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" Mais le BW’s arrive avec 5 ans de retard. Aux US, l’ATC, remplacé par le quad, devient soudainement ringard et au Japon, l’univers du scooter, essentiellement utilitaire, peine à s’approprier ce petit engin d’un genre nouveau. Pour un peu c’en était fait du BW’s. Mais heureusement, Jean-Claude était là. Parce que, pendant ce temps là, en Europe, Jean-Claude Olivier, Président de Yamaha Motor France regarde le BW’s d’un autre œil. Lui il le kiffe bien le petit scoot et ses gros boudins. Et quand Jean-Claude a un truc en tête, il fait pas semblant. Il va lancer le BW’s en France et pis c’est tout.
1990, après avoir fait transférer toute la chaine de production japonaise chez MBK, à Saint-Quentin (rien que ça), le BW’s démarre sa carrière française. Pour que MBK ne soit pas en reste, la marque à elle aussi le droit d’exploiter le petit nouveau. Sur ces entrefaites, Sasha Lakic débarque et dit que le MBK, on l’appellera Booster (lire aussi : Entretien avec Sacha Lakic). Dont acte. La suite est une totale success-story. Le BW’s / Booster déferle sur l’Europe comme les vagues sur la plage de Malibu et lance une mode qui mettra plus d’une décennie à s’essouffler. Depuis lui, les scooters sont partout. En 1993, fait inédit sur le marché du cyclomoteur, il se vend même plus de scooter que de mob’ (Peugeot 103, MBK 51 et consorts). Après plus de 30 ans de règne, la reine est détrônée. Pendant les années 90, le petit scoot à grosses roues devient un vrai phénomène de société. Il envahit les banlieues chics et les cités, les villes et les villages, à la montagne comme à la mer. À l’époque (et encore beaucoup aujourd’hui), l’ados roule, drague, stunt, s’éclate (dans tous les sens du terme) en Booster, avec cette dégaine bien particulière, les pieds en avant, le cul en arrière et le blouson dans le vent. Vraiment, le Booster a marqué le paysage urbain d’une empreinte au moins aussi durable que celle de jadis le roi Solex et un peu plus tard la reine mob’.


La version française, le MBK Booster !

Preuve de son succès, le Booster est toujours au catalogue, chez MBK comme chez Yamaha. En un peu plus de 25 ans de carrière, il a eu le temps d’évoluer (BW’s R / Booster Road, 1994), de se décliner (MBK / Yamaha Next Generation, 1995), de se perdre (MBK Rocket / Yamaha Spy, 1996) et de se retrouver (BW’s / Booster Spirit, 1996). Les chiffres de vente ont de quoi laisser rêveur pas mal de fabricants de deux roues présents sur le marché européen… En 1999, l’usine de Saint-Quentin fête la production de son millionième scooter (BW’s et Booster cumulés). Je ne vais pas vous lister les chiffres de vente par année et par pays, mais plutôt vous dire que l’engin est aujourd’hui omniprésent sur le marché de l’occasion et, à l’instar d’une 2cv, d’une Renault 4cv, ou d’un certain Honda Cub, le BW’s / Booster est un petit deux roues dont l’histoire, de sa genèse à son incroyable succès populaire, est si riche qu’il mérite tout autant sa place dans une collection que sous les fesses de madame / monsieur Lambda pour leurs trajets quotidiens. "