Petit texte de Joseph Mérel sur la nécessité d'agir pour tous nos camarde catholiques:
« Le mot d'ordre actuel ne peut être que: prier ; réfléchir ; diffuser la vérité ; se préparer et préparer autrui à l'action ; préparer l'action même dans la prudence et la lucidité patiente, en s'informant, en prenant des contacts, mais sans jamais céder aux sirènes de l'« entrisme ».
D'aucuns, affligés et comme écrasés par la conscience lucide d'une décadence sans précédent, la jugent irréversible. Certains, identifiant dans la crise de l'Eglise le syndrome de son éclipse, parlent même d'imminence de la Grande Tribulation, et/ou de la fin du monde. Tous ceux-là considèrent qu'il n'y a plus rien à faire, fors de se livrer à la prière en essayant de se sauver seul, et fuyant le champ de la politique.
Ce renoncement à l'action, cette fuite du monde, ne nous paraît pas catholique, parce que nul ne saurait se targuer de pouvoir annoncer, sans une témérité doublée d'impiété, les décrets eschatologiques de la Providence. Par ailleurs, cette disposition d'esprit invite ses victimes à renoncer à tout espoir terrestre au nom d'une espérance toute surnaturelle, ce qui présente le défaut d'une part de dissocier l'espérance chrétienne (vertu théologale) de l'espoir (mouvement d'appétit irascible), ainsi de renoncer à unir nature et surnature ; d'autre part, et par voie de conséquence, d'induire des comportements qui offensent l'ordre naturel lui même: si tout est perdu, pourquoi continuer à se marier, à faire des enfants, à tenter de s'accomplir professionnellement etc.? Il nous semble que le devoir du catholique, à ce sujet, est de continuer à agir selon toutes les exigences de sa condition terrestre, dans le respect de la nature sociale de l'homme, ainsi comme si le monde devait continuer à durer, comme si tout pouvait bien finir, quand bien même le chrétien sait, parce qu'il le tient de la Révélation, que tout, ultimement, finira mal. »


« Le mot d'ordre actuel ne peut être que: prier ; réfléchir ; diffuser la vérité ; se préparer et préparer autrui à l'action ; préparer l'action même dans la prudence et la lucidité patiente, en s'informant, en prenant des contacts, mais sans jamais céder aux sirènes de l'« entrisme ».
D'aucuns, affligés et comme écrasés par la conscience lucide d'une décadence sans précédent, la jugent irréversible. Certains, identifiant dans la crise de l'Eglise le syndrome de son éclipse, parlent même d'imminence de la Grande Tribulation, et/ou de la fin du monde. Tous ceux-là considèrent qu'il n'y a plus rien à faire, fors de se livrer à la prière en essayant de se sauver seul, et fuyant le champ de la politique.
Ce renoncement à l'action, cette fuite du monde, ne nous paraît pas catholique, parce que nul ne saurait se targuer de pouvoir annoncer, sans une témérité doublée d'impiété, les décrets eschatologiques de la Providence. Par ailleurs, cette disposition d'esprit invite ses victimes à renoncer à tout espoir terrestre au nom d'une espérance toute surnaturelle, ce qui présente le défaut d'une part de dissocier l'espérance chrétienne (vertu théologale) de l'espoir (mouvement d'appétit irascible), ainsi de renoncer à unir nature et surnature ; d'autre part, et par voie de conséquence, d'induire des comportements qui offensent l'ordre naturel lui même: si tout est perdu, pourquoi continuer à se marier, à faire des enfants, à tenter de s'accomplir professionnellement etc.? Il nous semble que le devoir du catholique, à ce sujet, est de continuer à agir selon toutes les exigences de sa condition terrestre, dans le respect de la nature sociale de l'homme, ainsi comme si le monde devait continuer à durer, comme si tout pouvait bien finir, quand bien même le chrétien sait, parce qu'il le tient de la Révélation, que tout, ultimement, finira mal. »

