bouches et dans nos cœurs ; mais la populace n’est-elle pas ce qu’elle était du temps de Henri III et de Henri IV ? N’est-elle pas toujours gouvernée par des moines ? N’est-elle pas trois cents fois au moins plus nombreuse que ceux qui ont reçu une éducation honnête ?
N’est-ce pas enfin une traînée de poudre à laquelle on peut mettre un jour le feu ?
Jusqu’à quand se contentera-t-on de palliatifs dans la plus horrible et la plus invétérée des maladies ? Jusqu’à quand se croira-t-on en pleine santé, parce que nos maux ont quelque relâche ?
http://www.andreversaille[...]ondre-a-un-homme-qui-vous
La religion mal entendue est une fièvre que la moindre occasion fait tourner en rage.
Le propre du fanatisme est d’échauffer les têtes. Quand le feu qui fait bouillir les cervelles superstitieuses a fait tomber quelques flammèches dans une âme insensée et atroce, quand un ignorant furieux croit imiter saintement Phinée, Aod, Judith, et leurs semblables, cet ignorant a plus de complices qu’il ne pense. Bien des gens l’ont excité au parricide sans le savoir. Quelques personnes profèrent des paroles indiscrètes et violentes ; un domestique les répète, il les amplifie, il les enfuneste encore, comme disent les Italiens ; d’autres les recueillent ; ceux qui les ont prononcées ne se doutent pas du mal qu’ils ont fait ; ils sont complices involontaires, mais il n’y a eu ni complot ni instigation. En un mot, on connaît bien mal l’esprit humain, si l’on ignore que le fanatisme rend la populace capable de tout.
Quelques personnes, plus confiantes qu’éclairées, veulent nous consoler en nous disant que ces abominations ne reviendront plus. Hélas ! qui vous l’a dit ? Le fanatisme est-il entièrement extirpé ? Ne savez-vous pas de quoi il est capable ?
La plupart des honnêtes gens sont instruits, je l’avoue ; les maximes des parlements sont dans nos bouches et dans nos cœurs ; mais la populace n’est-elle pas ce qu’elle était du temps de Henri III et de Henri IV ? N’est-elle pas toujours gouvernée par des moines ? N’est-elle pas trois cents fois au moins plus nombreuse que ceux qui ont reçu une éducation honnête ?
N’est-ce pas enfin une traînée de poudre à laquelle on peut mettre un jour le feu ?
Jusqu’à quand se contentera-t-on de palliatifs dans la plus horrible et la plus invétérée des maladies ? Jusqu’à quand se croira-t-on en pleine santé, parce que nos maux ont quelque relâche ?
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